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n°12
CE
LUB nTREPREnDRE A la Une - Entrepreneurs de moins de 30 ans
Yoann Alarçon
créateur à 24 ans de Potager City, qui livre des paniers frais de
fruits et légumes de l’agriculture locale
« Ma jeunesse n’a jamais été un handicap »
©DR
Aujourd’hui à la tête d’une structure réalisant 2,5 millions changé et qui inspire un rapport plus cordial ? Je n’en
d’euros de chiffre d’affaires et affichant des ambitions de saurai jamais rien. »
diversification, Yoann Alarçon a gagné le pari qu’il s’était Car aujourd’hui, Yoann Alarçon ne fait plus figure d’entre-
lancé en 2007, lorsqu’il a créé Potager City. Alors âgé de 24 preneur « junior » en devenir, mais bel et bien de jeune
ans, le Lyonnais s’était fixé pour objectif de livrer des dirigeant ambitieux à la tête d’une entreprise en croissance.
paniers de fruits et de légumes extra frais issus de la « En très forte croissance même », glisse-t-il, rappelant au
production locale. Une idée, certes dans l’air du temps, passage que Potager City enregistre depuis plusieurs années
mais a priori peu susceptible de passionner un entrepreneuriat des progressions supérieures à 100%. Après avoir conquis
local plus volontiers tourné vers les métiers de l’industrie le marché lyonnais, il s’est lancé à l’assaut de nouvelles
chimique et métallurgique, de la santé et des nouvelles tech- terres de conquêtes. La région PACA, il y a deux ans, puis
nologies.
l’Île-de-France, l’année dernière. « A chaque fois, notre
stratégie est la même. Nous installons une base d’approvi- « J’ai été très agréablement surpris de constater que mon
sionnement, qui peut servir des clients dans un rayon de projet intéressait les chefs d’entreprise de la région lyonnaise,
100 à 150 kilomètres. Ainsi la plateforme de Saint-Quentin avoue-t-il. Plusieurs d’entre eux m’ont accordé un peu de
Fallavier, dédiée au marché lyonnais à l’origine, livre éga- leur temps pour discuter du modèle économique, voire pour
lement Annecy depuis le 15 juin. Celle de Cavaillon, qui est glisser quelques conseils, mais sans aucune condescendance.
tournée vers Marseille, servira également la région toulonnaise Je n’ai jamais eu le sentiment d’être face à des gens qui se
très prochainement. » tenaient en donneurs de leçons. C’était plutôt bienveillant.
A aucun moment, en tout cas, ma jeunesse ne m’est apparue L’appétit venant en mangeant, Potager City ouvrira une pla-
.
comme un handicap lorsque je me trouvais en face d’eux. » teforme à Agen avant la fin de l’année, pour approvisionner
Son discours est en revanche moins positif lorsqu’il évoque les agglomérations toulousaine et bordelaise. « Dans le
les rapports qu’il a noués avec sa première banque. « Mon même temps, nous avons élargi notre offre, en proposant
conseiller n’est jamais venu dans l’entreprise. Je pense que des confitures réalisées à partir des produits de nos
le projet ne l’intéressait pas et qu’il n’y croyait pas du tout. producteurs locaux », indique Yoann Alarçon. Une nouvelle
» Un constat amer, qui l’a d’ailleurs amené à changer d’éta- diversification pourrait voir le jour avant la fin de l’année,
blissement bancaire depuis. « La relation est plus cordiale, plus spécifiquement dédiée aux bébés. Comme un clin d’œil
plus respectueuse également. Maintenant, est-ce que le aux jeunes années de Potager City.
changement vient de la banque ou est-ce mon statut qui a
J.D
Bastien Deloge
fondateur et gérant de BP Prothèses, laboratoire de prothèses dentaires et
ancien formateur en Centre de formation des apprentis (CFA)
©DR
« Six mois seulement entre le diplôme et l'ouverture du labo »
Fils d'entrepreneur, Bastien Deloge, alors enfant, peignait méti- gérant s'autorise de nouveaux investissements, un scanner 3D
culeusement des soldats de plomb. Plus tard, après quelques an- d'une valeur de 20000 euros. Parallèlement, Bastien Deloge
nées d'errance en études d’informatique à l'université de adhère à une coopérative (Coopérative Technologies Dentaires)
Valenciennes,lejeunenordistedécideà21ansdemettresami- n lucratif, basée à Rouen, en apportant 2000 euros à son
àbutno
nutie au service de l'artisanat et de la prothèse dentaire. Une vo- .
capital. Une manière de structurer la filière et de fédérer une pro-
cation qui s'est accompagnée d'un souhait vivace fession malmenée par la mondialisation et la réglementation : «
d'indépendance. « J'ai créé ma structure en février 2009. La ges- Malgré des débuts très encourageants, la conjoncture est inquié-
tation du projet a pris six mois entre mon diplôme et l'ouverture tante. En dix ans presque la moitié des labos ont fermé en raison
du laboratoire. Le plus dur ? Très classiquement l’obtention des d'une concurrence forte du Maghreb, de l'Asie et des pays de
financements. J'avais besoin de 60000 euros pour acheter l'en- l'Est. Et comment s'assurer de la qualité du produit, une fois fi-
semble des machines de production. D'autant qu'à l'époque, nalisé ? Des progrès restent à réaliser malgré une réglementation
j'avais également des projets immobiliers. » Grâce à une pro- exigeant des certificats de provenance et de composition des pro-
messe de chiffre d'affaires réalisé par un dentiste et des parents duits. »
qui se portent caution du projet, le jeune prothésiste se lance dans
l'entrepreneuriat à 25 ans. Les chiffres sont encourageants et BP
Prothèses se développe, son CA se haussant de 400% depuis sa G.F
création. Sylvain Hecq, ancien collègue et sa compagne Elodie
Brutsaert rejoignent le laboratoire quelques années plus tard. Le
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