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L’Air du temps - Champagne ART DE VIVRE & PATRIMOINE
met de mémoriser et récu- pérer des données à distance par le biais de marqueurs que l’on appelle radio-éti- quettes. En les scannant, on obtient une série d’in- formations qui peuvent être validées par une base de données. Une manière de s’assurer des critères d’au- thenticité du produit. Le système a l’avantage d’être
ter cette solution pour sé- curiser les bouteilles. Au-delà de l’efficacité des solutions anti-contrefaçon,
plus que jamais être mar- telé », assène Alain de Sacy. Le storytelling, contant les recettes ancestrales, vantant
concurrentiel d’aujourd’hui, il est très important de le mettre en avant », indique Isabelle Blaise, producteur
l’histoire de son activité. « Plus que jamais, il est important de proposer aux clients de voir par eux-
goûts, « en particulier à ceux de l’international, confie Alain de Sacy. Dans nos futures ventes, les cu- vées extra-dry avec davan- tage de sucre tiendront une bonne place. Ce créneau va se développer. » La mai- son Louis de Sacy avait par ailleurs commercialisé une cuvée non dosée il y a huit ans, anticipant un phéno- mène naissant. Il n’y en avait alors que deux ou trois. « Désormais, on en dénom- bre une trentaine », pré-
Nos pieds de vigne sont vieux de 200 ans. En contexte concurrentiel, il sera toujours important
de le mettre en avant
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la question d’investir dans la richesse des terroirs et récoltant manipulant au sein mêmes les réalités du cham- des dispositifs de ce type patrimoines que l’on sent à de la maison Blaise Lour- pagne », précise-t-elle. Une se pose sans réponse évi- chaque gorgée, forme une dez, qui organise des dé- posture traditionaliste qui dente car les pertes liées au autre arme redoutable. « Nos gustations et visites de la n’est pas incompatible avec trafic parallèle illégal sont pieds de vigne sont vieux propriété pour permettre une l’innovation. Les cuvées difficiles à estimer. Mais de 200 ans. Dans le contexte immersion concrète dans évoluent, s’adaptent aux nul doute que la hausse de
cise-t-il.
l’économie clandestine va vite changer la donne, en raison de son impact sur les prix. A titre d’exemple, cer- tains vins grands crus sur le marché chinois ont connu à partir de 2011 une chute de prix de 50 à 80%. Une baisse en grande partie liée à un gigantesque trafic de Château Lafite contrefait, dont 10000 bouteilles ont été saisies fin 2012 dans la province du Zhejiang pour une valeur de 12 millions d’euros.
Mathieu Neu
pour certains, ce n’est déjà plus un secret
OÙ DORMENT LES FLACONS
Chez Philipponnat, chaque flacon attend son heure dans les anciennes et magnifiques caves du Château de Mareuil. Des caves creusées dans la craie au XVIIIe siècle, qui permettent aujourd’hui encore de conserver les vins dans les meilleures conditions : les plus rares d’entre eux sont précieusement rassemblés dans le Caveau du Trésor, réservé aux millésimes anciens. www.philipponnat.com
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.
facile à installer et connu des clients. La copie du tag et des éléments qu’il contient s’avère complexe. Autre atout : à l’inverse des QR Codes installés sur de nombreuses marchan- dises, la RFID est d’une grande fiabilité dans des environnements délicats comme le froid ou l’humi- dité, auxquels les lots de champagne peuvent être confrontés. C’est pourquoi l’univers des vins et alcools tend de plus en plus à adop-
ENTRE LIFTING
ET TRADITION
Le champagne se réforme, et la tendance concerne aussi bien le contenu que le contenant. En plus de la contrefaçon qui rend les producteurs français amers, un autre phénomène leur complique les perspectives : le succès de vins étrangers d’un genre dit proche. A l’export, les mousseux ita- liens détrôneraient par pé- riodes les champagnes, do- pés par l’envolée de la de- mande asiatique et brési- lienne notamment. Le CIVC crie à la mauvaise foi, les chiffres étant comparés sur des périodes qui ne tiennent pas compte des derniers mois de l’année où les ventes de champagne s’en- volent (novembre et décem- bre concentrent 30% du chiffre d’affaires annuel). Mais au-delà des guéguerres de chiffres, l’organisation française estime surtout « qu’on compare des vins qui ne sont pas compara- bles ». « Nous avons un sous-sol particulier, un cli- mat spécifique, une méthode de vinification et un cahier des charges stricts. C’est notre caractère unique qu’il faut impérativement mettre en avant. Ce message doit
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