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n°34
cLUb eNtrePreNDre En immersion - L'Ecole de Guerre
Dans chaque numéro, un(e) journaliste d'EcoRéseau Business fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)
La crème de la crème Plongée dans la formation de l'élite des officiers, au cœur de Paris.
D evant moi, le champ de Mars, autrefois lieu des manœuvres d’entraine- ments, qui jouxte l’ecole Militaire, aujourd’hui sorte de petite ville dotée de son coiffeur, son maître tailleur, sa déchetterie, son service social, sa chapelle et son
Les arbitrages en matière de contenus seront d’abord réalisés par les élèves. « Tous sont allés au Mali, en Libye, en Afghanistan. Nous sommes très attentifs à leur expérience et à leur regard critique », continue l’officier aux trois étoiles. Un système de « retex » a ainsi été systématisé pour favoriser le partage de best practices.
rationnels à leur sortie dans un contexte complexe, mais nous les entraînons égale- ment à exercer pour leurs 20 prochaines années. C’est pourquoi, la culture géné- rale militaire et la mise en place d’opérations préva- lent dans notre école, pré- cise le général. La profes- sion des armes demeure vi- tale pour un pays. Ce sen- timent ressurgit davantage dans la conscience natio- nale aujourd’hui. L’épée est l’axe du monde, comme le disait de Gaulle », com- mente le directeur de l’ecole de Guerre tandis que deux bus approchent dans l’enceinte de cette der- nière. Aujourd’hui, ce sera les plages de Normandie, celles près de Sainte Mère l’eglise, qui ont connu le débarquement, en mode staff ride et histoire pour l’autre moitié de la promo- tion. Une des nombreuses sorties prévues avec l’école parmi d’autres, comme les rencontres avec des respon- sables de l’OtAN ou de l’Union européenne. Des sorties qui jalonnent un quotidien bien réglé : « La journée type se décompose en deux conférences le ma- tin et se poursuit en début d’après-midi par un de- briefing et une réunion afin de nourrir les prochaines conférences. Le reste de l’après-midi est consacré aux travaux de recherche », résume le colonel choutet, coordinateur de l’enseigne- ment. Nous empruntons les couloirs et visitons les bâ- timents qui nous font penser à un établissement supérieur comme les autres, à l’ex- ception des décorations mi- litaires, peintures et clichés qui nous rappellent la vo- cation du bâtiment qui de- puis le xVIIIe siècle forme les officiers avant même d’héberger l’ecole de
Geoffroy Framery
afin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiers
château...
Une fois patte blanche mon- trée au Pc Sécurité, un of- ficier m’invite à rentrer dans une berline et me conduit dans le bâtiment au sein duquel l’élite des officiers est formée. Nous passons devant différents bâtiments dont la vocation de caserne résonne encore. Les différents corps d’ar- mée sont encore gravés dans la pierre. entré dans le bâtiment, je rejoins un grand bureau, celui du di- recteur de l’école. Parquet, moulures et beau mobilier sont entourés de portraits du Maréchal Foch, du gé- néral Leclerc et du général Lyautey... L’institution souffle en 2016 ses 140 bougies ; sa création étant une nécessaire conséquence de la défaite de Sedan en 1870. La qualité des offi- ciers d’état major, lors de la chute du Second empire, avait été jugée médiocre. bienvenue.
© DR
La 24ème promotion de l’Ecole de guerre compte cette année 212 officiers-stagiaires de 65 pays
VALEURS HISTORIQUES, RISQUE IMMÉDIAT ET FUTUR DE L’ARMÉE
« Les stagiaires de guerre sont de la génération du 11-Septembre. Ils étaient en école au moment de ces événements. La nouveauté aujourd’hui réside dans le fait que cela se passe sur notre territoire. Le déve- loppement de compétences au sujet de la collaboration interministérielle est donc encore plus poussé. De même, avec les corps pré- fectoraux, la gendarmerie, les magistrats et les forces de police », vulgarise le général de reviers de Mauny. De nouveaux mo- dules sur la sécurité inté- rieure et la connaissance du monde judiciaire ont donc vu le jour ces dernières années.
Si l’état-major des armées a depuis longtemps fait le constat que les différentes crises actuelles recouvrent
L’EXECUTIVE MBA DE L’ARMÉE ?
« L’Ecole de Guerre est une école de formation in- terne des officiers. Ce pro- gramme d’un an est com- parable à un Executive MBA dans le civil : après une quinzaine d’années d’expérience, les officiers viennent se former à l’in- terarmées, l’interalliée et à l’interministériel. C’est aussi là que se fait la pre- mière sélection des hauts potentiels dans l’armée et de futurs officiers géné- raux », introduit le général de division de reviers de Mauny, directeur de l’école. 220 personnes d’une
DU CIVIL À L’ARMÉE, POUR CAPTER LES DER- NIÈRES TENDANCES L’ecole de Guerre entretient des liens permanents avec le civil, notamment pour
moyenne d’âge de 38 ans, recrutés par un concours ultra-sélectif , forment donc cette cohorte dont un tiers d’officiers étrangers de 64 nationalités différentes. Une formation de six mois avant la rentrée est proposée aux officiers dont la maîtrise de la langue est lacunaire, avant leur intégration. chaque officier a opéré dans des unités opération- nelles de son armée (air, terre, marine, gendarmerie, DGA, commissariat et di- rection des services). « Le but est de leur faire passer un cap. Aujourd’hui, la po- litique de défense ne se conçoit pas sans la dimen- sion interarmées, l’inter-
rationnel (projection sur un théâtre d’opérations, dé- ploiements d’une force... ).
de Guerre.
tous les modules sont tenus par des intervenants exté- rieurs. A ce titre, l’eSSec dispense un module de né- gociation. et au moment où se tient cet entretien, la moitié de la formation pour- suit un module tenu par Ivan Gavriloff, fondateur de Kaos consulting, pour développer la créativité et l’agilité des officiers et les amener à penser autrement. Un mémoire de recherche est également confié à chaque officier dans des disciplines telles que la géo- politique, l’histoire, la so- ciologie, les relations in- ternationales...
« L’important dans un
L’idée est de montrer com- ment se construit un outil de défense et comment le commander. Une autre par- tie du contenu souhaite faire des officiers de nouveaux stratèges et leaders en leur enseignant humanités et en affermissant de nouveaux savoir-être.
Formation opérationnelle, benchmark avec le civil, culture militaire actualisée, nouveaux savoir-être... Car le danger,
26 OctObre 2016
alliée, et l’interministé- rielle », situe le directeur de l’école.
Sortis de programme, les officiers embrasseront des postes de haut commande- ment à la croisée des ar- mées, des pays ou des mi- nistères. La formation de- meure de l’ordre de l’opé-
c’est d’avoir une guerre de retard
sourcer l’innovation et l’ex- contexte stratégique sans pertise. « Nous opérons un cesse mouvant est de trans- benchmark avec le milieu mettre les références péda- civil en matière de conduite gogiques les plus actuali- de projet, de gestion RH... sées. Le danger, c’est Les interactions sont nom- d’avoir une guerre de re- breuses. Nos officiers doi- tard. Nous multiplions les vent connaître le monde stages pour que les officiers dans sa complexité », pour- soient au plus près de la suit le directeur de l’ecole réalité », note le directeur.
une dimension globale et hybride qui exige agilité intellectuelle et adaptation, l’ecole de Guerre n’en de- meure pas moins une insti- tution historique qui conti- nue de perpétuer des valeurs ancrées depuis un siècle et demi. « Les officiers sont certes formés à devenir opé-
guerre.
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