Page 26 - EcoRéseau n°33
P. 26
www.ecoreseau.fr
n°33
CLUb eNtrePreNDre Interview croisée - Start-uppeuses Marjolaine Grondin (Jam) et Sandra Rey (Glowee)
Femmes « mIt »-iques
Dans chaque numéro, EcoRéseau Business s'intéresse à deux dirigeants/entrepreneurs qui ont un point commun ou une différence fondamentale, afin de connaître leur opinion sur la stratégie, l'innovation, la communication et de montrer
qu'il existe plusieurs manières de manager
marjolaine Grondin, pour son service d’intelligence artificielle à destination des étudiants, et Sandra rey, pour son éclairage urbain ne nécessitant pas d’électricité, ont été sélectionnées par le mIt (massachusets Institute of technology) parmi les dix innovateurs français de moins de 35 ans les plus en vue. L’occasion de comprendre leurs démarches, parfois similaires.
Pourquoi vous être lancée dans cette aventure ?
MG : Cela s’est fait en plusieurs étapes. Je ne crois pas en la bonne idée au bon moment par les bonnes personnes. Je crois plus en une at- titude, celle de rester connectée, avec les an- tennes déployées, pour ressentir les problèmes et insatisfactions des gens et construire petit à petit une réponse. Lors d’un échange à berke- ley, en Californie, j’ai dû rechercher comme
usine à gaz et en 2015 nous sommes allés au Camping (devenu Numa) où nous avons beaucoup échangé avec les utilisateurs. Les étu- diants nous ont dit qu’ils se moquaient de dispo- ser d’une application, qu’ils voulaient résoudre des problèmes rapide- ment, pour par exemple trouver une salle de gym dans le quartier et bé- néficier de réductions. Nous leur avons de plus en plus répondus par SmS et mail, avons ajouté Facebook mes-
nous cherchons à pro- duire de la lumière sans électricité, par biolumi- nescence, comme la lu- ciole ou le poisson lan- terne dans les grands fonds, ce qui parle au grand public. L’idée est d’ailleurs venue en re- gardant un reportage sur la vie de ces poissons. Nous nous sommes dit que si eux y parvenaient, nous pouvions aussi le faire par les nouvelles technologies.
Cette démarche entrepreneuriale pour mettre au point la
dère très bas le risque. Ce qui aide beaucoup. SR : Je suis passée par Strate, école de design, où l’on apprend claire- ment à penser différem- ment, à se poser diverses questions et à mettre au
prend pas concrètement à franchir le pas, c’est l’occasion qui fait le lar- ron. L’opportunité était belle.
Quel serait votre développement idéal ?
tion d’un côté aspira- tionnel, d’incarnation d’un idéal pour la cible. Il faut les deux dimen- sions, ce qu’a parfaite- ment réussi Airbnb qui est devenue mondiale en répondant à un besoin
tout étudiant un appar- senger, twitter... De-
Mon conseil de community management ? Etre « réel », quitte à faire des erreurs, sans lisser les discours
tement, me renseigner vant le succès nous
solution a-t-elle été apprise au cours de vos études ?
MG : Je ne le pense pas. L’ouverture et la conviction que tout est possible vient indénia- blement de l’éducation des parents et de l’école, mais le fait d’échafauder une solution pour répon- dre à l’insatisfaction des autres ne vient pas de ces deux sources d’ap- prentissage. Je ne crois pas beaucoup en l’inné non plus. Disons qu’on est mis en condition tout au long du parcours pour à un moment donné avoir le déclic, ou pas, et y répondre. Certains ont plus de chances de passer à l’action. Les gens de mon entourage me disent d’ailleurs que j’ai cette capacité à ne pas me soucier des mau- vaises conséquences possibles, que je pon-
sur les systèmes de transports, les sorties... J’ai prolongé mon séjour et ai comme beaucoup éprouvé des difficultés à trouver un stage. J’ai constaté qu’il n’existait pas de façon agréable, intuitive de résoudre toutes ces probléma- tiques lors de l’arrivée en un nouveau lieu. Je suis rentrée à Paris pour y faire un master, puis je me suis associée à un ingénieur, Loïc Del- maire, afin de mettre au point une solution – qui a au début pris l’appa- rence d’une plateforme d’échanges d’informa- tions intra-campus. A la demande des étudiants, en plus des bons plans, stages, missions, bonnes adresses, nous y avons ajouté des offres de commerçants locaux. Le tout est vite devenu une
26 SePtembre 2016
avons élargi notre cible aux jeunes en général, à qui nous fournissons une aide automatisée aux loisirs et à l’instal- lation. Nous avons levé 1,5 millions d’euros et l’équipe compte 15 per- sonnes.
SR : Ce projet est né à l’école, il s’agissait au début d’un concours étu- diant sur la biologie syn- thétique. Plusieurs si- gnaux faibles nous ont en fait indiqué qu’il se- rait intéressant de creu- ser et de le transformer en entreprise. Nous avons remporté le concours, noué de bons contacts avec la presse et les investisseurs dès le début. Il faut dire que nous sommes sur un produit à la fois très technologique avec des bactéries modifiées, très innovant, et très simple :
point une méthode pour aboutir à un projet. Puis j’ai complété cette for- mation par un cursus d’entrepreneuriat social à l’eSCP europe. mais je pense qu’on n’ap-
MG : mon rêve est de m’inscrire dans le sillage d’Airbnb. Car je pense qu’il faut trouver le juste milieu entre la résolution d’un problème par un produit concret et l’adop-
concret de logement éphémère et en reinven- tant un marché, en s’ins- crivant dans un lifestyle. SR : Nous avons décidé pour l’heure de canton- ner nos objectifs à l’im-
Marjolaine Grondin, 27 ans
cofondatrice de Jam (15 personnes) qui est un « chatbot » pour les étudiants, une intelligence artificielle supervisée par des humains pour répondre aux questions des jeunes via SMS ou messagerie instantanée à propos des bons plans, adresses, promotions du coin. Cette ancienne de Sciences Po et HEC a levé un million d’eu- ros début 2016 auprès du fonds d’investissement Isai et d’une dizaine de BA, et 1,5 million au total.

