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sans compter. « Le modèle consiste à vite utiliser l’ar- gent car d’autres levées de fonds arrivent, avec en ligne de mire la Bourse, détaille Sébastien Forest. Le schéma est frénétique et encouragé par les finan- ciers qui étaient censés être les plus mesurés. Tous les ingrédients de la bulle s’autoalimentaient : les in-
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d’un business dans lequel ils n’ont plus d’espoir. » Abandonné, il licencie 27 personnes sur 30. « Mal- gré le licenciement, l’en- treprise n’est toujours pas rentable. » Vente du beau mobilier de bureau, démé- nagement dans des locaux modestes, mais aussi hé- bergement chez des amis, car l’absence de salaire
Culture du rebond - Sébastien Forest et l’aventure AlloResto CLuB EnTREPREnDRE çons en sont tirées : les in-
vestisseurs qui donnaient,
les analystes qui sortaient
des prévisions dithyram-
biques, les marchés annon-
cés comme colossaux. »
AlloResto continue à se
structurer, relève 10 mil-
lions de francs, ouvre de
luxueux bureaux à Paris et
Londres. « Même si notre
gestion est prudente, nous
dépensons le cash très
vite. Lever de l’argent re-
vient à repousser
l’échéance... » Malgré les fondamentaux du busi- le secteur des économies
l’affluence des com- mandes, le site n’est pas rentable. « Le business croît de 5% par mois. Il devrait progresser de 15 à 20%, nous n’y sommes pas. Le déficit se creuse. » Sébastien Forest croit tou- jours en son idée, en même temps qu’il décou- vre la réalité des fonds d’investissement. « Ils ne voient pas d’intérêt à continuer de s’occuper
ness : « Nos clients com- mandent alors en moyenne tous les trois mois. Si nous les incitons à commander tous les 1,5 mois, l’équilibre est de retour. Ce n’était pas une ambition délirante ». Le jeune dirigeant rachète pour l’euro symbolique leurs parts à ses investis- seurs, démarre un sondage auprès de ses 15000 clients et découvre un réel affect pour la marque. « Trois le-
d’énergie ou investit aux
l’oblige à quitter son pro- pre appartement. « J’ai pu faire face à cette traversée du désert grâce à mes ra- cines tourangelles et à mes proches, qui m’avaient permis de garder les pieds sur terre. »
L’EURO SYMBOLIQUE Quasiment revenu à son point de départ, Sébastien Forest, le tenace, reprend
Même si notre gestion était prudente, nous dépensions le cash très vite. Lever de l’argent revenait à repousser
ternautes veulent voir les photos des plats, ils souhai- tent être récompensés de leur fidélité et ils veulent des avis sur les restaurants. Difficile pour AlloResto de répondre à ce troisième cri- tère. On demande alors aux internautes de donner leur avis. C’est révolutionnaire à l’époque. » une amélio- ration de l’activité se fait sentir dès 2003. L’arrivée de l’ADSL est providen- tielle. « En 2004, le chiffre d’affaires atteint 1 M€, à l’équilibre. L’entreprise a, depuis, toujours été renta- ble. » A partir de 2007, les taux de croissance avoisi- nent les 50%. « Nous rede- venons une entreprise «nor- male».
ÉVÉNEMENT
Premières Assises des think tanks
Les dix ans de l'Observatoire des think tanks sont l'occasion de revenir sur la qualité de l'expertise et l'influence reconnues des think tanks dans les champs politiques, économiques et médiatiques. En partenariat avec EcoRéseau Business et Public Sénat, l'Observatoire des think tanks vous donnent rendez-vous le 4 juillet au Palais du Luxembourg pour ses pre- mières Assises Nationales. Ces Assises seront parrainées par deux person- nalités au parcours exceptionnel, dotées d'une véritable sensibilité pour les think tanks et l'intégration de la société civile dans la conception des politiques publiques :
- Karine Claireaux, sénateur de Saint-Pierre-et-Miquelon, maire de Saint- Pierre et présidente du bureau du Conseil National de la Mer et du Littoral - Nicole Fontaine, avocate, docteur d'Etat en droit public, ancien ministre
et ancienne présidente du Parlement Européen
Sous la forme d'une journée débat, les think tanks se confronteront à des parlementaires, ministres, institutionnels et personnalités du monde éco- nomique français et européen autour des thématiques suivantes : écologie et affaires internationales, économie et réforme de l'Etat, Europe et édu- cation, santé et numérique.
Ces Assises s'achèveront par la première cérémonie de remise du label "Gouvernance et Transparence des Think Tanks”.
Décerné par l’Observatoire suite à une étude réalisée de janvier à juin 2016, menée sur plus d'une centaine d'organisations, ce nouveau label témoigne des facteurs indispensables à la légitimité d'un think tank: ré- gularité de la production, bonne gouvernance et transparence financière. A vos agendas.
Chaque euro gagné est ré- investi et doit rapporter. » Just eat, le leader anglais de la livraison de repas à do- micile, rachète des parts
d’AlloResto en
« Nous aurions pu nous in- ternationaliser dès 2009 mais il aurait fallu beau- coup de cash, reconnaît Sé- bastien Forest. La prise de risque était trop importante. S’adosser à un groupe in- ternational était plus judi- cieux. » Progressivement, le dirigeant laisse s’installer Just eat et ne conserve que 20% du capital depuis 2014. Le fondateur opère à la di- rection du board d’Allo- Resto, qui a traité 100 M€ de volume d’affaires en 2015.
Entre deux périodes de va- cances scolaires, il soutient des start-up (Popmyday, Cariboo), des projets dans
côtés de P.
Morizet dans le fonds isai. Et les porteurs de projets qu’il côtoie entendront sou- vent de sa personne le même conseil : « Toujours interroger et écouter ses clients, pour éviter de se gratter la tête seul dans son bureau ».
Stéphanie Polette
ierre Kosciusko-
2011.
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