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n°31
CLuB EnTREPREnDRE Culture du rebond - Sébastien Forest et l’aventure AlloResto
Apprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,
Détendu, le jeune dirigeant fait une pause dans sa vie professionnelle. A 42 ans, il se consacre à ses enfants et à sa vie de famille. « J’ai gagné de l’argent, j’en profite. Partir toutes les vacances scolaires n’est pas compatible avec la direction d’une entre- prise. J’ai décidé de faire un break pendant deux ou trois ans. » Pourtant, le trublion du Web n’a pas complétement mis de côté son appétence pour l’en- trepreneuriat. il investit dans des start-up et les fait bénéficier de son expé- rience. ironie du sort, il ac- compagne des entrepre- neurs dans le cadre du fonds d’investissement Pe- tit Poucet. « Les candidats sont des entrepreneurs toujours étudiants ou à peine sortis de l’école. Nous avons le même par- cours. »
idée trop précoce, levées de fonds démentes, bulle internet et happy-end. Sébastien Forest a tout connu avec AlloResto. Récit.
Expérience nourrissante
qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenir
Car c’est bien quand il était étudiant que tout a commencé. un dimanche soir de révisions pour sa licence de sciences éco, la faim se fait sentir. un fri-
DÉPENSER SANS COMPTER
L’argent ne manque pas. Les nTiC bouleversent le business et des idées nais- sent tous les 15 jours.
avec
ricaine.
gidaire vide, peu de res- taurants ouverts, il aurait bien aimé se faire livrer. En 1997, internet est en- core peu développé mais il est convaincu qu’il tient une idée. il déserte la Fac. Le jour où il aurait dû pas- ser sa maîtrise, il dépose les statuts d’AlloResto. « Nous étions le 2 juin 1998, à quelques jours du
coup d’envoi de la Coupe du Monde de foot, se sou- vient-il. Ce fut tout de suite un vrai succès com- mercial sur Paris et la pre- mière couronne, ainsi qu’à Lyon. Nous enregistrions deux ou trois commandes par jour : une prouesse alors que le Web balbutiait et qu’il fallait convaincre les restaurateurs du chiffre
d’affaires additionnel po- tentiel. » Tout roule : Al- loResto est élu meilleur site web de l’année 1998. La première levée de fonds s’opère en 1999. « Les 10 millions de francs servent à passer d’un one- man show – j’étais seul à l’époque – à un business structuré. Nous débau- chons les directeurs com-
merciaux et financiers de très grands groupes à grands coups de stocks op- tions. C’était une période folle ! »
« Nous y allions à tâtons. Nous apprenions tous les jours. » Mars 2000, la bulle internet explose. « La première start-up ferme sans que ses investisseurs, les plus prestigieux de la place, ne lèvent le petit doigt. C’est un signal fort. » En parallèle, celles toujours sur le marché doi- vent dépenser, presque
Le droit en pratique
«C
Lever des fonds auprès de « Friends & Family »
elui qui perd de l’argent perd beaucoup, celui qui perd un
Les fondateurs souhaitaient se passer d’une charpente juridique solide et d’un business plan en bonne et due forme. nous l’avons fortement déconseillé pour éviter que les in- vestisseurs ultérieurs n’y voient un aspect « business depuis son garage ». Même pour des amis ou de la famille le besoin de finan- cement et les sommes levées ne doivent pas sortir du chapeau.
A contrario, une certaine souplesse peut être recherchée pour ces opérations « amicales ». on pourra ainsi demander d’éviter des clauses qui dans d’autres configurations permettent de minimiser les risques des in- vestisseurs (clauses de type Ratchet ou les clauses de priorité).
De même, demandez à vos amis d’être in- dulgents avec votre capital social, votre tré- sor. il vous faut en garder un maximum pour les investisseurs potentiels qui viendraient plus tard. insistez alors sur la valorisation potentielle de l’entreprise et tentez de convaincre ce premier cercle d’accepter une faible dilution : l’objectif est d’aider les fon- dateurs, pas de négocier un investissement ultra-rentable.
C’est aussi pour cela qu’on appelle ce type d’investissements de la Love Money.
ami perd beaucoup plus » : Eleanor RooSEVELT, première dame amé-
Le cas de ce mois-ci le confirme : solliciter les amis et la famille en attendant des inves- tissements plus conséquents ne doit pas dis- penser de la rigueur juridique élémentaire.
En l’espèce, une société proposait une mar- ketplace dans le domaine maritime. Elle fait appel pour son premier tour de table à des business angels « friends and family », in- fluents et dotés d’un bon réseau dans le sec- teur maritime.
Des livraisons de repas qui ont connu l’ombre et la lumière...
34 Juin 2016
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