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International - L’avenir « Trumpien » si les promesses sont tenues PanoRaMa Analyse d'une problématique transversale qui concerne plusieurs pays et interpelle la rédaction,
« Make america crazy again ! »
Et si le vibrionnant candidat adepte des déclarations à l’emporte-pièce était son vrai visage ?
«I
président », écrit dans le New York Times Richard W. Painter, ancien conseiller de la Maison Blanche sous George W. Bush. Méthode coué ? Toujours est-il que celui qui a voté pour Hillary clinton à cette élection est des plus optimistes, arguant que le milliardaire, doué en affaires, reste intelligent et que la plupart des mesures qu’il a promises durant la campagne n’ont aucun sens. Mais si Donald Trump tenait parole ? Il lui faudra bien contenter d’une manière ou d’une autre ses électeurs des campagnes et de la Rust Belt – cette “ceinture de la rouille” désindustrialisée du nord-est des états-Unis qui se sentait exclue par l’esta- blishment politique.
Voilà ce qui pourrait survenir.
« ces gens à problèmes, vio- leurs, qui ramènent de la drogue et du crime ». outre cet ouvrage de 10 mètres de hauteur – une bonne moyenne, alors que ses dis- cours l’ont fait osciller de 9 à 20 mètres –, le 45ème Pré- sident met bien fin au droit du sol, ce qui l’oblige à mo- difier la constitution des Etats-Unis. Il bannit tempo-
l est possible pour Trump d’être un bon
ISOLATIONNISME ÉCONOMIQUE ET COMMERCIAL EXACERBÉ
L’armée américaine – rendue encore plus puissante pour que « personne n’ose venir nous chercher » – coupe les ressources des djihadistes en faisant exploser les ins- tallations pétrolières de la région pour lutter contre le
par les Etats-Unis, « pas as- sez justes ». Des consé- quences ? Un conflit per- manent avec les instances de l’oMc, des mesures de rétorsion de la part des par- tenaires en souffrance comme l’allemagne ou les émergents, et une dévalua- tion du yuan par la chine. c’est le début d’une guerre des monnaies nuisible à
limiter le carcan
des régulations,
en particulier
celles établies par
l’EPa, l’agence de protection de l’en- vironnement. au-
tant de décisions
qu’il cherche à fi-
nancer par la crois-
sance, qui se révèle beaucoup moins im- portante que les 6%
( !) souhaités initia- lement. De même la hausse des dépenses
dans les infrastructures apporte un regain de croissance de court terme, qui ne dure pas.
Le pays s’endette donc dangereusement, beau- coup plus que les « 105% duPIBen2026»qu’ila prévus. Il se débarrasse enfin de “l’obamacare”, la réforme du système de santé portée par son prédécesseur. Il en- courage une plus grande concurrence entre les assu- rances santé, afin de faire baisser les prix, et permet à chacun de mettre de l’argent sur des “comptes épargne” consacrés aux dépenses de santé. Quant à ceux qui ne sont pas capables de financer
choisi en toute subjectivité
Un conflit avec l’OMC, des mesures de rétorsion de la part des partenaires, une dévaluation du yuan, une guerre des monnaies...
Le monde peut-il s’en sortir avec un Oncle Sam un peu dérangé ?
leur couver- ture... cette politique est proche du keynésianisme, avec des baisses d’impôts,
SÉVÉRITÉ EXTRÊME QUANT À L’IMMI- GRATION
Le nouvel élu ferme le pays à double tour. Il achève son mur tout le long de la fron- tière avec le Mexique pour empêcher les hordes d’im- migrés clandestins de passer,
une hausse d.
un déficit colossal. Mais aussi reaganienne, avec une poli- tique de l’offre et un soutien aux entreprises... Un blocage des échanges au niveau mon- dial et des incertitudes in- ternes qui pourraient inquiéter les marchés, et profiter... au cours de l’or.
rairement les musulmans étrangers, et suspend l’entrée sur le sol américain des per- sonnes venues « des régions les plus dangereuses du monde qui ont un passif dans l’exportation du terrorisme ». Il expulse 11 millions de sans-papiers comme prévu, ce qui a de graves consé- quences sur l’emploi. Il gé- néralise aussi l’usage de la plateforme E-Verify, censée permettre aux employeurs potentiels de vérifier le statut migratoire d’un candidat à un emploi, ou de mieux sur- veiller les détenteurs de visa.
groupe Etat islamique. après avoir déclenché une catas- trophe naturelle et écono- mique pour les pays du Moyen-orient, l’armée se retire, et ne s’attèle plus qu’à protéger les compagnies pé- trolières américaines qui y ont repris leur activité. De quoi préparer une génération encore plus importante de fous de dieu... c’est le grand retour de l’isolationnisme, qui était passé de mode après la guerre, et du protection- nisme, avec une remise en cause de la plupart des ac- cords de libre-échange signés
l’économie mondiale, avec des dévaluations en cascade qui ont pour conséquence une mauvaise inflation.
LIBÉRALISME ET ENDETTEMENT Donald Trump simplifie comme promis le code des impôts, opère un coup de rabot pour les sociétés, taxées au maximum à 15%, contre 35% avant son arrivée. Il li- mite le taux maximal d’im- position à 33% pour les plus riches et exonère d’impôt sur le revenu davantage de foyers. Il s’attache aussi à
e la dépense,
Le Président va-t-il tenir les promesses du candidat ?
Il en tiendra quelques unes, mais certaines sont contradictoires. Il a été clair sur sa re- négociation des accords de libre échange ou sur ses tarifs douaniers, il l’a été beaucoup moins en termes d’immigration ou de relations avec le reste du monde. Son premier discours indique que le propos est édulcoré et qu’il mènera une politique républicaine plutôt classique, mettant l’ac- cent sur le régalien, la sécurité, la défense et le retrait de l’armée où les intérêts vitaux des Etats-Unis ne sont pas en jeu. Un mouvement que Barack Obama avait commencé. C’est aussi la fin des interven-
tions humanitaires, comme au Darfour ou en Haïti.
Ne vit-on pas un sombre retour en arrière d’isolationnisme et de pro- tectionnisme ?
Attention il ne s’agit pas des années 20. Il n’est pas concevable pour un des pre- miers exportateurs mondiaux de déclencher un mouvement de cette ampleur. L’inter- dépendance financière et les obligations de remboursement de la dette empêchent d’aller trop loin. Et le plan d’investissement keynésien de 1000 milliards de dollars dans les infrastructures ferroviaires et routières devra bien être financé. En 82-
83 Reagan s’était lancé dans une course à l’armement en creusant le déficit bud- gétaire. Trump ne dispose pas de ce levier, le pays étant déjà endetté à 100% du PIB. Et ses promesses l’empêchent d’aug- menter les impôts. Il reste un entrepreneur, pragmatique, pas idéologique ou théoricien pour un sou, qui agira selon les circons- tances. Trump va satisfaire ses électeurs sur des mesures secondaires, remettant par exemple en cause l’accord de Paris. Mais il ne pourra appliquer ce qu’il a dit en matière d’immigration illégale par exemple. Les milieux économiques ne s’y sont pas trompés, il restera un président pro-business.
Avis d’expert : François Lafargue, professeur de géopolitique à Paris School of business
« Un pragmatique pro-business malgré tout »
Julien Tarby
S’il reste un président républicain classique, pourquoi un tel
« Trump bashing » en France ?
Certaines de ses mesures, comme la remise en cause de l’Otan, nous effraient. Mais il a quand même des racines européennes, sa mère est écossaise, sa femme slovène. Et nous sommes toujours très critiques avec les Américains, Carter était le planteur de cacahuètes, Reagan l’acteur, Clinton le joueur de saxophone... Nous attendons généralement un intellectuel qui a fait l’ENA. Les Américains attendent surtout un leader charismatique.
Propos recueillis par JT
Déc. Jan. 2017
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