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n°36
PanoRaMa Hexagone - Le fait religieux en entreprise
Dans chaque numéro EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l'actualité française,
Le pragmatisme sans la maladresse
afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)
a Difficile pour certains managers d'appréhender avec justesse les cas « borderline » à la limite de l'intégrisme. agir avec courage et fermeté, sans céder aux amalgames...
près la polémique des demandes managériales l’oFRE. En revanche – et gérer avec justesse de tels de demandes ayant trait au tutifs de faute grave », in- du burkini de l’été classiques », commente c’est là où le bât blesse – conflits en évitant toute ma- savoir managérial classique, dique Eric Rocheblave, dernier, place à Laurent Morestain, secré- les 9% de cas conflictuels, ladresse, ou pire encore, les la connaissance approfondie avocat en droit social, en
celle des crèches de noël taire général du groupe certes minoritaires, ont lar- amalgames ? « Cela sup- du cadre légal s’impose bien citant un arrêt de jurispru-
dans les mairies. alors que les crispations identitaires – surtout autour de la reli- gion – rythment le quotidien des Français, force est de constater qu’un tel phéno- mène est loin d’épargner le monde de l’entreprise. De- mande d’absence, aména- gement du temps de travail... le fait religieux se taille une place tout aussi forte au bu- reau. Pour preuve : l’infla- tion de guides de bonnes pratiques édités par le mi- nistère du Travail, certains syndicats... pour déminer les tensions croissantes au- tour de la religion en entre- prise. « Le fait religieux au travail est une réalité que rencontrent de plus en plus nos équipes. En progression, ces manifestations restent heureusement peu fré- quentes dans l’ensemble et ne génèrent pas de conflits. Mais certains situations – comme le refus de mixité – percutent nos représenta- tions et nos valeurs », écrit d’emblée Laurent Berger, secrétaire général de la cFDT dans un guide du syndicat publié fin 2015.
De quels moyens le manager éclairé dispose-t-il pour faire face à l'obscurantisme ?
dence du 31 mai 2016 de la cour d’appel de Douai. alors que l’entreprise n’échappe plus à la politi- sation croissante du reli- gieux, « on voit bien que face à un tel phénomène grandissant au travail, c’est bien la place des religions en général dans la société qui se pose », souligne Lio- nel Honoré. Preuve en est avec l’imbroglio judiciaire des derniers mois sur la présence des crèches de noël dans les mairies, suite à deux arrêts diamétrale- ment opposés rendus par deux cours administratives d’appel et – in fine – leur autorisation « sous condi- tions » par le conseil d’Etat. Un vaste sujet tout aussi sulfureux chez les politiques de droite comme de gauche. ainsi, un article déjà polémique de la future loi Travail prévoit que le règlement intérieur des en- treprises puisse « contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifesta- tion des convictions des salariés ». Faut-il vraiment légiférer en la matière au risque de créer, plus encore, de clivages ? 65% des sa- lariés français y sont op- posés, d’après l’étude Randstad/oFRE, se décla- rant plus ouverts à des ré- ponses au cas par cas aux demandes des collabora-
10% DE MANAGERS DÉPASSÉS
La dernière étude de l’ins- titut Randstad et de l’ob- servatoire du fait religieux en entreprise (oFRE), parue en septembre 2016, confirme un tel constat : près des deux tiers des sa- lariés ont observé cette an- née plusieurs manifestations du fait religieux, contre 50% en 2015. ainsi, pour la pre- mière fois en quatre ans, la part des managers rencon- trant régulièrement le fait religieux au travail est ma- joritaire. « C’est la preuve de la banalisation de la place de la religion au bu- reau, qui intègre le registre
QUELLE LIBERTÉ RELIGIEUSE ?
autant de situations pro- blématiques – prosélytisme, refus de travailler avec une femme, de réaliser certaines tâches, etc. – qui donnent du fil à retordre à certains managers. « 10 à 12% d’en- tre eux se disent totalement dépassés par ces revendi- cations, signe que ce pro-
CLIMAT DE REPLI
Randstad France tout en rappelant que « les cas conflictuels représentent toujours moins d’un fait re- ligieux au travail sur dix ». En effet, dans 91% des cas, ces convictions religieuses au bureau – qui concernent à 99% l’islam – « s’expri- ment par des requêtes et pratiques personnelles qui n’entravent pas le travail, comme les demandes d’ab- sence pour une fête reli- gieuse ou d’aménagement
gement grimpé en trois ans (équivalent à 2% en 2013).
pose d’agir avec courage et fermeté face aux cas inac- ceptables, mais aussi de faire preuve de pragma- tisme, d’ouverture d’esprit et de respect des personnes pour résoudre de manière apaisée des situations qui, au quotidien, sont encore peu conflictuelles », estime Lionel Honoré, pour qui « la première question qu’un manager doit se poser face à l’affirmation d’une pra- tique religieuse d’un colla-
sûr comme un prérequis de taille. car en effet, a contra- rio des services publics, les sociétés privées ne sont pas tenues à l’obligation de laï- cité et de neutralité, la seule limite à la liberté religieuse de leurs employés étant le « trouble objectif » au bon fonctionnement de l’entre- prise.
La seule limite à la liberté religieuse est le « trouble objectif » au bon fonctionnement de l'entreprise
teurs, plut.
tralité religieuse imposée par la direction. Pas sûr que cette position mesurée suffise à convaincre face au climat actuel de repli et à la surenchère politique qui en découle, avec l’échéance présidentielle de 2017...
on l’aura compris, le port du voile dans une start-up
ôt qu’à une neu-
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Déc. Jan. 2017
du temps de travail, le port blème de fond – au-delà borateur est de savoir si n’est en rien contraire à la de signes ostentatoires et des polémiques ambiantes cela nuit à la bonne réali- loi. « En revanche, les abus les prières pendant les – pose question dans l’en- sation du travail et au vi- du droit d’expression dans pauses », détaille Lionel treprise et doit donc être vre-ensemble dans l’entre- l’entreprise prenant la Honoré, professeur à l’uni- pris à bras-le-corps par le prise ». Pour faire la diffé- forme d’actes de prosély- versité de la Polynésie Fran- management », analyse le rence entre ce qui relève tisme sur d’autres salariés çaise et directeur de chercheur. Mais comment du radicalisme religieux et sont manifestement consti-
Charles Cohen


































































































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