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uLocomotive industrielle
Régions & Territoires - Bourgogne Franche-Comté PanoRaMa
a l’heure où les sujets industriels de l’Hexagone sont régulièrement évoqués sous l’angle du déclin, la Bourgogne Franche-comté prend des allures de champion du domaine. Elle se classe au premier rang national de la part des emplois en la matière avec 17,3%. certaines activités spécifiques correspondent véritablement à l’identité que le territoire s’est forgée au fil du temps. La métallurgie et les productions associées représentent 34000 emplois salariés, la fabrication de matériels de transport plus
de 27000, l’agroalimentaire plus de 25000. Les produits plastiques, en caoutchouc et d’autres matériaux non métalliques font travailler quelque 19000 personnes. au total, ces quatre secteurs assurent 56% de l’emploi industriel régional. « Il est vrai que notre potentiel dans ce domaine est supérieur à d’autres régions, notamment en raison d’implantations importantes sur des sites du Creusot ou encore autour de Dijon », souligne Jean-claude Lagrange. L’énergie et ses nouvelles orientations d’avenir jouent également un rôle crucial. Le chimiste Solvay, situé à Tavaux-Dole, le groupe automobile PSa, à Sochaux et Vesoul, le groupe Bel, spécialiste des produits laitiers et producteur des marques à succès La vache qui rit, Mini Babybel, Kiri, Leerdammer et Boursin, à Dole et Lons-le-Saunier, sont quelques-uns des acteurs de poids. Signe de l’importance de ces filières, la région s’est dotée de cinq pôles de compétitivité destinés à accompagner leur développement. En plus de celui consacré aux microtechniques, les pôles Vitagora, dédiés au bien-être par l’alimen- tation, Plastipolis, spécialiste de la plasturgie, Véhicules du futur, interlocuteur de choix en matière d’innovations relatives aux véhicules et à la mobilité, et le Pôle nucléaire de Bourgogne, sont de plus en plus connus au-delà des frontières. La visibilité de ces secteurs phares sera d’autant plus forte si les travaux se font main dans la main entre les territoires, comme l’indique Bernard Echalier, président
de la ccI de Saône-et-Loire : « Il ne s’agit pas de brûler du jour au lendemain les actions réalisées par le passé, mais au contraire de capitaliser sur notre connaissance
et notre expérience du terrain ».
uQuand Grand Besançon rime avec
uDijon renouvelle son image
Et si la capitale bourguignonne devenait aussi célèbre pour son pain brioché hyperprotéique que pour sa moutarde ? L’une des grandes innovations locales du domaine de l’alimentation-santé, appelée G-nutri- tion, concentre de nombreux espoirs. « L’idée part d’un constat simple : environ 70% des personnes dans les maisons de retraite sont en situation de dénutrition sur le plan protéique. Créer un aliment enrichi
haute précision
La technopole TEMIS (Technopole microtechnique et scientifique) et le pôle TEMIS Santé concentrent une grande partie des initiatives d’avenir bisontines. Une des priorités est le développement des collaborations relatives aux activités de haute précision qui sont lar- gement orientées vers l’ingénierie des micro-systèmes, les technologies de microfabrication. « Le savoir-faire historique relatif à l’industrie horlogère ainsi qu’à la miniaturisation des systèmes fonctionnels explique cette spécialisation actuelle, indique Bruno Favier, di- recteur de la technopole. Parallèlement à ces compé- tences à l’origine de bon nombre de dispositifs médicaux innovants, les projets portent sur des do- maines d’excellence liés au diagnostic in vitro, à la robotique ou encore à l’automatisation des process de bioproduction. »
dans ce domaine, en utilisant un produit de consommation quotidienne – le pain – se présentait alors comme une solution pertinente », confie François-andré allaert, président de Dijon Développement. ce projet est le fruit de travaux menés par les équipes R&D de cérélab, une so- ciété créée par le groupe Dijon céréales et Eurogerm, dans le cadre du programme Farine +, inscrit dans le pôle de compétitivité local Vitagora. « C’est une illustration des développements de notre territoire en ma- tière d’alimentation-santé, un des fers de lance régionaux », souligne François-andré allaert.
De nombreux projets ont vu le jour récemment dans le but d’offrir de bonnes condi- tions d’implantation aux entre- prises et laboratoires œuvrant dans le domaine des dispositifs médicaux, des biotechnologies, de la santé et de la e-santé. Le projet BioInnovation a officielle- ment été lancé cette année, avec pour but d’élargir encore l’offre et rapprocher les savoir-faire et spécialités. En plus des espaces d’accueil d’entreprises, ce bâtiment de 2500 mètres carrés doit représenter un système complet de plate- formes technologiques (biologie moléculaire, cytomé- trie...). Il regroupera différents types de centres de ressources biologiques, de laboratoires permettant de travailler sur des cellules immunologiques, hémato- poïétiques, des cellules souches, ainsi que les données
tionner au mieux sur ce créneau à l’avenir, l’agglomération a créé un colloque national qu’elle accueille désormais chaque année. Une orientation qui pourrait faire de la ville un des territoires de référence en la matière, d’autant que la Haute autorité de santé (HaS) envisage très sérieusement la possibilité de faire rembourser certains produits de ce type par l’assurance Maladie en raison de leur bénéfice non négligeable. certains acteurs locaux comme Protéor, spécialisé dans les pro- thèses connectées, recèlent un fort potentiel. François-andré allaert souligne « qu’en matière de dispositifs médicaux, des synergies sont envisageables avec Besançon, qui s’intéresse également à la question, même s’il s’agit de volets différents. Le rapprochement territorial entre Bourgogne et Franche-Comté ne peut que favoriser les collaborations et améliorer la lisibilité de notre offre vis-à-vis des entreprises extérieures désireuses de s’implanter ». Des sociétés canadiennes et coréennes ont d’ores et déjà fait part de leur in-
Dijon mise également sur les objets connectés en santé. Pour se posi-
statistiques du cHRU de Besançon.
L’entreprise alcis, hébergée dans le Bioparc de la technopole, est un symbole des projets collaboratifs locaux réussis. Grâce aux relations privilégiées entre- tenues avec le cHRU et la recherche médicale, elle met au point des dispositifs médicaux spécifiques pour le traitement de l’épilepsie par sonde intra-cérébrale profonde. Elle est également devenue le sous-traitant d’autres fabricants du secteur. autre exemple de suc- cès qui attire l’attention d’investisseurs, la société onefit Medical, née au sein de la technopole TEMIS. Son activité consiste à mettre en œuvre un guide de chirurgie orthopédique sur mesure, réalisé en 3D, sur la base de radios dont la particularité est la faiblesse des rayonnements et radiations émises par le système mis en place.
u Une puissance agricole
Bien sûr, la Bourgogne brille par son terroir d’exception. Ses vins
et fromages traversent continents et océans et garantissent par leur
renommée des années fastes à la filière. Bon nombre de profession-
nels se réjouissent déjà du regroupement sous une même bannière
des saveurs bourguignonnes et franc-comtoises. avec les vignobles
de Bourgogne et du Jura, la grande région comptabilise désormais
près d’une centaine d’aoc. Elle représente la quatrième région
française en matière de productions de la terre et d’élevage. Mais
le potentiel local ne repose pas seulement sur les savoir-faire sécu-
laires. L’innovation laisse présager de nouveaux relais de croissance.
Le pôle agronov, implanté sur le site de Bretenière, en côte d’or, fait à la fois figure de pépinière d’en- treprises, de centre de recherche et de centre de formation. Il est entièrement dédié à l’innovation agricole et vise à favoriser les synergies entre les acteurs du secteur, dans le but de faire de la région un territoire d’expertise en agro-écologie aussi propice que possible au développement d’entreprises. En septembre dernier, un accord cadre a été conclu entre les partenaires économiques, institutionnels et universitaires pour déterminer une feuille de route sur les cinq prochaines années. Les missions d’agronov s’articulent autour de trois catégories d’actions : la recherche et l’expérimentation qui doit faciliter l’émergence de nouvelles solutions pour l’agriculture, l’échange et la formation, afin de constituer une passerelle entre les savoir-faire et les compétences existantes et afin de faire collaborer les entreprises, le monde agricole et la recherche, ainsi qu’un volet économique qui se destine à l’accueil des start-up et sociétés déjà établies, qui ont vocation à s’engager dans une agriculture durable. « Les initiatives relatives aux cultures durables et à l’éco-environnement font partie des piliers de notre développement futur », rappelle François-andré allaert. Le site de la Bretenière du Grand Dijon, en bordure de l’Unité expérimentale de l’InRa, rassemble à ce jour un hôtel d’entreprises innovant, du foncier aménageable, des serres d’acclimatation et terrains d’expérimentation, ainsi que la Maison de l’agriculture.
térêt pour le potentiel dijonnais.
Déc. Jan. 2017
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