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n°34
cLUb eNtrePreNDre A la Une - Les start-up de la défense et de la sécurité
L'occasion pour EcoRéseau Business d'enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre,
Les grandes manœuvres de la tech Défense, start-up du civil ou du militaire, acteurs de la protection civile et de la sécurité travaillent
SA ce stade, les dommages collatéraux ne sont pas encore trop graves...
Mattens, directeur de la com-
ynopsis. en 2054, la qui mettent en scène bâtons de défense. Georges Orwell ville de Washington à vomi, casques immobili- nous en dépeint un super-état crée « Pré-crime », sants, « scanoptic » de re- où le télécran de big brother
cipées de leur mission d’aide et de protection. Nous sommes loin du rêve d’Asi- mov. Pour l’heure, les al- liances entre start-up et dé- fense n’en sont qu’à leurs débuts en France. côté mar- ché de la protection civile et de la sécurité, l’innovation va bon train et se développe en réponse au risque terroriste
en rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriat
à un écosystème qui influencera directement nos usages quotidiens.
en cours », ajoute Jérémy Vigna, directeur commercial et marketing au cOGeS (sa- lons internationaux de défense et de sécurité). Des ponts qui se réalisent doucement en rai- son aussi d’une histoire où l’etat gardait la main en ma- tière d’innovation de la dé- fense, notamment via l’ONerA et la DGA.
et au climat anxiogène véhi- culé par les médias. L’heure pour EcoRéseau Business de décrypter les dernières ten- dances en la matière.
DÉFENSE ET START- UP : LA GRANDE VADROUILLE DELATECH?
Les grands industriels de la défense et de la sécurité ac- cusent un certain retard dans la manière de sourcer et tra- vailler avec les start-up, au regard de ce qui se passe aux etats-Unis. « Cela se traduit également par une différence d’investissements : les trois milliards alloués au budget de la Défense en France cor- respondent à celui de la DARPA (Defense Advanced research Project Agency). On ne vit pas dans le même monde », précise François
UN PONT TROP
LOIN ?
Mais le secteur de la défense s’ouvre et s’inspire des pra- tiques inhérentes aux start- up. Le MIP (Mission Inno- vation Participative) qui souf- fle en 2016 ses 27 bougies, entre autres, fonctionne da- vantage aujourd’hui comme un incubateur et autorise n’im- porte quel militaire à proposer son idée en vue d’un finan- cement et d’un développe- ment de son projet, tout en récompensant les initiatives avec son prix de l’audace. cela dit, François Mattens observe « un renversement de l’innovation. Notamment suite à l’ouverture des brevets au civil en matière d’impres- sion 3D qui ont investi le secteur de l’aéronautique en Chine, en Israël et aux Etats- Unis. Ce changement dans la manière de concevoir l’in- novation amène même l’ar- mée depuis deux ans à en- voyer une délégation au CES de Las Vegas pour détecter les tendances. La démarche intellectuelle évolue ». Autre ouverture également et non des moindres, celle des sites militaires vers le tissu éco- nomique local. La « Smart base » d’evreux (cf. encadre 2), projet pilote de l’armée, a accéléré les relations entre start-up et défense par la créa- tion d’une pépinière au sein même de la base 105. Une première en France qui s’est poursuivie par la création d’un centre de formation de pilotage de drones à Salon- de-Provence. L’idée, ici, est double : celle d’une part
munication et des affaires pu- bliques du GIcAt (groupe- ment des industries de défense et de sécurité terrestres et aé- roterrestres). Aussi, collaborer avec les start-up consistera- t-il l’essentiel du temps à les absorber en les rachetant. « La clé d’une bonne colla- boration passe d’abord par une adaptation du processus en matière d’achats, de qua- lification des fournisseurs et de gestion de la propriété in- tellectuelle ; chantiers toujours
© Jordan Tan / Shutterstock.com
nouvelle division de la police, connaissance faciale partout est perpétuellement en train
censée arrêter les criminels et meurtriers en puissance, avant même leur passage à l’acte. John Anderton, chef de ce nouveau service, pris dans un imbroglio d’intrigues, traverse différents tableaux
dans la rue, prisons-greniers. Outre le fameux Minority report de Spielberg, les ro- manciers et prospectivistes ne font pas dans la dentelle dès lors qu’il s’agit de traiter d’innovation, de sécurité et
d’épier les faits et gestes de Winston Smith. James ca- meron avec terminator ou les frères Wachowski avec Matrix, moins poétiques, nous dépeignent deux trilogies où les machines se sont éman-
Hackhaton & Protection
Quand la société civile et l'entreprise s'emparent des questions de sécurité
La mode du « hackhaton », contraction de hacking et de marathon, tout droit venue des geeks de la Silicon Valley, se décline aussi en France aux secteurs de la défense et de la pro- tection. Tenue à la mi-janvier 2016 durant deux jours au sein de la fameuse école 42 de Xavier Niel dirigée Nicolas Sadirac, sa version « Nec Mergitur », en réaction aux attentats, a réuni 400 ingénieurs, développeurs, entrepreneurs, gra- phistes ou simples citoyens autour de six « défis » à relever : prévenir la radicalisation, concevoir et diffuser les contre-discours, aider les plateformes de réception des appels d’urgence face à un
22 OctObre 2016
afflux massif ; recevoir et traiter l'information des citoyens ; construire un nouvel outil pour diffuser l’information en temps réel à destination du grand public ; détecter et contrer les rumeurs en temps réel. Dix projets sur 17 mentions spéciales ont été retenus parmi lesquels on peut retrouver : « Détection », outil d’identification de niveau du risque de radicalisation d’un individu à travers ses différents profils sur les réseaux sociaux et l’analyse du contenu de ses messages ; « Chasseurs de rumeurs », solution de détection automatisée de rumeurs sur les réseaux sociaux et diffusion de contre-discours ; ou encore «
Aztec », système de capteurs audio distribué dans une zone urbaine ou un établissement pour détecter les alertes. Ce glissement vers la société civile de la prérogative régalienne de sé- curité engendre également d'autres hackhatons, qui gardent cependant un aspect business. Comme l'illustre l'Innovhaton du groupe Allianz, mené en cette fin septembre, réunissant dirigeants et innovateurs de tous bords pour accoucher de nouvelles solutions concernant la satisfaction client, qui comprenait bien évidemment un im- portant volet cybersécurité.


































































































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