Page 11 - EcoRéseau n°15
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La télévision est par essence spectaculaire, l’information TV aussi, qu’on le veuille ou non
er, avec des formules souvent impersonnelles. En revanche la radio amène de la proximité, je m’adresse di- rectement aux auditeurs, dans un style direct, ce qui est un exercice différent. L’état d’esprit doit bien être préparé avant toute intervention en public.
Regard sur l’Actualité - Thomas Hugues PANORAMA
Les seuls débordements ont été les paparazzades, et nous avons attaqué. Il était essen-
Vous avez parlé devant 13 millions de personnes. Avez-vous une
ler devant une salle de 200 personnes. J’utilise de ce fait le même ton et la même argu-
qui font « entrer sur scène ». La caméra est un interlocu- teur froid, et il est donc aisé
Bio
Enfant de la télé
Thomas Hugues, 48 ans, est journaliste, animateur, et ex- producteur de télévision français. Ce natif de Versailles, passé sur les bancs de l’IEP Bordeaux et l'école supérieure de journalisme de Lille, intègre en 1989 le service « Société et reportages » de la rédaction de TF1. En novembre 1994, il accède à la présentation des journaux du matin sur LCI, puis devient joker de Jean-Pierre Pernaut pour le JT de 13h. En octobre 1997, il est promu chef des informations à la direction des reportages, avant de remplacer Claire Chazal aux journaux du week-end. Sa notoriété décollera vraiment à partir de 2000, quand il co-présentera sur TF1 l'émission Sept à Huit (récompensée d’un Sept d’Or en 2003), dont il deviendra rédacteur en chef, avec son épouse Laurence Ferrari. De 2002 à 2006, Thomas Hugues devient joker de PPDA au JT de 20 heures. Mi-juin 2006, TF1 annonce sa dé- mission. L'intéressé rétorque qu'il a été licencié et engage une action pour prendre acte de la rupture du contrat de travail qui le liait à la chaîne. En septembre 2006, il crée la société de production Story Box Press avec Laurence Fer- rari et Lorraine Willems, puis rejoint la chaîne d'informa- tion en continu i>Télé pour présenter 1 h 30 chrono, l’interview politique Le Franc-Parler, l’émission ça Chauffe consacrée au développement durable, ainsi que des soirées électorales. Parallèlement, il produit et anime une fois par mois les 13ème soir sur la chaîne 13ème rue. Celui qui s’est séparé de Laurence Ferrari à l’amiable (pour se remarier en 2011 avec Isabelle Roche, productrice chez Endemol) quitte la chaîne du groupe Canal et rejoint France 5 pour présenter chaque semaine Médias, le magazine, sur l'ac- tualité des médias. En septembre 2014, il arrive sur RTL pour présenter La curiosité est un vilain défaut, émission qu'il co-anime avec Sidonie Bonnec. Depuis 2003, ce féru de travail trouve le temps de parrainer l'association « Œuvre des pupilles orphelins et fonds d'entraide des sa- peurs-pompiers de France ».
de parl.
tiel de mettre des limites. La peoplisation encadrée est po- sitive, jouant le rôle d’accé-
recommandation à formuler à nos lecteurs amenés à parler en public ?
Je suis par nature timide, et j’ai toujours eu du mal à par-
mentation qu’avec deux per- sonnes en face de moi. De même sur les plateaux je n’ai jamais imaginé les gens der- rière l’écran. Le maquillage, la préparation sont des rites
lérateur de
s’est beaucoup calmé depuis que je suis à France 5 !
Une actualité vous a particulièrement marqué ces derniers temps ?
Je suis à chaque fois inter- pelé par les pièges à journa- listes, comme par exemple le traitement de l’Etat isla- mique en Irak et au Levant. On sait depuis la nuit des temps que le terrorisme n’existe que par les médias. L’Etat islamique réalise d’ailleurs des films de propa- gande et se livre à un vérita- ble marketing qui entre en concurrence avec celui d’Al Qaïda. Mais les journalistes ont le devoir de parler d’un attentat ou d’une exécution. C’est le piège absolu, et il importe de trouver le bon ton et les bonnes images, pour ne pas tomber dans le voyeu- risme. Je m’amuse toujours de ceux qui critiquent l’infor- mation spectacle. La télévi- sion est par essence spectaculaire, l’information TV aussi. Un plan sur une personne qui pleure est une mise en scène. Il faut donc faire des choix, éviter les ef- fets spéciaux et musiques. La presse écrite n’est pas pour
autant à l’abri. Quand le journal Libération reprend les déclarations d’un djiha- diste français qui part au front telles quelles, puis les décrypte à côté en montrant que c’est de la propagande, il n’en joue pas moins le rôle de courroie de transmission. Le sujet est délicat et intéres- sant.
Vous avez vécu de près la peoplisation. Vous a-t-elle aidé, ou desservi ? Quand on présente le JT de TF1, il importe de l’accepter. On est à table avec le specta- teur, dans sa maison ; il arri- vait d’ailleurs que des gens me parlent dans la rue comme si j’étais un proche. Puis la chaîne nous a pro- posé, à mon ex-femme Lau- rence Ferrari et moi-même, de présenter l’émission « Sept à Huit » ensemble. Nous n’étions pas des per- dreaux de l’année : nous nous sommes prêtés au jeu des interviews ensemble, mais avons mis des barrières en refusant les photos de nos enfants ou de notre maison.
NOVEMBRE 2014
carrière. Tout
Propos recueillis par Julien Tarby et Jean-Baptiste Leprince
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