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n°16
PANORAMA L’Entretien - Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au Numérique
« Soutenons enfin les scale-up, ces entreprises
innovantes en phase d’hyper croissance »
Axelle Lemaire entend faire de la France une république numérique de premier plan depuis son arrivée au gouvernement en avril 2014. Développement du capital risque hexagonal, création du label French Tech, formation des jeunes : elle revient pour EcoReseau sur les coups de pouce du gouvernement pour accélérer cette fameuse transition numérique. Rencontre.
entreprises françaises non co- tées devraient passer à 7,5 et 9 milliards en 2014 et 2015. Mais, nous n’avons toujours pas retrouvé les niveaux d’in- vestissement d’avant 2008, alors il nous faut aller plus loin. Au sein de l’écosystème français tout d’abord. C’est pourquoi, pour faire suite aux annonces du Président de la République lors des dernières Assises du finan- cement en septembre dernier, je rencontrerai dans les pro- chaines semaines la majeure partie des patrons du CAC 40 pour les convaincre de renforcer leurs démarches de fonds d’investissement d’en- treprise – le corporate venture capital pour parler comme les Anglo-Saxons –, grâce auxquels les grandes entre- prises investissent dans les plus petites. Nous nous sommes fixé un objectif d’un milliard d’euros en 2017. Au- tre levier activé : sensibiliser les investisseurs internatio- naux à l’intérêt d’investir en France, en particulier via les actions en faveur de l’attrac- tivité soutenue par la French Tech. 15 millions d’euros y sont d’ores et déjà dédiés. Car en effet, toute l’ambition et la singularité de la French Tech, c’est de passer d’un modèle autocentré et centra-
sorte le bras armé écono- mique de la république nu- mérique que je défends !
Mais ces capacités de financement des entreprises du numérique existent-elles sur les marchés ?
La création d’Enternext, la Bourse européenne des PME- ETI, est une première avancée non négligeable. Nous devons désormais doper la part et la reconnaissance des entre- prises numériques en son sein, en particulier par le ren- forcement des possibilités d’analyse financière de ces entreprises, et la création de- main d’un indice technolo- gique pour ce segment. Enfin nous allons renforcer l’at- tractivité des start-up pour les jeunes diplômés en faci- litant les attributions gratuites d’actions au profit des sala-
Vous plaidez pour une véritable politique industrielle dans le secteur numérique : avec quels objectifs ? L’Etat a en effet un rôle utile à jouer. Déjà pour accompa- gner les entreprises dans leur transformation, en s’enga- geant dans une démarche vo- lontariste d’achats publics innovants, ou en créant, comme nous le faisons avec les start-up, un cadre favo- rable à la prise de risque, à l’innovation et à l’investis- sement. Mais il faut évidem- ment que chacun prenne ses responsabilités. Je prendrai l’exemple du secteur des té- lécoms : nous avons mobilisé des moyens financiers très importants pour le déploie- ment du très haut débit sur l’ensemble du territoire. Ce pari collectif ne pourra être tenu que si les entreprises
© mein- Patrick Vedrune
Ne nous voilons pas la face, l’émergence de géants du numérique fait encore défaut dans l’Hexagone. Une fatalité ? Rappelons déjà que la France est aujourd’hui un pays mon- dialement reconnu pour la création de start-up. D’abord grâce à la qualité de ses for- mations initiales, la créativité de ses talents et l’inventivité de ses ingénieurs et des en- trepreneurs. Les résultats sont au rendez-vous. Nous créons plus de start-up en France qu’ailleurs, et je veux souli- gner la politique très volon- taire menée par Bpifrance
pour soutenir l’amorçage des entreprises innovantes. En 2013, ces jeunes pousses fran- çaises ont ainsi vu leur chiffre d’affaires total augmenter de 43% par rapport à 2012. C’est notable dans la période. En revanche, trop d’entreprises françaises rencontrent encore des problèmes lors de leur développement international. Il y a de formidables réussites dans le secteur des biotechs ou des medtechs, trop peu dans le numérique à l’excep- tion de quelques exemples comme Criteo, Blablacar ou Parrot. Il faut donc soutenir ce que j’appelle les scale- up, les entreprises innovantes
en phase d’hyper croissance.
nancement. Les fonds fran- çais sont trop petits et les fonds internationaux trop peu présents ! Toutefois, la si-
Soyons concrets, quelles mesures s’imposent pour
En 2013, les jeunes pousses françaises ont vu leur CA total augmenter de 43 % par rapport à 2012. C’est à préciser dans la période
riés.
DÉC. / JANV.
enfin doper ce capital risque hexagonal ?
Il faut être conscient que le principal frein au dévelop- pement de nos entreprises réside dans la chaîne de fi-
tuation s’améliore, en parti- culier grâce aux assouplis- sements réglementaires ap- portés par le gouvernement. De 6,5 milliards en 2013, les montants investis dans les
lisé à une attractivité puissante basée sur la mise en réseau, l’ancrage dans les territoires et l’ouverture au monde, au- tour d’un projet collectif pour le pays. C’est en quelque
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