Page 84 - EcoRéseau n°31
P. 84
www.ecoreseau.fr
n°31
ART DE ViVRE & PATRiMoinE Baromètre Finance & Investissements
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulier
uLA SPÉCULATION DU MOIS L'or brille de mille feux
uLES BONS PLANS DU MOIS
Après une année 2015 difficile, le premier semestre 2016 voit une nouvelle envolée des cours de l'or et de l'argent-métal. Selon Jean-François Faure, président de la société Au- coffre.com, « nous rentrons dans un nouveau cycle de perception de l'or physique comme rempart contre les incertitudes liées aux marchés boursiers et à la solidité des monnaies fiduciaires. Le lancement récent d'une cotation de l'or en yuan est ainsi un si- gnal fort de la re-monétisation de l'or face au roi dollar. »
Assurance-vie : 5,4 milliards d’euros toujours non réclamés Les assureurs ont fait des efforts l’an dernier pour retrouver les bénéficiaires d’assurance-vie et réduire le nombre de contrats en déshérence. 1,9 milliard d’euros ont ainsi été reversés par les assureurs en 2015 aux bénéficiaires de ces contrats. « C’est autant de pouvoir d’achat qui a été rendu aux Français », s’est félicité le ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin. une action menée suite aux critiques formulées par la Cour
Selon le site spécialisé MeilleursAgents, les prix de l’immobilier en France seraient principalement soutenus par la baisse des taux de crédit. En effet, les taux ont reculé de 0,5% depuis le 1er janvier, entraînant une hausse du pouvoir d’achat des acheteurs. Sans ce coup de pouce artificiel, les professionnels estiment que les prix auraient diminué de 2 à 5% en France depuis le début de l’année. A l’inverse, on observe une hausse des prix de 1,1% à Paris, de 0,8% en petite couronne et de 1 à 1,5% dans les grandes agglomérations selon le baromètre annuel de MeilleursAgents. Reste que les conditions sont toujours optimales pour passer à l’achat, qu’il s’agisse d’une résidence principale ou d’un investissement. Avec les taux toujours à leurs plus bas niveaux historiques et des prix toujours relativement bas, la balle est dans le camp des acheteurs.
éthique & Finance
Est-il éthique de ne pas payer ses impôts ?
A
formulaires de déclaration d’impôt sur le revenu.
Débloquer son PERP sera bientôt possible
Le projet de loi Sapin 2 offre la possibilité aux détenteurs d’un Plan d’épargne retraite populaire (PERP) de le débloquer avant leur départ à la retraite. En effet, le PERP, créé en 2003, bloque en théorie l’argent placé jusqu’au moment du départ en retraite. La sortie se fait nécessairement par rente si le montant actuel atteint un minimum de 480 euros, sauf en cas d’acquisition d’une résidence principale. une situation problématique pour certains particuliers qui n’auraient pas dû souscrire de PERP au vu de leur situation financière, et qui ont tenté, en vain, de récupérer les sommes placées. Avec l’accord du Parlement, le gouvernement devrait créer un nouveau cas de déblocage anticipé des PERP peu alimentés. Mais certains détails qui entourent le dispositif restent pour l’heure flous, comme le seuil de montant autorisant le déblocage.
des comptes et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Malgré cette campagne, un rapport du régulateur du secteur estime à 5,4 milliards d’euros les fonds qui n’auraient toujours pas été versés à leurs titulaires. La situation est donc encore loin d’être régularisée...
De leur côté, les épargnants continuent de privilégier l’assurance-vie pour faire fructifier leur épargne. Sur les trois derniers mois, le total des versements a franchi la barre des 12 milliards d’euros selon les chiffres de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA).
Immobilier : une reprise fragile
par
lors que les Panama Papers continuent de faire couler de l’encre, nos boîtes aux lettres se sont remplies des
positionnement RSE pour « détourner l’attention et éviter des critiques potentielles ». Dowling réfutait ainsi la thèse de Milton Friedman, pour qui une entreprise, en tant que « personne artificielle », ne pouvait avoir aucune « responsabilité sociale » : la seule responsabilité possible, celle du dirigeant, exigeait d’abord qu’il minimisât les charges fiscales.
Questions sur l’éthique des stratégies fiscales
Arthur
nous observons tous, ça et là, des réactions divergentes : d’un côté, les adeptes du « ras-le-bol fiscal » qui s’affairent pour dénicher le bon placement déductible ; de l’autre, les défenseurs d’un modèle social en péril qui s’apprêtent à contribuer joyeusement. Généralement, ces derniers sont les plus appréciés des médias, qui encensent à juste titre leur vertu citoyenne. Les râleurs fiscaux suscitent, eux, l’indignation : ils seraient cupides, égoïstes, mauvais citoyens. En mettant de côté l’évasion fiscale (illégale et répréhensible), la pratique de l’optimisation soulève des questions éthiques intéressantes, souvent abordées au niveau des entreprises par les chercheurs en éthique des affaires.
Cohen
Sans promouvoir nullement les idéaux libertariens, plusieurs questions se posent : l’optimisation fiscale est-elle uniquement un moyen de réduire sa contribution au bien-être commun ? ne manifeste-t-elle pas aussi une méfiance vis-à-vis de l’usage des recettes fiscales ? ne constitue-t-elle pas un contrepouvoir distributif légitime, pertinent et efficace ? Son bénéfice social s’avère d’ailleurs parfois supérieur : les dons à des associations caritatives peuvent être plus utiles que les politiques de redistribution. Plus profondément, une autre forme d’optimisation fiscale, qui n’est pas autorisée, mériterait d’être encouragée : le paiement de l’impôt, non de façon pé- cuniaire, mais par l’engagement dans des activités d’utilité publique, renforcerait la cohésion sociale et serait accessible à tous les citoyens, y compris à ceux qui ne sont pas assujettis à l’impôt sur le revenu. En effet, pourquoi, en matière fiscale, la mesure de l’effort de contribution individuelle au bien commun serait-elle exclusivement monétaire ? En abolissant la corvée, ne s’est-on pas privés d’une autre manière d’œuvrer pour la collectivité ?
Président Directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquées au secteur financier
Le Britannique Lutz Preuss estimait par exemple en 2012 que l’impôt « ne devait pas être considéré comme un coût mais comme un moyen de maintenir la justice et la liberté », nécessaires à l’économie de marché. L’Australien Grahame Dowling s’interrogeait en 2014 : « si une entreprise ne paie aucun impôt, est-elle pour autant socialement irresponsable ? » il répondait en montrant que l’on pouvait « tester » l’engagement d’une entreprise envers les principes de la RSE en examinant sa stratégie fiscale : la pratique de l’optimisation révélerait les cas où les acteurs économiques instrumentaliseraient un
84
Juin 2016

