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CluB eNtRePReNDRe A la Une - L’amour et le flirt au travail
river à leurs fins. il est plus soft et psychologi- rapprochées pour fédérer, son domaine. Elle sait de notoriété publique que sant. le manager mo- galvaniser ses troupes être à l’écoute, associer Françoise Giroud deman- derne doté d’intelligence dans un projet. « Je suis les gens à la décision.
Une personne aurait en moyenne un nouveau partenaire issu de son cercle professionnel tous les sept ans d'ancienneté dans la même entreprise
Sexe
Lieu de travail, un fantasme de plus en
C’est bien souvent le goût de l’interdit qui conduit des
collaborateurs à passer à l’acte sur le lieu de travail. Car,
e
comme le précise M Eva Touboul, avocate en droit du
travail, « il faut aussi respecter la décence et la délicatesse, en évitant les effusions en public. De ce fait, avoir une re- lation sexuelle sur son lieu de travail est évidemment un motif de licenciement ». Ce qui ne semble pas freiner les adeptes de la transgression. « J’avais des heures impro- bables, finissant parfois à 23h30. Il m’est arrivé de suc- comber et d’avoir un rapport sexuel avec un collègue le soir, sur le lieu de travail, trouvant drôle le fait de retrouver cet environnement neutre et aseptisé le lendemain comme s’il ne s’était rien passé », confesse Céline, cadre de 25 ans dans l’hôtellerie. Selon l’étude Monster sus- mentionnée, 50% des salariés s’accordent régulièrement des moments de rêverie où ils se mettent en scène avec leur collègue. Une partie d’entre eux passent à l’acte. D’autres raisons que le simple goût du risque expliquent de tels penchants d’après l’étude : l’attirance physique pour le ou la collègue, la fameuse crise de la quarantaine, le besoin de réconfort ou de tendresse, et, last but not least, la promotion canapé.
dait à ses journalistes fé- relationnelle cherche aveuglément ma chef minines de déboutonner moins à se faire respecter parce qu’elle est bril- un peu plus leur chemi- qu’à mettre de l’huile lante, applique un ma- sier pour ramener des in- dans les rouages, trouver nagement sérieux et va-
Elle a le profil de la sé- ductrice sans être parti- culièrement belle. Il est indispensable que je me
"Que nous arrive-t-il monsieur Sonsan ? La comptabilité me rend toute chose..."
terviews... Mais de l’autre les mots justes dans les lorisant, sait être poli- côté aussi, le manage- situations difficiles, en- tique et surtout est des ment a tendance à devenir tretenir des relations plus plus compétentes dans
La beauté en entreprise
Un plus indéniable
Le sociologue Jean-François Amadieu, dans un livre intitulé « Le Poids des apparences » (éd. Odile Jacob, 2005), a confirmé le secret le moins bien gardé du monde du travail : mieux vaut être séduisant pour réussir, c’est-à-dire beau et jeune. Il s’est notamment appuyé sur une étude américaine démontrant que les hommes très laids gagnent 9% de moins que la moyenne à poste équivalent alors que les très beaux se voient dotés de 5% supplémentaires à la moyenne. Le directeur de l’Observatoire des discriminations révèle également dans « DRH : le livre noir » (éd. du Seuil, 2013) que le recrutement est souvent irrationnel et discriminatoire, que la photo est un outil de tri massif et que l’évaluation des performances ne brille pas par la précision des critères. Bien évidemment pour certains postes, notamment commerciaux, il est primordial de faire rapidement bonne impression. Heureusement dans le monde professionnel le diktat de l’ « angel face » se trouve compensé par l’aspect relationnel, qui entre aussi en ligne de compte. Le manager qui contourne, qui enrobe, sera défini comme « cool » et donc plus séduisant(e) que celui ou celle qui affectionne la fermeté.
32 Juillet-Août 2016
sente bien avec ma chef, je recherche la confiance et l’admiration », résume Jean, 31 ans, qui travaille
une façon d’exister pour le manager qui en a sou- vent une part dans sa fa- çon de parler, de se te- nir... Mais ce serait une grosse erreur que d’aller plus loin selon Sophie de Menthon : « Tout mana- ger cherche à plaire. J’en connais beaucoup qui peaufinent leurs tech- niques, mais ils s’empê- chent toujours de draguer dans l’entreprise parce que c’est une source d’ennuis ». le risque de contentieux ultérieur est élevé. « Les managers qui utilisent la séduction comme un véritable outil de management sont fous, car la ligne est ténue avec le harcèlement », remarque d’ailleurs Me eva touboul, avocate en
gêner les directions d’en- treprise qui ne savent comment réagir. « J’ai longtemps tout fait pour partir vite de la fête d’en- treprise (400 personnes) du nouvel an, pour ne pas être témoin à deux heures du matin de ce qui s’y passait », se sou- vient Sophie de Menthon. Car ceux qui franchissent le Rubicon sont nom- breux et appartiennent à toutes les catégories. « Bien souvent les PDG ne côtoient pas grand monde à part leur assis- tante et quelques direc- trices du Comex. Les choses vont vite », glisse- t-elle amusée. Quelques règles de base prédomi- nent dans ce cas : mieux vaut rester discret sur une
En Europe, près d'un tiers des couples se seraient rencontrés sur leur lieu de travail, selon une étude OpinionWay
pour Monster
en innovation dans le sec- teur de l’environnement. Mais l’empathie a ses li- mites. le risque est de dépasser la ligne invisible de celui qui veut trop plaire et n’assume donc plus sa position hiérar- chique. la séduction est toujours présente, c’est
droit du travail dont le site évoque précisément le sujet3.
relation. Si les niveaux hiérarchiques sont diffé- rents, toute promotion et augmentation seront su- jettes à caution. « Lors d’un séminaire, j’ai passé la nuit avec mon N +1. Quelques années plus tard j’ai obtenu une pro- motion, et cette aventure
BIENFAITS OU DÉSAGRÉMENTS, TOUT DÉPEND DU CONTEXTE
le sujet reste des plus délicats et a tendance à


































































































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