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rappelle Jean-Louis carvès, responsable de la Mission handicap chez IBM France. Je répète souvent cet adage, pour rappeler que nous ne faisons rien sans en parler d’abord avec la première personne
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secret médical. « Nous n’avons pas de protocole bien défini, parce que nous nous adaptons en fonction des salariés, indique Vé- ronique Guillet. Nous avons une personne dédiée à la thématique du handi-
Carrières & Talents - RSE (responsabilité sociétale des entreprises) RH & FoRMaTIon le souhaite auprès des
Après une sitcom, Generali a produit une websérie mettant en scène des collaborateurs dans des situations de handicap
équipes sur son handi- cap. » Être à l’écoute des personnes concernées sem- ble donc être le maître- mot de la réussite d’une intégration. Une réussite qui passe aussi par les bons
concernée. » Le travailleur handicapé nouvellement embauché doit en effet être le premier intéressé aux démarches que l’entreprise pourrait mettre en place. D’abord parce que le sa- larié n’est pas obligé de mentionner son handicap, même à son employeur. S’il le fait, l’employeur doit se contenter de lui po- ser des questions sur les contraintes que peut en- traîner son handicap dans le milieu professionnel, pour ne pas outrepasser le
cap pour couvrir notre ré- gion. Le premier travail de cette personne et des recruteurs est de rencontrer le salarié pour entendre ses besoins. Souvent, les salariés ne souhaitent pas être stigmatisés, donc nous mettons en place les for- mations ou les aménage- ments dont il a besoin tout en respectant ses de- mandes. Dans 80% des cas, aucun aménagement spécifique n’est nécessaire. Nous laissons la personne communiquer comme elle
partenaires. Les entreprises, y compris celles qui sont structurées en interne, ont besoin des conseils et de l’appui de partenaires pro- fessionnels. « Le rôle de la Direction Diversité et Emploi, et notamment du Pôle d’insertion des tra- vailleurs handicapés, est aussi de coordonner le ré- seau d’acteurs qui travail- lent avec nous, précise Flo- rence Déchelette, respon- sable Diversité chez Ge- nerali France. Nous répar- tissons les rôles en interne,
Jean-Claude n’a pas voulu parler de sa surdité à son boss. Ce qui donne lieu à quelques incom- préhensions...
prises ne remplissant aucune action en faveur
de l’emploi des personnes handicapées
étaient des PME. « Les petites structures
sont en effet un peu absentes de la dyna-
mique, note Eric Blanchet, directeur général
de LADAPT. Elles ne peuvent pas se doter
d’une mission handicap en interne, et ont
moins de ressources à consacrer à ce poste.
Cependant, LADAPT compte bien s’emparer de ce sujet, et a commencé par mener une étude auprès des PME pour com- prendre leurs problématiques. Il apparaît que pour de nombreux dirigeants, l’emploi d’une personne handicapée semble impossible, du fait notamment des démarches administratives compliquées, et des informations peu claires dont elles disposent. Nous avons donc un travail important de communication à faire, et nous militons pour une simplification des démarches. Dans les années à venir, notre défi sera d’allier les PME à la cause de l’intégration des travailleurs handicapés. » Cependant, toutes les PME ne sont pas à la traîne, et certaines ont su contourner les obstacles. C’est le cas de ce patron de brasserie, à Saint- Etienne : « Bien sûr, dans les métiers de la restauration, nous ne pouvons pas accueillir tous les handicaps, indique Philippe
que la contribution que nous versions à l’Agefiph pouvait être mieux utilisée. » Après un premier essai transformé, l’entreprise a depuis embauché trois personnes handicapées. La mise en place d’un système de tutorat a par exemple permis de faciliter l’intégration d’une personne à son poste. Oumar Kane, qui travaille dans la communication pour IBM France, est un salarié handicapé bien intégré grâce à l’organisation du groupe. « Mais j’ai travaillé auparavant dans une entreprise de 40 per- sonnes, à Bordeaux, où la politique d’insertion des travailleurs handicapés n’existait pas avant mon arrivée. Ils ne connaissaient pas le handicap, mais ils se sont adaptés, et ils ont mis en place un accompagnement par l’intermédiaire du chef de service. Si elle a la volonté d’avancer, une PME trouvera les solutions. » Comme souvent, ce qui fait peur, c’est ce qu’on ne connait pas.
En 2013, 90% des entreprises ne remplissant aucune action en faveur de l’emploi des personnes handicapées étaient des PME
avec les services généraux pour la fourniture de ma- tériel, les relations hu- maines pour l’accompa- gnement, la Santé au tra- vail pour les préconisa- tions, etc. Et nous nous appuyons également sur des partenaires externes : une psychologue du travail,
mais aussi des ergonomes ou des prestataires spécia- lisés, en fonction des be- soins. Ce réseau nous per- met de trouver des solu- tions pour accompagner au mieux nos collabora- teurs. » Si le salarié doit être installé correctement sur son poste de travail,
avec les aménagements né- cessaires, les équipes qui l’entourent, et notamment le management, ne doivent pas être oubliés. Si le sa- larié l’accepte, et si un be- soin se fait sentir, une ac- tion de sensibilisation peut être intéressante auprès des équipes, tandis que pour
Pour les grands groupes, il semble facile de mettre en place une politique de recrutement de travailleurs handicapés, à condition d’y mettre les moyens. Les grandes entreprises ont en effet la possibilité de se structurer, et de mettre les ressources nécessaires à la disposition de la société pour favoriser l’embauche, puis l’accompagnement de l’intégration de ces salariés. Du côté des PME, il est plus difficile de mettre en œuvre une véritable politique d’intégration, et on y va plutôt au coup par coup. En 2013, 90% des entre-
PME
Mur des formalités et méconnaissance
Bedoin, directeur du restaurant. Quand on parle de handicap, les gens imaginent un fauteuil roulant, alors que les handicaps sont très divers, et pas forcément visibles. » Après avoir été réticent à l’emploi de personnes handicapées, Hubert Derai, président de HD Assurances à Ivry-sur-Seine, témoigne désormais à l’Agefiph : « Jusqu’en 2005, j’étais convaincu que les travailleurs handicapés n’étaient pas des collaborateurs «comme les autres». Puis un conseiller Cap Emploi m’a fait observer
C’est pourquoi certaines PME ont parfois des réticences à se lancer dans le recrutement de personnes handicapées. « Les entreprises ne sont pas fermées, mais le frein principal, c’est la méconnaissance », note Brigitte Delisle, chargée de mission handicap pour l’entreprise de travail temporaire Synergie. « Certaines préfèrent payer la contribution Agefiph car le re- crutement d’une personne handicapée pose des difficultés techniques. Pourtant, il n’existe pas de problème insoluble, il
suffit de trouver la bonne personne. De nombreux tra- vailleurs doivent changer de voie au cours de leur carrière pour cause de maladie professionnelle ou de handicap. Il existe donc forcément une personne qui correspond aux besoins d’une entreprise, il suffit de bien déterminer le profil recherché. » LADAPT dispose d’un service dédié aux entreprises pour les accompagner dans leurs dé- marches. Via le Réseau des réussites, elle accompagne également les demandeurs d’emploi handicapés, qui
sont suivis par des bénévoles. Lorsqu’elles souhaitent entrer dans la démarche, les entreprises peuvent s’adresser à plusieurs services : LADAPT, mais aussi les services mis à disposition par l’Agefiph et ses partenaires, via les conseillers Alther, le réseau Cap Emploi pour le recrutement ou le réseau Sameth pour les démarches de maintien dans l’emploi lorsque le handicap d’un salarié survient. Des aides sont également possibles pour les entreprises qui recrutent des personnes handicapées. Prime à l’insertion, prime initiative emploi, aides à l’apprentissage et au contrat de professionnalisation, subvention à l’embauche pour un travailleur handicapé issu d’une entreprise adaptée ou d’un ESAT, aide au tutorat ou encore aide à l’adaptation des si- tuations de travail, sont autant de financements que les entreprises, petites ou grandes, peuvent mobiliser.
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