Page 31 - EcoRéseau n°19
P. 31
n°19
www.ecoreseau.fr
Electron libre - Elon Musk ClUB ENTrEPrENDrE Dans cette rubrique EcoRéseau met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entreprise
l’entrepreneur qui voulait visiter Mars
évolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnelle
A En 15 ans, Elon Musk a fait fortune sur le Net, ravitaillé la station spatiale internationale et créé une voiture de sport tout-électrique. Demain, il prévoit de révolutionner le transport longue distance,
de connecter l’humanité à internet et de coloniser Mars.
43 ans, Elon Musk n’a de TED, Chris Anderson, le Devenu citoyen américain, il pas chômé : il a déjà moteur de son ambition : intègre Stanford pour suivre un cofondé un service de « Quand j’étais à l’université, doctorat en physique énergé-
Ses rêves fous...
paiement en ligne qui a donné je me demandais quels étaient tique. En 1999, il cofonde la Celui que d’aucuns décrivent comme un génie visionnaire a encore deux
des sueurs froides aux banques, un fabricant de panneaux so- laires, un constructeur de voi- tures électriques, bouleversé l’industrie spatiale et inspiré le Tony Stark d’iron Man au ci- néma. Surtout, il a eu l’honneur d’un épisode des Simpsons. Et le richissime homme d’affaires, dont la fortune est évaluée à 8,8 milliards de dollars, n’a pas l’intention de s’arrêter là. Ses prochains projets ? révolution- ner les transports longue dis- tance et coloniser la planète Mars. rien que ça. Début 2013, il expliquait à l’administrateur
SpaceX
les problèmes les plus suscep- tibles d’affecter le futur du monde ou de l’humanité ». Elon Musk est né en Afrique du Sud en 1971. À l’adoles- cence, l’entrepreneur précoce crée un jeu qui lui rapporte quelques centaines de dollars. À 17 ans, il quitte son pays natal pour le Canada, d’où sa mère est originaire, afin d’échapper au service militaire dans un pays qui pratique l’Apartheid. À partir de 1992, il étudie la physique et le com- merce à la Wharton School de l’université de Pennsylvanie.
banque en ligne X.com, un em- ou trois idées révolutionnaires dans ses cartons. Premièrement, l’hyperloop,
bryon de PayPal, qu’eBay achè- tera en 2002 pour 1,5 milliard de dollars. Musk en tire un petit pactole qui lui permettra de réaliser ses rêves. « Il n’est pas
un moyen de transport électromagnétique ultrarapide : une capsule lancée dans un tube de quelques mètres de diamètre rempli d’air à haute pression pour annuler toute friction avec les parois. De quoi relier San Francisco à Los Angeles en 30 minutes. Plutôt que de porter le projet entièrement lui- même, le milliardaire surchargé a opté pour l’open innovation, en faisant appel à des contributeurs internautes, entreprises et chercheurs. Il a déjà lancé la construction d’une piste de test au Texas pour accueillir les prototypes des étudiants et des entreprises. Deuxième marotte : coloniser la planète Mars. En 2013, il expliquait vouloir « résoudre un problème crucial pour l’humanité, devenir une civilisation de voyageurs de l’es- pace. (...) SpaceX ou une combinaison de gouvernements a besoin d’établir une base sur une autre planète – Mars est la seule option réaliste – afin que nous soyons une vraie espèce multi-planètes. » Troisièmement, Elon Musk rêve de connecter la planète entière à Internet, en mettant sur orbite une flottille de satellites low-cost. Serait-ce pour l’y aider que Google a ré- cemment investi une fortune dans SpaceX ?
oir fait fortune sur
le seul à av.
Internet à cette période. Mais Elon Musk est un bâtisseur qui construit pour l’avenir en s’ap- puyant sur sa vision, ses valeurs et sa volonté », éclaire André- Yves Portnoff, directeur de l’ob- servatoire de la révolution de l’intelligence à Futuribles in- ternational.
Aymeric Marolleau
Tesla
SolarCity
Mars 2006. la scène se passe au Salon Satellite, qui réunit à Washington les pontes de l’industrie spatiale. À l’occasion d’une conférence, un Elon Musk décon- tracté prend la parole et lance à une audience condes- cendante : « Salut à tous, je m’appelle Elon Musk. Je suis le fondateur de SpaceX. Dans cinq ans, vous êtes morts ». Si sa prophétie ne s’est pas réalisée, force est
le fan de vitesse, qui a crashé une Mclaren F1 d’un million de dollars non assurée, s’est lancé dans la construction de voitures électriques avec Tesla Motors en 2003. Si son premier modèle, un roadster commercialisé depuis 2008, a surtout visé les grandes fortunes et les stars d’Hollywood, l’ambition de la marque est d’entrer dans le garage de Monsieur Tout-le-monde. De fait, « les premiers modèles luxueux financent l’élargissement progressif de la gamme », analyse André-Yves Portnoff. le Model S, premium, est arrivé en concessions en 2012. En juin 2014, l’entrepreneur atypique a une nouvelle fois créé la sensation en ouvrant les brevets de sa société. il déploie en outre un réseau serré de bornes de recharges : 2000 ont déjà été installées dans le monde. Ces choix révèlent son intention d’imposer ses
En 2013, Elon Musk se confiait à Chris Anderson : « Le problème de l’énergie renouvelable est le plus gros problème que nous de- vrons résoudre durant ce siècle ». il s’y est attelé en 2006, en créant l’installateur de panneaux solaires SolarCity avec ses cousins, Peter
et lyndon rive. l’entrepreneur semble confiant : « Dans 18 ans, nous verrons plus d’électricité venir du soleil que de n’importe quelle autre source d’énergie ». Aujourd’hui, SolarCity est l’un des principaux acteurs du marché aux Etats-Unis. En septembre der- nier, la société a annoncé la création de la plus grande usine de panneaux photovoltaïques, dans l’Etat de New-York.
de constater que le fabricant de fusées créé en 2002 a réussi sa mise sur orbite grâce à une stratégie low-cost.
Sa trajectoire n’a pourtant pas été parfaite : « Nous avons failli échouer, nous sommes passés très près de la catas- trophe, mais nous avons réussi à surpasser cela en 2008 », se souvient l’entrepreneur, en ré- férence aux problèmes finan- ciers traversés par la société, sauvée de justesse par la NASA, qui noue avec elle un contrat de 1,6 milliard de dollars pour
standards aux autres constructeurs, en se rendant indispensable. Tesla s’apprête aussi à construire dans le Nevada une usine géante de batteries, qui doublera la production mondiale de batteries lithium-ion lorsqu’elle ouvrira ses portes en 2017. outre le marché automobile, elle per- mettra à l’entrepreneur
ravitailler la Station spatiale internationale (iSS). Pour réduire drastiquement ses coûts, SpaceX ambi- tionne de créer des fusées réutilisables. À l’occasion d’un lancement début février, elle a tenté la récupération de l’étage principal de sa fusée Falcon 9. Un semi- échec, ou une semi-réussite, si l’on se fie au Tweet de Musk : « La fusée à bien atterri dans l’océan, à dix mètres de sa cible et bien verticale. Bonne probabilité d’un futur atterrissage réussi avec un temps clé- ment. »
visionnaire de développer le marché du stockage d’élec- tricité. Au bénéfice de SolarCity : « Il crée intelligemment des synergies entre ses entreprises », observe André- Yves Portnoff.
Avril 2015 31

