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à la campagne ! Nous les incitons à bien cerner quelle pourrait être leur future cam- pagne. En effet, il existe des campagnes qui recouvrent des réalités diverses : nous parlons de villages, de bourgs, de petites villes, de villes moyennes... », explique la chargée de communication du Collectif Ville Campagne. en fait, on peut s’installer partout, mais à condition d’acquérir une très bonne
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NE PAS ÉLUDER LES CONTRAINTES
les porteurs de projet repèrent facilement les atouts en termes d’amélioration de leur cadre et de leur rythme de vie. en revanche, ils minorent souvent considérablement les contraintes ! « Par exemple, si leur projet nécessite l’uti- lisation d’Internet (vente en ligne, prestations à distance, etc.), ils doivent être conscients que toutes les zones rurales
tivité agricole : la formation à réaliser en amont sous peine de rater à coup sur son aven- ture campagnarde. « Conscient des difficultés du travail à la ferme, j’ai cherché de Paris une forma- tion qui me permet de pré- parer le Brevet professionnel d’exploitant agricole à dis- tance. Je me suis adressé au Centre de formation profes- sionnelle et de promotion agricole (CFPPA) de Cou-
Créer aujourd’hui - Oser la campagne CluB eNtRePReNdRe tivités locaux (les régions
Il existe des campagnes qui recouvrent des réalités diverses : nous parlons de villages, de bourgs, de petites villes, de villes moyennes...
limousin, Auvergne, Bour- gogne...). le Collectif Ville Campagne propose, par exemple, une permanence téléphonique, des sessions d’information « physiques » à Paris ou en région et toute une mine d’informations via le site www.installation-cam- pagne.fr : relais vers les terri- toires ruraux qui souhaitent accueillir, les structures d’ac- compagnement ou les dif- fuseurs d’offres d’opportu- nités ; conseils, actualités, biblio, centre de ressources, etc. ensuite, les réseaux d’ac- compagnement classiques (chambres consulaires, bou- tiques de gestion, ...) et spé- cialisés (CReFAd, CiVAM, AdeAR...) apportent sur place leur aide dans le mon- tage du projet. « Nous avons mis au point un guichet unique pour le marketing de l’innovation et l’entreprise. Concrètement, le porteur de projet s’adresse à l’accueil de notre pépinière Viainnova, il sera immédiatement reçu puis orienté vers les services dont il a besoin : CCI, cham- bre des métiers, BGE, etc. », explique Nathalie demotier, responsable de la pépinière Viainnova.
connaissance du territoire. Pour cela, il faut tout d’abord effectuer une recherche do- cumentaire sur internet puis se déplacer sur les lieux et à plusieurs reprises (par exem- ple, en haute et basse saison lorsque la zone est touris- tique). il est également conseillé de tester la vie sur place à l’occasion de va- cances et en profiter pour rencontrer les « locaux », c’est à dire les élus, les com- merçants, les experts, les clients potentiels... Ces visites sont indispensables pour dé- terminer plus finement les atouts et les contraintes du projet.
ne sont pas encore couvertes par le haut débit (ADSL) », souligne denis Jacquet. Cer- tains territoires investissent dans cette technologie et uti- lisent cet argument pour attirer de nouvelles entreprises. de la même manière, l’accessi- bilité à la clientèle et aux fournisseurs (routes, gares ferroviaires,...) est un élément important à prendre en consi- dération. il est donc conseillé de calculer les temps de par- cours pour les atteindre. S’ils s’aperçoivent que le réseau routier est difficilement pra- ticable en été... qu’en est-il en hiver ? Autre point fonda- mental dans le cas d’une ac-
Start-up
tances. Sans cette formation je n’aurais pas pu reprendre avec succès la ferme de mes parents », confirme Chris- tophe osmont.
SAVOIR S’ENTOURER
Ne restez pas tout seul face à votre projet d’entreprise à la campagne ! il existe de nombreux organismes d’ap- pui et de conseil qui sont installés sur les territoires et qui proposent un accompa- gnement aux porteurs de pro- jets. de plus en plus de ter- ritoires ruraux organisent ré- gulièrement des « séjours découverte » destinés à faire connaître les potentiels d’ac-
Six mois après avoir pris les rênes du domaine de la Gué- rie, Christophe osmont re- connaît qu’il ne s’attendait pas à un si dur labeur, no- tamment sur le plan admi- nistratif. Pour autant, le jour- naliste reconverti fourmille de projets. Après l’ouverture d’un magasin de vente directe à la ferme, il vient de lancer via son site internet www.do- maine-guerie.com un service de livraison à Paris de sa viande bovine par colis de cinq ou dix kilos à des prix bien inférieurs à ceux prati- qués dans la capitale. « Si j’étais conscient du désir croissant des Parisiens de manger de la viande de qua- lité à un prix raisonnable,
Quand les projets se mettent au vert
Non, le microcosme parisien n’est pas le seul et unique eldorado de la start-up ! C’est la conviction des créateurs de « Ma start-up dans le pré ». Durant deux jours, du 4 au 6 juillet, ce concours-séminaire installe la création de start-up au cœur de la Haute-Marne. L’idée de départ ? Dans les territoires ruraux, la proximité entre les acteurs et les liens de solidarité entre secteurs d’activités traditionnels et innovants renforcent les projets. A Saint-Dizier, les porteurs de projets sont donc invités à se réunir pour donner un coup d’accélérateur à leur entreprise. Organisé à l’initiative de la Communauté d’agglomération et de la CCI de Haute-Marne, cet évènement vise à rassembler des créateurs, des accompagnateurs, conseillers, chefs d’entreprises, investisseurs,... L’idée est de donner un vrai coup de pouce aux porteurs de projets dans un cadre atypique et convivial. Pendant deux jours, des experts ressources vont contribuer à résoudre des problèmes, répondre à des besoins nouveaux, imaginer des solutions nouvelles posées par de futurs entrepreneurs. Chaque participant au week-end bénéficiera d'une boite à outils, lui permettant d'acquérir ou de renforcer ses compétences de créateur ou de développeur. Au programme, de quoi faire éclore de beaux projets. Dès 8h30, la première journée commence par le « marché aux bestiaux », où des groupes seront constitués en fonction des affinités, per- sonnalités et compétences de chacun. Les porteurs de projets y présenteront leur invention ou innovation, avec pour objectif de fédérer une équipe homogène autour d’eux. Après une première journée de travail, autre temps fort, celui du passage à « l’abattoir », en fait un pré- jury. Une minute pour convaincre ! Heureusement, la journée se termine à « l’abreuvoir », soit un « apéritif entrepreneurs » au cours duquel sont prises les décisions. Enfin, après une nouvelle nuit de travail, les participants présenteront leur projet d’entreprise finalisé le dimanche matin devant un jury. Cette démarche, basée sur l’open innovation, le travail collaboratif, devrait faire émerger des idées originales ! La devise du concours ? « Seul, on va vite, et ensemble on va plus loin »
nsais pas rencontrer
PJL
Pierre-Jean Lepagnot
je ne pe.
un succès si rapide. Résultat, je me rends à Paris de plus en plus régulièrement pour livrer mes clients directement chez eux... avant de repartir aussi vite à Coutances. » Pour Christophe osmont, le bonheur est bel et bien dans lepré!
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