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n°16
PANORAMA L’Entretien - Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au Numérique
"L’objectif, in fine, est ambitieux : faire connaître et rayonner la Marque French Tech à l’international, lors de grands évé- nements comme le Consumer Electronic Show de Las Vegas"
de la Halle Freyssinet, à Paris, prévu pour 2016 ? C’est un projet enthousias- mant, porté avec passion par Xavier Niel. Si les objectifs sont remplis, Paris accueillera
de qualité. La Halle Freyssi- net agira en complémentarité avec les incubateurs franci- liens, permettant un vrai choix et le cas échéant un parcours pour l’entrepreneur francilien,
La French Tech, c’est le bras armé économique de la République numérique que je défends !
Ensuite se pose la question de la formation, initiale mais aussi continue. Personne ne remet en cause la qualité des formations technologiques françaises. Mais, nous avons des trous dans la raquette. Je pense en particulier à tout ce qui touche à la programma- tion et au codage. C’est pour- quoi le gouvernement a sou- haité introduire cet appren- tissage dans le cadre des pro- grammes scolaires dès le plus
périences, leurs talents, leur créativité doivent être mis au service de la croissance de nos territoires et de nos entreprises. C’est là toute l’ambition du Passeport Ta- lents qui a été présenté en Conseil des ministres en juil- let dernier dans le cadre de la future loi portée par le mi- nistre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Ce titre de séjour sera d’ailleurs intégré aux futurs French Tech Tickets,
forte accélération : les col- lectivités, pleinement inves- ties, ont déposé à ce jour 66 projets représentant 78 dé- partements. Les opérateurs ont, quant à eux, déjà dépensé près de 3 milliards d’euros pour équiper en fibre les zones denses et moyennement denses du territoire. L’Etat a également consolidé son en- gagement financier en ins- crivant plus de 1,4 milliard d’euros dans le budget 2015,
les services de proximité – que nous souhaitons déve- lopper au bout de ces tuyaux.
Votre position et celle du gouvernement en termes de gouvernance d’Internet et de neutralité du réseau sont-elles bien établies ?
Ce débat doit être dépas- sionné, pour sortir des pos- tures ou de certaines opposi- tions trop caricaturales. J’ai déjà eu l’occasion de rappeler mon attachement à ce qui est au cœur de cette neutralité : à savoir, que chacun demeure libre d’accéder à l’ensemble des contenus présents sur In- ternet, afin de préserver coûte que coûte l’originalité et la force de cet espace de constante innovation. J’ai aussi pris connaissance avec intérêt des propositions for- mulées par le Conseil d’Etat dans son étude annuelle consacrée au numérique. Ces propositions sont versées à la grande concertation initiée par le Premier ministre sur le numérique. Nous verrons s’il y a lieu d’adopter des mesures législatives au niveau national, en complément du cadre qui pourrait être adopté
Qu’attendez-vous du futur méga-incubateur
en 2016 le plus grand incu- bateur de start-up du monde. Tout simplement. Ce projet vient encore renforcer la place occupée par l’Île-de-France, avec la capitale en son cœur, parmi les grandes métropoles mondiales du numérique. Elle possède une densité inégalée de structures d’accompagne- ment, de start-up, d’établis- sements de formation, une incroyable diversité de talents et de secteurs, un environ- nement et des services publics
adapté .à ses besoins, sa spé- cialité, au stade de dévelop- pement de son entreprise. Plus encore, la Halle sera le bâtiment totem de toute la French Tech. Un espace spé- cialement dédié aux entre- prises issues des métropoles labellisées y sera d’ailleurs ouvert.
Propos recueillis par Charles Cohen
Bio
L’« outsider » venue du Canada
De nationalité franco-canadienne, Axelle Lemaire a grandi au Québec. Elle a rejoint la France à 16 ans pour y suivre une prépa de lettres modernes (Hypokhâgne), avant d’in- tégrer Sciences Po Paris et de se spécialiser en droit. Juriste internationale au sein de cabinets d’avocats et d’instituts de recherche universitaire, elle devient parlementaire à la Chambre des communes à Londres. Un poste qu’elle oc- cupe jusqu’en 2011, avant d’être élue en juin 2012 dépu- tée socialiste des Français établis en Europe du Nord (Royaume-Uni, Pays scandinaves, Pays baltes). Exerçant au Parlement les fonctions de Secrétaire de la Commission des Lois, elle a été successivement rapporteure pour avis de la loi bancaire, responsable pour le groupe socialiste d’une loi de transposition de directives et traités internationaux sur les droits humains, et responsable de la loi pour l’éga- lité hommes-femmes. Parallèlement, Axelle Lemaire siège à la Commission des affaires européennes où elle est rap- porteure sur le sujet du numérique. Quand François Hol- lande veut en faire, en juin 2012, sa ministre déléguée aux Français de l'étranger, elle refuse. Sans doute parce que l’intéressée a déjà fait de l’entrepreneuriat et de l’innova- tion dans le secteur du digital son cheval de bataille. D’ail- leurs, elle publie, dans le cadre de ses activités à la Commission des affaires européennes, un rapport sur la stratégie de l’Europe en matière de numérique, et fait adopter à l’unanimité une résolution parlementaire sur ce sujet à l’automne 2013. Rien d’étonnant donc à ce que cette mère de deux enfants, vivant alors à Londres, ait ac- cepté début 2014 la fonction de Secrétaire d'Etat chargée du Numérique, sur demande, encore une fois, de François Hollande. Une fonction qu’elle occupe depuis le 9 avril der- nier.
Je rencontrerai dans les prochaines se- maines la majeure partie des patrons du CAC 40 pour les convaincre de renforcer leurs fonds d’investissement d’entreprise
jeune âge. Nous devons éga- lement relever le défi de l’adaptation des compétences des professionnels impactés par la révolution technolo- gique. Les informaticiens, les ingénieurs bien sûr, mais aussi toutes les professions bousculées par le numérique, dans la distribution, la culture ou les transports par exemple. Enfin, la France ne pourra que s’enrichir d’accueillir des professionnels venus d’ailleurs, qui souhaitent créer dans notre pays. Leurs ex-
qui visent à attirer en France des créateurs de start-up in- ternationales.
Où en est vraiment le plan France très haut débit ? C’est sans aucun doute le plus grand chantier d’infra- structures de ce quinquennat, représentant un investisse- ment global de près de 20 milliards d’euros. Les der- niers mois ont montré que les fondations du plan étaient saines, puisqu’il entre dés- ormais dans une phase de
afin de prendre le relais des 900 millions d’euros issus des investissements d’avenir. Nous sommes très vigilants à ce que cette dynamique se maintienne, tout en procédant aux ajustements nécessaires. Et ce, afin que des solutions technologiques permettant de répondre plus rapidement aux besoins les plus urgents soient mieux mobilisées. J’ai aussi tenu à rappeler qu’il est dés- ormais temps d’engager une véritable réflexion collective sur les usages – et notamment
en Europe.
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DÉC. / JANV.


































































































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