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n°15
PANORAMA Régions & Territoires - Bordeaux L’orgueilleuse
« La belle endormie » n’est plus... Bordeaux – qui fait la course dans le peloton de tête des métropoles les plus attractives de France – affiche une santé presque indécente. Les clés du succès ?
Des filières « nobles » (vin, aéronautique, etc.), un maire « présidentiable »
et aussi une (bonne) dose de marketing territorial.
Bordeaux... « LA » vitrine d’un Juppé-candidat à l’Élysée. Le Landais d’origine – réélu à l’hôtel de ville, le Palais Rohan, avec près de 60% des suffrages en mars dernier – y est véritablement « chez lui ». Il incarne en effet cette métropole réputée bourgeoise – longtemps repliée sur elle-même – de- venue pourtant la locomotive du grand Sud-ouest français et que lorgnent au-
jourd’hui nombre de cadres parisiens qui rêvent de s’y poser. Pour eux, Bordeaux fait souvent figure de west coast idyllique « où l’on trouve du bon vin, des plages à proximité et une dynamique entrepre- neuriale rare », soutient Pierre Go- guet, président de la CCI locale.
velle dynamique, le territoire l’a créée en s’appuyant également sur des filières régionales d’excellence comme l’aéro- nautique, le spatial, la défense... En matière de rayonnement scienti- fique, l’ensemble du territoire – au- trefois peu reconnu – a rattrapé son retard, « en moins de dix ans » pré- cise la revue économique locale Objectif Aquitaine. « D’une région spécialisée dans l’agriculture et la biologie fondamentale, l’Aquitaine est devenue en 2010 une région dans la- quelle les domaines de spécialisation ont évolué, notamment en matière d’instru- mentation et des sciences pour l’ingé- nieur. Ainsi, les publications scientifiques
12 NOVEMBRE 2014
La ville est même devenue celle
en France où l’envie d’achat im- mobilier est la plus forte, selon
une récente étude de meilleurs- taux.com. Et son auteur de conclure : « Bordeaux confirme ainsi son statut de ville où il fait bon vivre ». L’agglomération a de fait « énormément changé en une décennie. Elle est devenue accessible à tous, ce qui n’était sans doute pas le cas
ont augmenté de 25%. » De 2000 à . le nombre d’étudiants dans l’enseigne- ment supérieur a par ailleurs explosé : « + 17%, la plus forte à l’échelle natio- nale ». Restent malgré tout, les impacts – parfois violemment ressentis – d’une crise globale qui n’a pas épargné la ville. Bordeaux affiche un taux de chômage de plus de 10% (contre 7,5% en 2008), avec unbonddeplusde7%surunan...
avant », estime Pierre
Goguet. Est-ce l’ef-
fet Juppé ? « Oui,
mais pas seule-
ment. » Cette mue,
Bordeaux la doit d’abord
à une politique de grands
travaux menée tous azi-
muts et « voulue par tous », in- siste-t-il. Densification du réseau de tramway, construction d’un pont
supplémentaire fran- chissant la Garonne (Pont Levant), réhabilitation des quais, etc. : la ville est méconnaissable et n’a plus rien à voir – ou si peu – avec celle des années Chaban-Delmas – l’autre « grand homme » qui régna sur Bordeaux pendant près de... 50 ans ! Cette nou-
2010,
Pierre Tiessen

