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Décryptage - Le potentiel de la Blockchain
StrAtéGIe & INNoVAtIoN NUmérIQUe
tout en ayant un contrôle total des droits d’accès à ces informations », prédit Deloitte. Un fabricant mondial de technologies médicales, client du cabi- net de conseil, a d’ailleurs déjà mis en place un proto- type pour permettre aux particuliers d’enregistrer leurs dossiers médicaux dans une blockchain.
IMPUISSANCE DE CALCUL ?
mais rien n’est gagné car la technologie, aussi sédui- sante soit-elle, compte quelques sérieux maillons faibles. « on connaît déjà certaines limites dont on ne sait même pas comment elles seront franchies », dé- plore Sébastien ropartz. Le principal ? « Il faut ré- gulièrement augmenter le niveau de cryptage de la chaîne, car des ordinateurs plus puissants pourraient venir à bout du code. La puissance nécessaire pour ajouter un nouveau maillon doit régulièrement être augmentée », explique le consultant. L’un des mi- rages de la blockchain est que son coût soit nul. « or, elle demande beaucoup de calcul et de stockage ». Alors que la loi de moore stagne, le jeu en vaudra-t- il toujours la chandelle dans quelques années ? en attendant, un milliard d’eu- ros a été investi dans les blockchains en 2015, selon le forum économique mon-
Aymeric Marolleau
dédié à la technologie, afin de faire monter en compé- tences les banques et les institutions financières du pays.
DE LA POLITIQUE À
LA LOGISTIQUE
mais la blockchain ne sé-
duit pas seulement les ban-
quiers. Les professionnels
du retail, de l’industrie, de
l’immobilier, de la santé
(pour les carnets de santé),
de la propriété intellec-
tuelle (pour leurs brevets),
de l’éducation (pour les di-
plômes) s’y intéressent
aussi de près. Les poli-
tiques eux-mêmes n’y sont
pas indifférents, car la
technologie pourrait trou-
ver une application
concrète dans le vote élec- tronique, comme l’a mon- tré en 2013 le mouvement “Nous Citoyens”. Le parti fondé par l’entrepreneur Denis Payre – fondateur de business objects et Kiala - a en effet organisé un vote électronique sécurisé par la blockchain avec la start-up belem, spécialiste de cette technologie. La blockchain pourrait aussi trouver des applications concrètes dans la logistique. mi-juil- let, Ibm a ainsi dévoilé un nouveau service permet- tant aux entreprises du sec-
© Attila JANDI / Shutterstock.com
Quand une chaîne est menacée par une autre...
dans la traçabilité des dia- mants, dont la chaîne lo- gistique est complexe et parfois trouble. outre cette initiative, Ibm a ouvert à New York, en juin, un lieu
collaborative, qui s’appuie sur la force des réseaux. Dans l’énergie, elle pour- rait par exemple faciliter le déploiement de réseaux lo- caux intelligents, ou smart-
comme Unilend, ou s’ap- puient entièrement dessus, comme tilt, qui permet à chacun de créer sa propre campagne de crowdfun- ding, ou bitbond, une pla-
chain. Des services de VtC, comme la start-up is- raélienne La’Zooz et les américains Arcade City et Juno veulent ainsi lier en pair à pair les chauffeurs et
Banquiers, professionnels du retail, de l'industrie, de l'immobilier, de la santé, de la propriété intellectuelle, de l'éducation
s'y intéressent de près
.
teur de créer blockchain dans un cloud sécurisé. Ses premiers clients pourraient se trou- ver parmi ceux qui com- mercialisent des produits de luxe et doivent se pré- munir contre la contrefa- çon. L’un d’eux, everledger, est d’ailleurs une entreprise spécialisée
dédié aux développeurs qui travaillent sur la tech- nologie.
LE CHAÎNON MANQUANT DE L’ÉCONOMIE COLLABORATIVE ? Surtout, la blockchain pourrait être d’un grand renfort pour l’économie
grids, en permettant à de teforme de prêt en bitcoin. plus en plus de foyers de La start-up ethereum, à produire leur propre élec- l’origine d’un logiciel per- tricité ou de la vendre mettant de créer des appli- lorsqu’ils ne la consom- cations basées sur la ment pas eux-mêmes. Les blockchain, a levé 21 mil- panneaux photovoltaïques lions d’euros en 2014 en n’ont pas fini de recouvrir organisant sa propre cam- les toitures. Plusieurs pla- pagne de financement par- teformes de financement ticipatif. Certains veulent participatif ont expéri- même aller jusqu’à “uberi- menté la technologie, ser” Uber avec la block-
leurs passagers. bref, les applications sont si nom- breuses que « dans un futur proche, les particuliers se- ront en mesure d’agréger toutes leurs données per- sonnelles – telles que leurs données financières, médi- cales et l’historique de leurs achats – dans un re- gistre sécurisé unique sous une seule identité digitale,
une
dial.
KeeeX
La start-up a été créée à Marseille en 2012 par Laurent He- nocque. Sa promesse ? Créer une solution de partage de fi- chiers qui ne nécessite ni serveur, ni tiers de confiance. Plusieurs années de recherche et développement ont été nécessaires à l’entreprise de quatre salariés pour y parvenir, avec le soutien financier de Bpifrance et du Conseil ré-
gional de Provence Alpes - Côte d’Azur.
Après avoir breveté sa technologie en
2013, Keeex a levé 100 000 euros au-
près d’investisseurs privés afin de la
commercialiser. Sa cible ? Les secteurs
qui manipulent des documents sensi-
bles et ont besoin d’une authenticité
inattaquable, comme l’assurance, la
banque ou le droit. La jeune pousse
cherche à lever deux millions d’euros supplémentaires pour passer la vitesse supérieure.
ShoCard
ShoCard a été fondée en février 2015 par Jeff Weitzman et Armin Ebrahimi à Palo Alto, en Californie. La jeune pousse a levé 1,5 million de dollars en amorçage en juil- let 2015 auprès de quatre investisseurs : Morado Ventures Partners, AME Cloud Ven- tures, Enspire Capital et Digital Currency Group. Sur quelle promesse ? Celle de cer- tifier et stocker vos documents d’identité directement dans la blockchain, de façon à prouver votre identité en ligne dès que né- cessaire, en particulier à l’occasion d’opé- rations de paiement en ligne. Lors de son lancement, à l’événement TechCrunch Dis- rupt New York, son cofondateur Jeff Weitz- man avait ainsi expliqué : « Nous avons créé une carte d’identité numérique qui est
aussi simple à utiliser qu’un permis de conduire, mais qui est si sûre que les banques peuvent se reposer sur elle ». L’entreprise ne tra-
vaille pas seulement
pour des compagnies
financières. En mai
dernier, elle a ainsi an-
noncé un partenariat
avec une société tech-
nologique américaine
dans le domaine de
l’aviation, nommée
SITA. Pour elle, la jeune
pousse a en effet développé une applica- tion destinée à accueillir les billets et les documents d’identité des passagers, afin de faciliter les process des compagnies aé- riennes.
SePtembre 2016 53


































































































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