Page 23 - EcoRéseau n°16
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L’Entretien - Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au Numérique PANORAMA
du secteur investissent dans ces infrastructures. Elles ne le feront pas pour nous faire plaisir, bien entendu, mais
sur les territoires, et d’iden- tifier des écosystèmes de start-up remarquables. Après un long travail mené avec le
d’innovation non technolo- gique. Lancé en mars dernier, ce dispositif a déjà bénéficié à 266 projets en 2014. Cette
sance aux entreprises dans leur volonté de croissance.
Quid de la formation et de
Il y a avant tout un prérequis culturel à prendre en compte. Pour créer des entreprises in- novantes, des créateurs am- bitieux, volontaires, prêts à prendre des risques en sachant où ils vont, sont nécessaires ! Le gouvernement a lancé un large appel à manifestation d’intérêt sur la culture de l’entrepreneuriat et de l’in- novation à destination des jeunes. Près de 200 entre- prises, associations, collec- tivités ont répondu présentes et souhaitent s’investir sur ce dossier. Ce sont 20 mil- lions d’euros qui seront dé-
diés à ces projets dès le pre- mier semestre 2015, avec des ambitions fortes pour faire grandir le vivier des jeunes créateurs. Cela passe par l’en- couragement des jeunes filles, des étudiants, des jeunes doc- teurs à s’engager dans la création d’entreprise, la dif- fusion des usages et des ap- prentissages dans les quartiers populaires et les zones ru- rales. Cet engagement à la démocratisation de la création d’entreprise innovante consti- tue, à mon sens, la première étape de notre mission de service public.
Il existe de formidables réussites dans le secteur des biotechs ou des medtechs, trop peu dans le numérique à l’exception de Criteo, Blablacar ou Parrot
pour trouver des sources nou- velles de création de valeur. Cet investissement doit, en retour, être mieux valorisé, ce qui peut par exemple pas- ser par une plus grande trans- parence sur la qualité du ser- vice offert aux utilisateurs. Enfin, lorsque l’on prend l’écosystème numérique dans son ensemble, des règles sont nécessaires pour éviter de se retrouver, comme c’est par- fois le cas aujourd’hui, avec certains acteurs très régulés – à juste titre – et d’autres échappant à toute forme d’en- cadrement. Je pense notam- ment aux grandes plateformes de service en ligne qui doi- vent jouer le jeu de la loyauté à l’égard des utilisateurs comme des autres acteurs économiques qui en dépen- dent. C’est le sens du message que je porte au niveau euro- péen.
Quel rôle doit alors jouer Bruxelles en matière de révolution numérique ? Dans le numérique, plus qu’ailleurs, les réponses doi- vent souvent être trouvées au niveau européen, voire mondial. L’Europe est forte quand elle parle d’une seule voix, comme je l’ai invitée à le faire sur la gouvernance de l’Internet. Sur des enjeux tels que la neutralité du Web ou la loyauté des plateformes que je viens d’évoquer, l’échelon européen est le plus pertinent pour défendre nos valeurs communes en ayant la force de frappe d’un mar- ché de plus de 500 millions
de citoyens.
pellier, Nantes, Rennes et Toulouse ont été les premiers écosystèmes à obtenir le label de Métropoles French Tech. Cette première vague de la- bellisations va permettre d’en- gager la mise en réseau de ces écosystèmes régionaux, en connexion avec l’écosys- tème francilien. D’autres la- bellisations se dérouleront au fil de l’eau dans les prochains mois. Mais, la French Tech ne se limite pas à ces seules labellisations. Des moyens et des dispositifs seront éga- lement mis en place pour fi- nancer le développement des start-up françaises et renforcer l’attractivité du pays dans les secteurs innovants avant la fin de l’année 2014. Il en va ainsi du soutien aux accélé- rateurs destinés à faire éclore de nouvelles entreprises et à les mettre sur les rails de la croissance. Nous investirons dans ces accélérateurs de croissance aux côtés des in- vestisseurs privés, via un pro- gramme doté de 200 millions d’euros. L’objectif, in fine, est ambitieux : faire connaître et rayonner la marque French Tech à l’international, lors de grands événements (le Consumer Electronic Show de Las Vegas, South by SouthWest à Austin, etc.) et dans des actions tournées vers les décideurs numériques mondiaux (investisseurs, jour- nalistes, acheteurs, etc.). Enfin, nous allons accélérer deux dispositifs très intéres- sants pour les entreprises. Ainsi, les Pass French Tech qui permettent aux sociétés en très forte croissance de bénéficier d’un accompagne- ment sur mesure seront éten- dus à tous les écosystèmes labellisés « Métropoles French Tech ». De même, nous souhaitons renforcer les Bourses French Tech desti- nées à favoriser l’émergence et la maturation de projets
Le label French Tech, at- tribué le 12 novembre dernier à neuf métropoles françaises, aura-t-il vrai- ment un impact ? Suite à l’appel à candidatures lancé en janvier 2014, la dé- marche de labellisation des Métropoles French Tech a permis de susciter une for- midable dynamique collective portée par les entrepreneurs
DÉC. / JANV.
soutien de la Mission French gamme d’actions, unique au l’apprentissage des jeunes Tech et de ses partenaires, monde, offre de la cohérence, dans la stratégie numé- Aix-Marseille, Bordeaux, de l’efficacité et de la puis- rique gouvernementale ? Grenoble, Lille, Lyon, Mont-
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