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n°15
PANORAMA Regard sur l’Actualité - Thomas Hugues
radio. Quoique la notion de média moins exposé joue de moins en moins, les petites phrases étant reprises pour alimenter la machine.
Comment se porte votre émission « Médias, le Magazine » ?
Nous en sommes à la sep- tième saison. Nous étions les premiers à porter le projec- teur sur les techniques et ar- tifices de communication politique, les relations entre
Cette concurrence nous a obligés à évoluer, en ajoutant des grands reportages et des invités philosophes, anima- teurs ou patrons de presse pour donner leur avis durant toute l’émission. Luc Ferry, Audrey Pulvar, Boris Cyrul- nik ou le président du CSA Olivier Schrameck se sont ré- cemment prêtés à l’exercice. Notre rôle tel que je le vois est d’appuyer sur le frein et de décortiquer une actualité médiatique. Cela implique
Ce mouvement des caméras vers les coulisses de la communication est-il une demande du public ? Je pense que les six premiers mois du mandat de Nicolas Sarkozy ont vacciné les journa- listes quant à l’enthousiasme, et parfois l’aveuglement dont ils pouvaient faire preuve face au storytelling politique. Et comme souvent en France, il y a eu un retour de balancier, avec une réelle envie de dé- cortiquer la stratégie du « une
chef de service adjoint, rem- plaçant au JT, je suis allé à LCI, j’ai co-présenté « Sept à Huit » ou l’émission d’info- tainment « Défense d’Entrer » (avec Valérie Benaïm, ndlr). Puis i>TELE pendant deux ans, et enfin France 5 pour « Médias, le Magazine ». C’était le début du numérique, et cela m’a paru être une belle opportunité. Je ne l’ai pas re- gretté, car cette émission me permet de rester généraliste. Tous les sujets sont abordés au travers des médias étudiés. La curiosité est un vilain défaut, mon émission sur RTL débu- tée en septembre, poursuit cet éclectisme qui me tient tant à cœur : ce soir je vais aborder les requins, les meilleurs res- taurants à Paris et le fonction- nement des Prud’hommes. Mon emploi du temps est bien chargé, il y a aussi le rendez- vous fiction en prime-time chaque mois sur France 5, avec un plateau de présenta- tion, une fiction télé comme Maupassant récemment, et un débat de comédiens et scéna- ristes.
Vous avez aussi eu une vie entrepreneuriale ? Laurence Ferrari, Lorraine Willems et moi-même avons en effet créé la société de pro- duction StoryBox. J’aimais le management – dans l’émis- sion « Médias, le Magazine » je travaille d’ailleurs avec 20 personnes – mais le côté mar- keting, où il fallait vendre des sujets, me convenait beau- coup moins. Je reste dans
Ne nions pas les points noirs :
« BFMisation » à cause de la concurrence des chaînes d’info en continu, intrusion dans l’intimité depuis l’affaire DSK
journalistes et hommes de pouvoir... Puis des émissions politiques ont de plus en plus consacré une partie de l’émission à ce créneau. On s’est intéressé au décorum, aux techniques de langage,... Plus qu’au contenu parfois.
des choix éditoriaux, et une posture pédagogique, tout en évitant d’être austères par une mise en valeur des images. Ce n’est pas un cours magistral, et les 400 000 télé- spectateurs hebdomadaires l’ont bien compris.
histoire par jour pour la presse ». Ils ont eu envie de vérifier les choses, de s’en- quérir de l’évolution d’un phénomène soulevé dix jours plus tôt... Il y a eu une prise de conscience généralisée qu’il fallait se détacher de la
machine politique à images. D’où les émissions concur- rentes sur LCI, i>TELE ou Europe1.
Que pensez-vous du traitement médiatique de l’économie dans l’Hexagone ?
Ce domaine faisait figure d’épouvantail à la radio ou la télévision par le passé, si bien qu’on traitait les sujets par le bout de la lorgnette, la consommation ou les petites histoires. Faute de compé- tences pointues, de forma- tions économiques poussées dans les écoles de journa- lisme, les reportages étaient
© DR
gouvernement m’avaient à l’époque contacté lorsque j’étais producteur, afin de mettre en place un pro- gramme court pédagogique. Depuis, la qualité des enquêtes a progressé, et les analyses de « Cash Investigation » sur le lobby du tabac par exemple, démontrent une volonté d’al- ler au fond des sujets.
Comment en êtes-vous arrivé là ?
Après Sciences-Po Bordeaux et deux ans passés à l’ESJ Lille, un stage à Sud Ouest qui m’a fait vibrer quant au métier de journaliste généraliste pour sa diversité – j’ai couvert une
l’âme un journaliste.
Les six premiers mois du mandat de Nicolas Sarkozy ont vacciné les
Avez-vous eu des mentors au cours de votre carrière ?
Pas des mentors, mais des fi- gures qui m’ont fortement inspiré. On apprend beau- coup aux côtés d’Etienne Mougeotte, PPDA ou Robert
journalistes quant à leur aveuglement face au storytelling politique
rarement explicatifs. La si- tuation s’est améliorée grâce à l’infographie et à l’inter- vention des éditorialistes vul- garisateurs comme François Lenglet. C’était un vrai pro- blème et les services d’un mi- nistère de l’Economie d’un
manifestation CGT, un Namias, trois journalistes
concert de Michael Jackson avec des fans, un match de football –, j’ai poussé les portes de TF1 pour un stage de deux mois... J’y suis resté 17 ans ! J’ai été pigiste pour les informations générales,
d’expérience et de renom. De même pour Emmanuel Chain, qui était producteur de «SeptàHuit».Maisonne marche pas dans les pas d’un autre, on apprend de lui.
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NOVEMBRE 2014


































































































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