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n°36
cLUB EnTREPREnDRE Créer aujourd’hui - Les diverses formes de rémunération dans les start-up
que proposent souvent les conseils régionaux. « Avant de recruter un ingénieur, il existe des
bastien chaillot. Finalement, quelle que soit la stratégie du star- tupper pour dénicher
Une question d’équili- bre économique. Et puis, pour le fondateur d’abisko : « Vis-à-vis
Un salaire plus bas que la moyenne pourra
être compensé par une faible part de ca.
pital, rémunération variable
une prime de fin d'année ou une
au collaborateur d’ache- ter des actions de la so- ciété et de les revendre avec une belle plus-va- lue si celle-ci prend de la valeur. contrairement aux BSa, ils ne peuvent être cédés. « Je vais choisir de donner des BSPCE aux salariés- clés pour compenser le risque qu’ils prennent et l’incertitude quant à
responsable industriel, la personne qui est en charge de réaliser les premiers prototypes. « Le BSPCE est un outil très intéressant qui per- met aussi de fidéliser les talents. Mais on ne peut pas en donner à tout le monde. »
Certains ont d'autres atouts pour retenir les jeunes talents...
(cIFRE) qui subven- tionnent toute entreprise embauchant un docto- rant si celui-ci s’inscrit dans une collaboration de recherche avec un laboratoire public. Les cIFRE sont intégrale- ment financées par le ministère de l’Ensei- gnement supérieur et de la recherche. « Nous y avons eu recours à
sur son projet sans em- pas se rémunérer lui-
baucher tout de suite », même tant que le point
note, par exemple, Sé- mort n’est pas atteint. Yann Petiteaux
Une majorité de salariés accepte d'être payée en-dessous des prix du marché en échange d'une plus grande liberté dans le travail
aides destinées à finan- des compétences au des collaborateurs, ne cer le travail d’un bu- moindre coût, la règle pas se payer est la reau d’études externe, d’or reste la même quoi preuve que vous y ce qui permet d’avancer qu’il arrive : il ne doit croyez. »
Le bon timing de l’embauche
La levée de fonds non essentielle
Pour les start-up du sec- teur scientifique, d’au- tres solutions sont dis-
Créer un premier emploi n'est pas un acte anodin. Pour un créateur d'entreprise, c'est même une véritable prise de risque. C'est la raison pour laquelle certains ont tendance à attendre le plus longtemps possible avant de franchir cette étape. « Pour un porteur de projet qui crée pour la première fois et n'a jamais été dirigeant, l'embauche d'un premier salarié arrive souvent tard, constate Sébastien Chaillot. C'est généralement pour des raisons psychologiques. Quelqu'un qui n'est pas un serial entrepreneur fait souvent preuve d'un mix entre prudence et ques- tionnement sur sa propre légitimité. Et cer- tains ne veulent pas créer de poste parce qu'ils n'osent pas proposer un salaire bas. » Se pose alors la question fatale : faut-il at- tendre d'avoir levé des fonds pour embau- cher ? « Heureusement non, affirme Sé- bastien Chaillot. Il existe aujourd'hui de nombreux dispositifs (BPI, Régions...) qui permettent aux start-up d'avoir un peu d'argent. La levée de fonds n'est pas une fin en soi. C'est vrai qu'il y a autour de cer-
tains startuppers un phénomène de rock- starisation, mais on peut très bien faire de la musique sans être les Beatles ! D'autant que faire entrer des investisseurs signifie souvent perte de flexibilité et reportings réguliers. Ce n'est pas forcément facile à gérer. » Fin 2014, Sébastien Chaillot a créé la boutique en ligne lesraffineurs.com. Au- jourd'hui, celle-ci emploie cinq collaborateurs sans avoir fait la moindre levée de fonds. « Pour moi, il faut d'abord générer du chiffre d'affaires avant d'aller chercher des fonds, juge Mehdi Coly. Mais tout dépend du business model. Il y a des activités où l'on ne peut pas générer du chiffre sans avoir d'abord recruté des salariés. Fabrice Romano avertit pour sa part : “On ne peut pas embaucher si l'on n'a pas la garantie d'avoir des fonds. Lors de la création de ma première société, je suis resté longtemps seul. J'ai dû embaucher après une première grosse commande, puis au fur et à mesure du développement de l'entreprise.” »
l’avenir de l’entreprise, explique Fabrice Ro- mano. L’argument de l’aventure start-up c’est bien, mais ce n’est pas cela qui vous paie vos courses ! » Le dirigeant de Keranova en a no- tamment attribué à son
ponibles. Il existe no- tamment des dispositifs fiscaux permettant d’embaucher des jeunes docteurs en cDI. on peut mentionner égale- ment les conventions industrielles de forma- tion par la recherche
deux reprises avec Eye tech care, souligne Fa- brice Romano. Cela ne coûte rien à l’entre- prise. » Le porteur de projet peut également se renseigner sur les aides à l’embauche ou les aides à l’innovation
40 Déc. Jan. 2017

