Page 29 - EcoRéseau n°19
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Interview croisée - Réseaux d’accompagnement des entrepreneurs ClUB ENTrEPrENDrE
tites associations aux gros acteurs comme le groupe d’économie circulaire vita- mine T. Nous travaillons avec les banques, avons un rôle d’expertise, labellisant, nous portant caution et rem- boursant la moitié voire plus en cas d’échec. l’Adie aide des chômeurs, nous soute- nons des femmes entrepre- neurs comme initiative
financier comme initiative France ou l’Adie : nous fai- sons de l’accompagnement et de la formation. Ceux que nous soutenons, qui sont en majorité des demandeurs d’emploi, acquièrent les bases de gestion pour se lan- cer. Nous travaillons avec les prescripteurs que sont Pôle Emploi, les missions locales de réinsertion, les banques...
transféré aux régions. Au ni- veau local les départements, régions, fonds de formation professionnelle, ainsi que les grandes entreprises – pour des raisons d’essaimage et d’intrapreneuriat – s’intéres- sent à ce que l’on fait et nous soutiennent.
compagner des dirigeants de sociétés à fort potentiel de croissance, donc au mi- nimum 1 million de CA pour dix salariés, et en moyenne 3-4 millions de CA pour 20 à 50 salariés. la formule a été étendue au ni- veau national. le Moovjee quant à lui accompagne les jeunes qui créent pendant ou dès la fin des études, par
système non marchand qui accompagne le développe- ment des entreprises créées. il s’agit de passer, pour l’en- trepreneur quadra qui a huit salariés et une équipe effi- cace, des caps, culturels, so- ciaux, économiques afin de passer à 30 salariés en cinq ans, en mettant en place un projet stratégique pour trou- ver des fonds et instaurer une nouvelle gouvernance. Notre fonds de 3 millions d’euros permet, en partena- riat avec Bpifrance, d’ac- corder des prêts-croissance réseau Entreprendre. Autre sujet auquel les réseaux de- vront s’atteler, l’accompa- gnement des entreprises en difficulté par des pairs, avant qu’il ne soit trop tard. 95% des sociétés qui tom-
GS : il nous faut aller plus avant pour convaincre les acteurs privés et publics de nous soutenir. C’est seule- ment conjointement avec les autres réseaux que nous y parviendrons. la coopéra- tion est de plus en plus forte. Par exemple nous avons la même cible avec France Active, mais sommes complémentaires : nous nous occupons du volet formation quand eux se positionnent sur le finan- cement. Nous aidons les créateurs à s’équiper et les aiguillons par la suite. Tous ensembles nous savons dé- tecter, former, financer, mettre en réseau et mainte- nant suivre les chefs d’en- treprise. Autre grand enjeu, la formation profession-
DR : l’APCE est une plate- forme destinée aux porteurs de projets et aux réseaux
Il faut plus de coopération entre les réseaux, à condition qu’ils soient positionnés précisément pour être complémentaires Dominique Restino
©David DELAPORTE
France. Nous sommes com- plémentaires de BGE ré- seau. l’Adie et initiative France sont présentes à notre conseil d’administration. les querelles de chapelle entre les réseaux ne peuvent avoir
et menons des actions volon- taristes, allant chercher des créateurs là où ils se trou- vent, notamment dans plus de 400 quartiers. Cœur de cité est une émanation du fa- meux concours Talents, BG
©DR
d’accompagnement, pour- vue d’une formidable base d’informations (11 millions de visiteurs sur le site). Mal- gré son rôle d’orientation, elle n’est plus un opérateur de l’Etat depuis 2013. Ar- naud Montebourg et Fleur Pellerin m’ont confié la mission de mener à bien le plan 2014-2017 sans l’ar- gent de l’Etat. Nous tra- vaillons avec les territoires, orientant sur des réseaux selon le profil. l’institut du mentorat ne conseille pas, il aide à se poser les bonnes questions. lorsque j’ai monté la structure en 2006 à l’échelle de l’Île-de- France, je suis allé chercher des mentors qui avaient connu une forte croissance, comme Dan Serfaty chez viadeo ou Bernard Bouri- geaud chez Atos, afin d’ac-
l’entremise du mentorat. Nos grands rendez-vous comme le prix Moovjee-in- novons ensemble visent à montrer les exemples dignes d’être suivis. J’ai rencontré en 2013 le Prési- dent à l’Elysée, pour que l’Etat signe la charte du mentorat entrepreneurial. le statut d’étudiant entre- preneur est une de nos an- ciennes revendications.
Quels sont les nouveaux enjeux auxquels sont confrontés les réseaux ? DP : C’est un constat qui a été fait aux Assises de l’en- trepreneuriat. la France présente un système d’ac- compagnement performant dans la création et la reprise d’entreprise. Mais l’enjeu des dix prochaines années sera de développer un éco-
bent en redressement judi- ciaire sont liquidées par la suite. Cela doit changer. CS : il nous faut nous pré- parer à ce que les finances publiques, qui assurent 70% de nos frais de fonctionne- ment aujourd’hui, stagnent ou baissent à l’avenir. or en 2014 nous avons affiché une croissance de 5%, et nous comptons atteindre le rythme de 8%. Ce qui signi- fie qu’il nous faut nous tourner un peu plus vers le mécénat, les banques, la fi- nance participative qui as- suraient 30% de notre financement jusqu’à main- tenant. Car l’aide au déve- loppement des structures doit monter en puissance. Nous les mettons dans les bras d’une banque dès le dé- part, et 69% d’entre elles continuent avec l’établisse- ment trois ans après leur création. les petites asso- ciations profitent de notre « label » pour entretenir avec leur banque de bonnes relations. Nous participons périodiquement à de nou- veaux programmes d’inves- tissement de plus grosses entreprises solidaires, comme vitamine T par exemple.
nelle. il y avait le DiF, au- jourd’hui le certificat de parcours. il faut que la créa- tion d’entreprise soit ins- crite comme action certifiante, afin que les gens puissent utiliser leurs fonds pour se former à la création. Enfin nous avons lancé avec MyMajorCompany, la plateforme de financement participatif, mapetiteentre- prise.com liée à l’entrepre- neuriat, qui sera un grand enjeu à l’avenir.
Grégory Sagez,
est président de BGE Réseau et DG des Hauts de France, plus grosse entité du réseau dans le Nord Pas de Calais. BGE Réseau existe depuis 1979, compte 900 conseillers-salariés et 750 administrateurs bénévoles, 50 associations locales, 466 lieux d’accueil, accompagne 17 000 entreprises
par an pour 28 500 emplois
Les grandes entreprises, pour l’essaimage et l’intrapreneu- riat, s’intéressent à ce que l’on fait et nous soutiennent Grégory Sagez
DR : Depuis 10-15 ans la création a évolué, elle s’est professionnalisée, avec une segmentation devenue né- cessaire, et surtout des frais de fonctionnement qui doi- vent être couverts par le partenariat. Face à la rareté des ressources, il faut bien- sûr plus de coopération entre les réseaux, à condi-
GS : Notre mission princi- pale est de démocratiser l’entrepreneuriat. Notre spé- cificité est de ne pas aborder la problématique par le côté
Julien Tarby
Dominique Restino,
est président de l’APCE (42 personnes), plateforme d’information et d’orientation des entrepreneurs et réseaux, président fondateur du Moovjee qui accompagne les jeunes entrepreneurs. Il a fondé l’Institut du mentorat entrepreneurial, a créé à 24 ans sa première société d’inte- rim spécialisé qui a atteint les 100 collaborateurs et 35 millions d’euros de CA, et est délégué du président de la CCI Paris-Île-de-France.
Avril 2015 29
tion-
lieu : tous ensemble nous ac- compagnons et finançons seulement 40000 créa- teurs...
Bus se rend dans tous ces en- droits. le taux de pérennité à trois ans de ceux que nous aidons est de 69%. Notre ré- seau national est financé par la CDC, le ministère de l’Emploi et l’Europe. Nous nous appuyons sur le dispo- sitif NACrE qui va être
tion qu’ils soient posi. nés précisément pour être complémentaires. Si tout le monde veut tout faire, ce n’est pas une bonne chose. Enfin il nous faut aider les entreprises à grandir. Selon une étude de E&Y, et une autre de Sage, le mentorat est devenu nécessaire.


































































































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