Page 37 - EcoRéseau n°22
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Prospective - Le sexe connecté en 2050 CluB eNtRePReNdRe Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau imagine dans une fiction ce à quoi il ressemblera en 2050,
orgasme électronique
PARIS LA NUIT...
un sexe du futur surprenant se dessine à travers quelques innovations technologiques, qui ne sont déjà plus des fantasmes...
dans les artères sulfureuses de Pigalle, les affichages présentent de jeunes femmes et de jeunes hommes aux formes et aux positions agui- cheuses, tandis que les ra- batteurs haranguent les ba- dauds pour les attirer en des lieux de perdition nocturne. tout en bas de la publicité, une mention fait état de deux prix : 15990 euros pour la version de base et 19990 euros pour la version premium de ces corps affi- chés tels d’authentiques égé- ries sensuelles. le prix d’une voiture à air comprimé ! Ces poupées ultra-réalistes sont le dernier carton des ventes de l’industrie porno- graphique. Fini le temps du streaming gratuit sur inter- net. oubliée, l’époque des actrices peroxydées multi- pliant les efforts pour attirer des visiteurs-voyeurs.
les magasins qui ne juraient que par le canard vibrant il y a 50 ans. epiderme en la- tex proche de la peau en matière de sensation, parties génitales motorisées, para- métrables et calfeutrées d’une matière auto-net- toyante et anti-iSt (infec- tions sexuellement trans- missibles), haut-parleur qui susurre des mots doux, etc. le sexe de chaque poupée est même réalisé à l’aide d’une imprimante 3d pour coller le plus possible à l’anatomie intime de cer- taines célébrités ou à celle de son partenaire. Pour les femmes, le modèle Claude Makélélé, joueur de football du passé, reste le best-seller. Pour les hommes, les mo- dèles vintages tels que ceux de Brigitte Bardot ou Natalie Portman connaissent un re- nouveau. un nouveau bu- siness model s’est déve-
« Ciel, ma femme en ligne... Je suis pris »
trop grande solitude qui pèse sur l’usager, 200 euros pour les pratiques hardcores. le salon se compose de cabines individuelles disposées en rang d’oignons. A l’intérieur, un siège intelligent se calque et s’adapte à chaque phy- sique tout en plaçant des capteurs sur tout le corps : sudation, pouls, activité du cerveau. un casque, des lu- nettes de réalité augmentée et quelques best-of de Barry White viennent compléter le dispositif ludique. ici, pas question de toucher le moin- dre centimètre carré de peau véritable. tout est simulé. tout est virtuel. les hôtesses configurent les cabines qui retranscrivent par holo- gramme leur lapdance et leurs mots doux. Bien évi- demment, l’ensemble des mégadonnées sont stockées sur le cloud du salon. Ano- nymes, des statistiques ap- paraissent sur écran géant et font état des meilleures performances, des appé- tences en matière de pres- tations, du temps passé dans la cabine. tous ces instru- ments de plaisir trouvent bien évidemment leurs pen- dants moins sophistiqués dans les foyers. Avec le re- gain du puritanisme à l’œu- vre dans les années 2050,
le marché des pratiques mas- turbatoires connaît son âge d’or. Plus question en 2050 de coucher si ce n’est pour procréer. les Français sont en pleine schizophrénie. les technologies leur permettent de s’adonner plus que jamais à leurs envies onanistes et libidineuses alors que le mi- nistère des Mœurs laïques vilipende le sexe en tant que plaisir. en solution, l’on s’invente des avatars. Comme à l’époque des di- nosaures des réseaux sociaux qu’étaient Facebook ou lin- kedin disparus depuis le krach boursier de 2027. Sauf qu’ici, il n’est ni question d’un « moi professionnel » où l’on fait apparaître ses meilleures références ou d’un « moi social » paré de ses plus belles photos de vacances. il s’agit d’un « moi virtuel », avec men- surations et précision des
puis demande l'avis d'un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnés
en 2050, la mode est aux robots sexuels. la pratique s’est d’abord diffusée dans les maisons closes thaïlan- daises au début des années 2040 puis est entrée presque inaperçue dans le Vieux- Continent, dans l’ambiance tamisée des lumières rouges d’Amsterdam. Aujourd’hui, ces mannequins se vendent comme des petits pains dans
droits torrides de la ville que dans le dressing de M. et Mme tout-le-monde. Car le mannequin se connecte aussi en temps réel avec un
Ailleurs, jouxtant un chemin de traverse menant au Mou- lin Rouge, un salon de peep show propose de choisir une des hôtesses du bar afin
s sexuelles. une au-
Un nouveau business model s’est développé, les célébrités obtenant des royalties de leurs mensurations
pratique.
tre manière de faire l’amour qui redéfinit en 2050 la ques- tion de l’adultère. Peut-on sérieusement tromper avec une machine ? et y a-t-il « cocufiage » si les deux amants le réalisent à dis- tance ? le débat court tou- jours...
loppé, les célébrités obtenant autre mannequin ou sex toy d’assouvir le moindre de des royalties de leurs men- sur mesure pour pallier la ses fantasmes. 50 euros le surations. la bécane est au distance entre un couple sé- massage, 80 euros le strip point, si bien qu’elle se dif- paré par plusieurs centaines tease, 100 euros pour les fuse aussi bien dans les en- ou milliers de kilomètres. prestations synonymes d’une
Geoffroy Framery
se déconnectent de leur environnement pour vivre un moment à deux hors de toute projection. En cela, le sexe connecté peut se rapprocher du slow sex. Mais la facilité du média peut entraîner la cristallisation de ses envies sexuelles autour de ce type de pratiques. C’est là que commence l’ad- diction. Et comme on est addict à son smartphone, on peut l’être pour les relations virtuelles. Cela s’explique par l’essor notamment de la webpornographie, des sites de rencontres et de la facilité de lier et entretenir des liens virtuels. Il semble donc prudent de diversifier les supports pour construire une relation.
Propos recueillis par G.F
Entretien avec Alain Titeca, sexologue et sophrologue
« Un certain consumérisme dans les relations amoureuses »
Le sexe connecté, une relation qui pimente le couple ou une relation par défaut ?
On ne peut pas cliver la vie affective de la vie sexuelle. De nombreuses personnes de ma patientèle nourrissent des re- lations à distance. La vraie question que posent ces techno- logies ? Que fait-on de ces outils au sein de la relation ? Peut-on se limiter à des amours virtuels ? Leur essor s’explique aussi par le consumérisme à l’œuvre dans nos re- lations amoureuses. Faire l’amour à distance devant une webcam ou par d’autres moyens, cela s’explique aussi par la peur de se rencontrer ou de la paresse. De nombreuses personnes se bornent au virtuel car il subsiste toujours la
peur d’être éconduit ou la crainte de ne pas être performant. Chez l’homme, le sexe connecté est aussi une manière de protéger sa virilité.
Quels avantages ? Quels risques ?
La relation peut se définir comme étant une communion entre deux personnes vibrant sur la même longueur d’ondes. En cela, même si la rencontre corporelle est essentielle pour nourrir la dynamique du couple, il n’empêche que le média web, par exemple, permet d’aller à la rencontre de l’autre dans son altérité. Quand chaque personne est connectée, les deux personnes vivent l’instant en pleine conscience et
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