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Interview croisée - Netatmo et Sunkey, start-up de surveillance cLUb eNtrePreNDre
seau entreprendre de la ccI de caen, une subven- tion du conseil régional et du Département, le tout pour un total d’environ 0,5 M€.
à partir du haut de filière, nous recherchons de po- tentiels acheteurs. Par exemple, dans la vidéo- protection, nous sollicitons les sociétés de vigiles, de gardiennage, mais nous ci- blons également le milieu du btP, qui est très inté- ressé par nos produits pour lutter contre les vols sur chantier ou réduire les risques d’accidents de tra- vail. Mais tout cela est très long.
plan du chef. La respon- sabilité entraine les colla- borateurs à faire les choses comme pour eux-mêmes. bien sûr, il y a toujours des échecs. chez Netatmo, nous avons 151 collabo- rateurs, quelle que soit la qualité du process de re- crutement, des erreurs de casting sont possibles. Des gens vont inévitablement fuir leur responsabilité et utiliser la délégation de compétence pour en faire le moins possible. Le bou- lot du patron est alors de les détecter le plus vite possible pour leur faire
le monde du travail. Les lois aident beaucoup les salariés mais peu est fait en faveur des patrons. Il faudrait davantage de sou- plesse dans les entrées et sorties de personnel et ré- duire les risques en matière de protection sociale. Au- jourd’hui, nous sommes pieds et poings liés ! La gestion du personnel n’est plus aussi libre qu’avant. Pour éviter les licencie- ments ou les arrêts maladie abusifs, il est donc essen- tiel de trouver du personnel fiable et de confiance, ce qui devient très difficile.
Comment percevez- vous l’environnement actuel en faveur des start-up en France ? FP : Il faut être très clair, les initiatives de commu- nication du gouvernement autour de la French tech ont eu un impact positif sur la population fran- çaise : le grand public ne voit plus désormais la création d’entreprise comme du parasitage mais
facilement accordées à des sociétés qui perdurent dans le temps, alors que cer- taines start-up aux projets mal réfléchis touchent des millions d’euros avant de péricliter au bout de quelques mois ! Globale- ment, les financements sont encore mal équilibrés et mal distribués : il fau- drait également les flécher davantage sur les entre- prises détentrices de bre- vets, afin de conserver leurs compétences en France.
Quelle est votre vision de l’échec ?
FP : cela arrive, bien sûr. Même si votre produit est génial, il est possible que personne ne l’achète. c’est arrivé à ceux qui ont créé leur première boîte avant l’explosion de la bulle In- ternet ou les attentats du 11-Septembre. Plein de belles boîtes ont disparu. Mais je n’aime pas le terme d’échec, car il im- plique un jugement de va- leur. Alors que ce n’est
Quelle est votre stratégie à l’export ? FP : Dans le métier du consumer electronic, il ne peut y avoir de business que global. Si notre ther- mostat est bon, il le sera partout dans le monde. Il faut donc naître global en se déployant très rapide- ment. Nous avons ainsi lancé notre première sta- tion météo personnelle dans 35 pays simultané- ment. Mais bien entendu, cela demande des fonds. SM : Nous prévoyons d’étendre progressivement notre présence à la France, puis, une fois la pose, le SAV et la formation maî- trisés, à l’europe et à l’in- ternational, où nous avons déjà des demandes en côte d’ Ivoire, aux emirats Arabes Unis ou en Angle- terre. Mais de notre côté, nous n’envisageons pas de stratégie directe à l’in- ternational : il s’agit d’un choix personnel, mais qui présente, selon moi, des risques énormes au niveau
Quelle est votre communication idéale ? FP : La presse présente le meilleur rendement selon moi. Mais pour cela il faut proposer de la nouveauté. cela demande donc de l’innovation afin d’être le premier à proposer tel nou- veau produit sur le marché. Il ne reste alors plus qu’à le mettre en scène de ma-
Quel type de
nière classique.
management pratiquez-vous ?
Fléchons davantage les aides sur les entreprises détentrices de brevets, afin de conserver leurs compétences en France
de la gestion des douanes et des paiements notam- ment.
© DR
SM : Dans la communi- cation, le plus difficile est d’accéder à la cible re- cherchée, alors que c’est pourtant la clef de la réus- site. cela demande donc un peu de tâtonnements :
SM : Quel chef d’entre- prise n’a pas connu d’échecs ? c’est impossi- ble. On peut subir des ventes décevantes ou en retard par rapport à nos objectifs. Au départ, nos produits étaient peut-être trop en avance, alors qu’aujourd’hui ils sont dans l’air du temps. Le plus complexe est en effet de parvenir à devenir ren- table dans le temps im- parti. Mais les échecs dé- pendent aussi des aides et conseils dont bénéficie le chef d’entreprise. Or, nous manquons d’accompagne- ment en France... Malgré tout, pour réussir, ou re- bondir après un échec, il faut toujours aller de l’avant : trouver un autre produit ou réfléchir à un autre développement.
des petites erreurs.
SM : Au cours de notre développement, nous avons sous-estimé les be- soins en financement, car
comme quelque chose de positif et de sympa pour la société française. ce changement d’état d’esprit est à mettre au crédit des politiques. c’était une étape indispensable à fran- chir pour relancer le pays. Pour autant, si l’idée du porteur de projet est mau- vaise, la French tech ne fera pas réussir tout le monde, et c’est tant mieux ! Malgré tout, les charges sur les salaires restent trop élevées, alors que l’on préférerait en donner davantage à nos salariés...
pas grave : vous n’avez pas hypothéqué votre mai- son et votre femme ne vous a pas quitté. Alors, il faut simplement recom- mencer.
Et si c’était à refaire, que changeriez-vous ? FP : toutes sortes de choses. certaines activités commerciales n’ont pas fonctionné par exemple. Mais, peut-être grâce à l’expérience, ce sont plutôt
Stéphane Meunier, fondateur de Sunkeys
Après avoir fondé l’entreprise Storido, Stéphane Meunier entreprend, en parallèle, à la n des années 2000, le développement de stores et de portails électriques à éner- gie solaire, via la société Sunkeys (Villers-Bocage dans le Calvados). En mai 2016, celle-ci installe ses premières caméras de surveillance 100% autonomes, alimentée en énergie solaire et éolienne. Installées au sommet d’un mât de neuf mètres de haut, elles permettent de zoomer à 360°.
FP: Je ne jure que par la délégation. Si vous voulez des collaborateurs motivés et heureux, il vaut mieux leur confier des responsa- bilités que leur demander d’exécuter bêtement le
quitter l’entreprise, ce qui arrive peu.
SM : Il faut savoir beau- coup déléguer, tout en étant souple ! Je trouve qu’il y adeplusenplusde contraintes sociales dans
SM : D’abord, il y a tou- jours des lenteurs admi- nistratives françaises. en- suite, pour bien connaître le milieu des start-up, je trouve qu’il est encore dif- ficile d’accéder aux bons conseils ainsi qu’à cer- taines aides et finance- ments.
en réalité, l.
vent toujours plus tard qu’on ne le pense.
Au final, pour moi, le mot clef de la réussite est de savoir vendre son idée et de conserver des fonds propres positifs, d’ou l’in- térêt d’avoir un bon pré- visionnel !
Par ailleurs, il est dom- mage que certaines sub- ventions ne soient pas plus
Propos recueillis par Pierre Havez
OctObre 2016 25
es ventes arri-

