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n°33
StrAtéGIe & INNoVAtIoN NUmérIQUe Décryptage - Le potentiel de la Blockchain
L'occasion pour EcoRéseau Business d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
LFaut-ilencorepré- senter le bitcoin ? Sept ans après sa création, la monnaie nu- mérique, louée par certains pour ses vertus décentrali- satrices et démocratiques, vilipendée par d’autres pour son rôle dans les commerces illégaux du
la chaîne, explique Sébas- tien ropartz, associé chez Deloitte en charge de De- loitte Digital France, la structure du cabinet spé- cialisée dans le conseil en transformation numérique des entreprises. Pour les banques, l’intérêt est considérable car cela leur permettrait de garantir leurs transactions sans être soumis au risque de défail- lance de leur tiers de confiance ». Ainsi, selon une étude Deloitte-efma de juillet auprès de 3 000 dirigeants d’institutions fi-
consortium de banques et d’institutions financières créé en 2014 à New York à l’initiative de la start-up r3CeV pour joindre leurs efforts de recherche. Des dizaines de sociétés l’ont rejoint, dont HSbC, Gold- man Sachs, Deutsche bank ou encore barclays, ainsi que la Société Géné- rale, bNP Paribas et Na- tixis en France. Les banques russes ont créé son équivalent de leur côté. et la banque centrale néerlandaise ouvrira en septembre un campus
Chaînon manquant ou maillon faible ?
La blockchain trouve de plus en plus d'applications concrètes dans la finance, la logistique, l'énergie ou la santé,
a traçabilité totale et la fin des entourloupes ! Quoique...
en témoigne le nombre de start-up lancées. mais gare aux mirages. .
“dark net”, a au moins réussi à faire la quasi-una- nimité auprès d’une caté- gorie de professionnels : les banquiers. mais pas vraiment pour le bitcoin lui-même, qu’ils voient comme une curiosité va- guement menaçante, mais plutôt pour la technologie
qui le sous-tend, la block- chain.
formatique qui permet de garantir l’authenticité de n’importe quelle transac- tion, et pas seulement fi- nancière. Chaque nouvelle opération crée un “bloc” mathématique. Comme il est généré par les blocs qui le précèdent, l’ensemble est théoriquement infalsi-
LES BANQUIERS DÉJÀ FANS
Une définition ? La “chaîne de bloc”, si l’on tient vraiment à traduire le terme, est un processus in-
fiable et indestructible. Le “théoriquement” a son im- portance. « Au lieu qu’une entreprise, un etat, ou un groupe d’entreprises et d’etats servent de tiers de confiance, c’est la commu- nauté qui tient ce rôle, car l’information est dupli- quée dans chaque nœud de
nancières, 92% sont conscients que leur busi- ness sera bouleversé par la blockchain. et 53% pen- sent que son usage sera gé- néralisé dans les deux à cinq ans.
Des services de VTC veulent lier en pair à pair les chauffeurs et leurs passagers par la blockchain. Uberiser Uber ?
De fait, les premières ini- tiatives apparaissent déjà. Comme le projet r3, un
Stratumm
La start-up créée à Paris en 2015 par Ri- chard Caetano, un ingénieur californien, et François Dorléans, veut faciliter la prise en main de la block-
chain pour les non
initiés. Sa plate-
forme logicielle, dé-
veloppée dans le
langage informa-
tique JavaScript et
ouverte depuis
quelques mois, per-
met en effet aux entreprises et aux déve- loppeurs de créer leurs propres applications dans cette technologie. Elle a levé 600 000 euros en mars 2016 auprès de la société de capital-risque Otium Venture et de business angels. « Ce que nous voulons (...), c’est enlever toutes les barrières à l’entrée de la blockchain », expliquait Richard Caetano au site Blockachain France en décembre 2015.
Verisart
Verisart s’est spécialisée dans l’authentification des œu- vres d’art, dont les imprimés et les livres rares. L’idée ? Attribuer à chaque objet un certificat d’authenticité in-
falsifiable. Chacun de ses proprié- taires successifs lui attribue un certificat, afin d’en documenter progressivement l’historique. Dans un second temps, Verisart espère faire de même avec des œuvres plus anciennes, en étendant son service d’authentification aux ex- perts et aux compagnies d’assu- rance qui font le même travail de documentation avec les moyens traditionnels.
Basée à Los Angeles, Verisart a été fondée en mars 2015 par Bradford Schlei, Robert Norton et Dan Riley.
L’entreprise a reçu en juillet 2015 un fonds d’amorçage, d’un montant non communiqué, de la part du fonds de capital risque israélien Rhodium.
Un tel service de vérification est très attendu par le mar-
ché de l’art, artistes et collectionneurs compris. Les pre- miers regrettent en effet de souvent ignorer qui possède leurs œuvres et où elles se trouvent dans le monde. Quant aux deuxièmes, ils veulent ainsi se prémunir contre les faussaires et les vols. A terme, le site Bloomberg rappor- tait il y a un an que la start-up espère constituer une base de données dont elle pourrait monnayer l’usage à qui voudrait faire des recherches par artiste, trouver des images, un historique de prix, une provenance, et même contacter le propriétaire d’une œuvre pour la lui acheter. « La monétisation de la plateforme viendra quand les transactions s’y feront directement, à long-terme », pré- disait alors le cofondateur Robert Norton, qui a notam- ment présidé le site d’art en ligne Saatchi Online de 2009 à 2010.
Mais construire un système décentralisé dans le monde de l’art et remettre en cause les équilibres établis ne sera pas si simple. Les artistes ont besoin des galeries et des marchands pour financer et promouvoir leur travail. Quand aux grandes maisons de vente aux enchères, telles que Christie’s et Sotheby’s, leur réputation rassure les acheteurs les moins au fait des codes complexes du sec- teur.
52 SePtembre 2016


































































































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