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n°32
RH & FoRMAtioN Carrières & Talents - Les concours étudiants-entreprises
Analyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprises
l es concours étudiants- entreprises qui fleu- rissent dans le supé- rieur, émanant des écoles ou des entreprises elles-mêmes, ont tout pour plaire aux parties prenantes. « Il n’y a qu’à constater la montée en puis- sance de Studica, qui aide les entreprises et les écoles à structurer leurs serious games et challenges depuis 30 ans, pour comprendre que ces pra- tiques sont toujours plus cou- rantes », affirme Cécile Zar- roca, responsable des marchés à Grenoble ecole de Mana- gement. les étudiants plan- chent sur un cas et présentent leurs recommandations, dans des situations très proches de la vraie vie professionnelle, comme lors de l’ « ipag Po- werPoint Battle ». « Nous nous sommes alliés à Micro- soft pour créer un grand concours inter-écoles de pré- sentations PowerPoint, où les étudiants révèlent leur créa- tivité sur des problématiques réelles proposées par les dix entreprises partenaires, sa- chant que les gens utilisent habituellement seulement 10% des possibilités du logiciel », illustre Marie-Alix Chance- relle, responsable des relations entreprises à l’ipag. Des opé- rations ponctuelles ou au contraire une évolution de
ecoles de vie
De l’effet de mode à la lame de fond pédagogique dans le supérieur...
s’ils émanent d’entreprises partenaires », énonce Cécile Zarroca chez GeM. les meil- leurs concours sont ceux qui s’intègrent dans la pédagogie de l’école. « Parfois nous co- construisons des challenges sur-mesure, comme avec Gémo (groupe eram), où nos étudiants ont travaillé en équipes avec 40 de leurs col- laborateurs dans leurs locaux », relate Mélinda Schleder, responsable des relations étu- diants / entreprises à Audencia Business School. Autrement dit, si l’utilité du concours est reconnue dans le parcours de l’étudiant, il sera valorisé en interne, des jours d’absence seront excusés par l’adminis- tration... A charge pour les entreprises donc de hausser le niveau des problématiques pro- posées. « Auparavant elles portaient plutôt sur la com- munication comme l’animation d’une page Facebook. Dés- ormais nous en sommes au stade de la transformation di- gitale : l’assurance connectée de demain pour le Crédit Agri- cole par exemple. Des coaches en digital aident les équipes et les challengent sur la stra- tégie. Des budgets précis sont alloués, des recommandations formulées, et chaque équipe, qui a travaillé jour et nuit, passe le vendredi devant les entreprises », illustre Valérie Dailly dans le cadre de la Di- gital Week Competition. Autre bonne pratique à mettre en place : la valorisation des étu- diants, qui cèdent les droits de leurs idées. il faut qu’il y ait récompense. Si les finalistes de l’ipag Powerpoint Battle gagnent 8000 euros, celle-ci
2013 ouvert à de nouveaux profils d’étudiants (juristes, entrepreneurs...). « En janvier 2016 la Digital Week Com- petition a impliqué 45 groupes de jeunes, organisés comme
ont remporté la finale du concours Auchan cette année ont fait des recommandations précises en termes de site et d’application. Ils sont allés faire leur présentation au
cathlon... quand il s’agit de nos partenaires, les étudiants bénéficient de tutorats et leurs travaux sont considérés comme les projets actions (Pro Act) que nous leur de-
lenges, de rapprochements avec les écoles. « La moitié des professionnels qui viennent sont des opérationnels qui viennent chercher des idées, l’autre moitié sont des campus
La moitié des professionnels sont des opérationnels cherchant des idées, l’autre moitié des campus managers
RÉPONDRE AU
BESOIN DE
« CAROTTE »
DES ÉTUDIANTS
C’est un fait, les jeunes gé- nérations sont réceptives à ce genre d’évènement parce qu’elles bénéficient d’un re- gard professionnel sur leur projet. « Les Y comme les di- gital natives fuient le bâton et s’investissent vraiment pour la carotte. Il n’y a pas forcé- ment d’argent à la clé, mais la volonté d’emmagasiner de l’expérience, valorisable sur le CV », rappelle Valérie Dailly, responsable pédagogique mas- tère spécialisé marketing ma- nagement, organisatrice de la fameuse Digital Week à l’es- sec. le concours s’est depuis
Il n’y a qu’un vainqueur, mais tout le monde s’élève dans ce genre de concours...
des agences digitales pour l’occasion et devant répondre à des briefs formulés par nos partenaires comme Air France, Carrefour, L’Oréal,
en quête de talents
Nestlé... », rappelle celle qui insiste sur les bienfaits du « panachage » de profils. Bien évidemment les étudiants sont aussi sensibles au fait de se faire remarquer et d’obtenir des stages. « Cette année les entreprises s’arrachaient le CV de l’étudiante finaliste, qui vient de NEOMA, et qui a fait sensation grâce à ses talents d’oratrice et ses re- commandations », se souvient Marie-Alix Chancerelle à l’ipag. les gagnants surtout sont amenés à côtoyer des personnes haut placées. « Les étudiants de Bordeaux qui
ELÉMENT DE COMMUNICATION DES ÉCOLES
Ce genre d’opération participe aussi à la notoriété de l’école. « Nous avons déjà recruté des étudiants grâce à l’Ipag PowerPoint Battle et à l’image dégagée, et bien sûr c’est aussi l’occasion de lier des partenariats avec les écoles », confie Marie-Alix Chance- relle. les écoles sont d’ailleurs plus enclines à favoriser les challenges de leurs partenaires afin de dégager des synergies. « Challenge Auchan, business game Les Coéquipiers de Dé-
parle des concours d’entre- prises ou même des fondations d’entreprises (Auchan, Adecco...) auprès des asso- ciations étudiantes, les écoles en retirent de la notoriété et les professionnels apprennent à connaître les étudiants au- trement que par les forums ou salons », observe Cécile Zarroca chez GeM.
BONNE PRATIQUES POUR ÉVITER LES ABUS
« Nous avons dénombré une centaine de concours et les étudiants y participaient dans tous les sens. Pour éviter cet éparpillement, nous les avons classifiés selon des critères d’employabilité – il ne faut pas que cela consiste à obtenir des « like » sur Facebook, mais que cela soit une appli- cationdecequiaétévuen cours –, et nous mettons en place des tutorats en parallèle
urs financière.
siège », souligne Marion De- pont, responsable pôle em- ployabilité et relations recru- teurs chez Kedge Business School.
mandons dans le cadre de notre programme », précise Marion Depont chez Kedge BS. A chaque fois l’échange est gagnant-gagnant. « Qu’on
managers en quête de ta- lents », distingue Valérie Dailly à l’essec. Car c’est aussi de recrutement qu’il s’agit, comme le confirme Cécile Zarroca chez GeM : « Un groupe de chez nous a gagné le concours des Coéquipiers de Décathlon, après être venu disputer la finale au centre d’innovation de Lille. L’un des étudiants s’est vu proposer une césure en Allemagne ». les administrations des écoles facilitent d’ailleurs la trans- mission de CV. « Après un sondage auprès de mes étu- diants marketeurs, je me suis aperçue que 25% avaient trouvé leur stage par la Digital Week », illustre Valérie Dailly. Bref, un moyen comme un autre de développer une marque employeur et une fa- çon alternative de recruter, autre que le parcours tradi- tionnel pouvant laisser sur la touche des talents. les entre- prises viennent aussi chercher du jus de cerveau à bon compte dans un mode com- pétition qui convient bien aux étudiants.
l’enseignement ?
RECRUTEMENT
ET MARQUE EMPLOYEUR
A l’heure où l’on parle d’open innovation, les entreprises ont besoin d’hackathons, de chal-
n’est pas toujo.
« Les étudiants peuvent être invités dans les locaux de l’en- treprise pour présenter le projet aux équipes, ils peuvent siéger dans une sorte de comité di- gital, voire même aider à im- plémenter leur idée dans le cadre de stages », énumère Valérie Dailly.
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Juillet-Août 2016
Julien Tarby


































































































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