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La nouvelle Prius confirme le savoir-faire hybride de Toyota
L’Art du temps - L’actualité automobile ART DE ViVRE & PATRiMoinE ESSAIS & TENDANCES
Toyota hybrides
Par Philippe Flamand
chargeur de téléphone sans fil à induction, la climatisation automatique bizone avec dé- tection des passagers, des sièges avant chauffants, un affichage tête haute.... Elle offre également un grand confort, beaucoup d’espace (son coffre de 500 litres est débarrassé de la batterie logée sous la banquette arrière) et un agrément mécanique assuré par sa motorisation hybride : un moteur essence de 1,8 litre de cylindrée et 98 chevaux et un moteur électrique développant 72 chevaux, l’ensemble combiné offrant une puissance de 122 chevaux. Suffisante, aussi bien sur parcours urbain que sur route. A la clef une consom- mation de carburant très réduite – le constructeur annonce 3 litres aux 100 – et des rejets de CO2 ridicules de 70 grammes au kilomètre parcouru. L’ancêtre des véhicules hybrides qui fêtera son vingtième anniversaire l’an prochain et totalise à ce jour quelque 3,5 mil- lions de véhicules vendus dans le monde garde donc solidement le cap de l’écologique- ment correct. A noter que la version rechargeable de cette nouvelle Prius, dévoilée au salon de New York ce printemps, arrivera en fin d’année.
Un réel savoir-faire
Toyota confirme ainsi sa maîtrise de la technologie hybride déclinée désormais sur une partie de la gamme (Yaris, Auris, Prius, RAV). Sous le capot de la petite Yaris (entièrement produite à Valenciennes et dotée du label Origine France garantie), son utilité demeure néanmoins sujette à caution. Depuis 2012, la citadine propose une puissance mixte de 100 chevaux (avec un moteur essence de 1,5 litres) qui paraît bien faiblarde au volant. Restylée il y a deux ans, la Yaris hybride bénéficie d’un bon niveau de finition et d’équipement et se laisse conduire facilement, ce qui en fait sans nul doute son succès dans l’Hexagone. Quant au RAV4, lui aussi proposé en motorisation mixte thermique-électrique (un moteur essence de 2,5 litre de 150 chevaux, un ou deux moteurs électriques avant et arrière, selon que l’on est en version 2 ou 4 roues motrices, pour une puissance totale combinée de 197 chevaux) il marie les deux savoir-faire de Toyota qui inventa aussi le SUV compact avec la première génération de RAV en 1994. Comme la plupart des SUV du marché, le RAV4 millésime 2016 monte en gamme, et libère la place pour l’arrivée prochaine du « petit » SUV Toyota CHR présenté à Genève en mars dernier. Dérivé de la quatrième génération apparue en 2013, le RAV4 hybride est un SUV familial, très confortable, bien équipé, bien fini, doté d’une étrange planche de bord à surplomb plutôt disgracieuse, et d’une esthétique extérieure banale et sans grand intérêt. Un SUV maniable, silencieux mais un peu poussif sur route et pourtant relativement gourmand avec une consommation d’environ 8 litres aux 100 et une faible autonomie de seulement 550 kilomètres. De quoi s’interroger somme toute sur l’in- térêt de cette version hybride dont le tarif est de 3000 euros supérieur à celui du modèle diesel D-4D.
Modèles essayés : Toyota Yaris Hybrid Design, tarif à partir de 19400 euros. Tarif gamme essence à partir de 13700 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 16500 euros. Toyota RAV4 Hybrid 4X4 Lounge, tarif à partir de 42 00 euros. Tarif gamme essence à partir de 29000 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 28000 euros. Toyota Prius Dynamic Pack Premium, tarif à partir de 31400 euros. Tarif gamme hybrid à partir de 30400 euros.
A priori, la nouvelle Toyota Prius souffre d’un lourd handicap de départ : son look. A se demander comment les designers japonais ont pu dessiner un véhicule aussi peu gracieux, tout en arêtes et angles morts, avec une face avant au regard de poisson. Etrange. Déjà
peu séduisante à sa naissance, la Prius quatrième du nom ne gagne donc rien, c’est un euphémisme, à son restylage, hormis un très léger bonus aérodynamique, son coefficient de pénétration dans l’air passant de 0,25 à 0,24. Il faut dire que, de façon générale d’ail- leurs, Toyota ne se distingue pas particulièrement par son audace de style. Si le construc- teur japonais a longtemps partagé ce défaut avec ses concurrents nationaux, Mitsubishi, Nissan et surtout Mazda ont su faire leur révolution quand Toyota, lui, restait à la traîne. Aujourd’hui la gamme du premier constructeur mondial se révèle ainsi terne du point de vue design.
Dans notre essai de trois modèles hybrides, seule la petite Yaris tire son épingle du jeu. Le Rav4 est au contraire handicapé par une ligne assez banale et, lui aussi, une étrange face avant aplatie, plombante et sans charme.
Agrément de conduite
Une fois au volant en revanche la Prius sait se rendre attachante. L’habitacle est plutôt soigné, bien fini, avec ce parti pris futuriste qui en fait une voiture pas tout à fait comme les autres. Son équipement est généreux dans cette version Dynamic pack premium, avec entre autres l’ouverture/fermeture et démarrage sans clé, un système de pré-collision avec détection des piétons, la gestion automatique des feux de route, un régulateur de vitesse adaptatif, un grand écran tactile et un remarquable système audio JBL, sans oublier le
Juin 2016
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