Page 31 - EcoRéseau n°31
P. 31
n°31
www.ecoreseau.fr
Interview croisée - Comment revisiter le e-commerce CLuB EnTREPREnDRE
chef étoilé et un sommelier de La Belle Assiette qui transforment la cuisine en restaurant gastronomique le temps d’un dîner. Et dans les prochains mois, nous ferons l’annonce d’un format inédit avec des grandes personnalités du secteur à une fréquence plus soutenue que celle des « summer » et « winter ». C.O.:onamisenplace un outil « Discourse » : une sorte de forum ouvert interne à la boîte. Lorsqu’un réel problème, un blocage ou une question stratégique se posent, un manager ou parfois moi- même allons écrire l’idée et la poster. Ce qui sera visible de tout le monde. nous nous en servons comme d’une boîte à idées. Le but est de croiser les méthodes et faire preuve de pédagogie. Cela permet de vraiment faire compren- dre la situation. Si je suis
créateur. En parallèle, je suivais également un mas- ter 2 entrepreneuriat à la faculté de sciences écono- miques de Montpellier. J’ai dû convaincre notamment le doyen de la faculté de pharmacie de me laisser du temps pour entrepren- dre. Durant cette année, je rencontre Sabine Safi, di- plômé de TBS avec une spéciliaté webmarketing à un start-up week-end à Toulouse. L’association est vite actée. La société est créée en 2011 mais nous n’avons pas d’argent. Je réalise un prêt de 20000 euros dans la banque dont je suis client mais la web agency qui développait le
met sur les rails.
Le gros risque surtout fut celui de se lancer dans une niche sans pour autant que le cadre réglementaire ne soit définitivement appli- qué. un an après une levée de 600000 euros, le buzz médiatique, les discours de Touraine en 2012, le décret d’application n’est toujours pas sorti. Les in- vestisseurs évoquent un business à risque. nous sommes à court de cash. nous ne vendons pas de médicaments. S’opère un pivot vers le paramédical et le cosmétique. La crois- sance revient. nous déci- dons de partir dans les mé- dicaments vétérinaires, cré-
expérience métier, la connaissance fine de la communauté, l’énergie commerciale, la créativité... L’ensemble de ces com- pétences et savoir-être sont intuitu personae.
faire grandir chacun d’entre eux et de recruter si possi- ble les stagiaires dans la prolongation de ce qu’ils ont déjà réalisé. C’est éga- lement une vraie satisfac- tion de voir un collabora- teur junior partir vers d’au- tres horizons pour un poste à responsabilité.
Se développer dans le e- commerce passe toujours par les mêmes fondamen- taux : être bon dans sa po- litique d’achats, bien gérer et ensuite bien marketer. Aujourd’hui, il existe un nouvel eldorado, celui de la Fintech, des plateformes collaboratives... Mais la levée de fonds ne fait pas tout. Le développement passe par une bonne connaissance métier et du pragmatisme dans les af- faires. Par exemple, être malin dans la com’, c’est par exemple profiter du buzz Hollande/Gayet pour promouvoir sa marque de casque de scooter (Moto- blouz).
En 15 ans, j’ai vu des gens grandir, s’écrouler, changer de statut. il faut garder les pieds sur terre et cultiver l’humain au-delà du mode statutaire que nous impo- sent les codes de l’entre- prise. Et ce côté humain, c’est toujours plus facile de le montrer en maillot de bain l’été ou autour d’un vin chaud à la mon- tagne l’hiver. D’où le for- mat événementiel que j’ai développé qui se veut à la
C.O. : Je n’ai pas une vi- sion mais un style qui évo- lue selon la taille de l’en- treprise. Mais ce qui im- porte le plus demeure la volonté de cultiver une vi- sion commune partagée de tous. nous sommes « dri- vés » par des objectifs et des deadlines. Si tout le monde va dans le même sens, les personnes peuvent alors s’exprimer, prendre des initiatives, parfois se planter. Mais le cap com- mun permet l’autonomie. il importe ensuite d’expli- quer tangiblement les causes d’un échec ou d’un manque de résultats. Au-
C.O. : Celui de se lancer et de se lancer vite. Au- jourd’hui, il existe de nom- breux prestataires à l’image des Magento ou PrestaS- hop qui permettent de lan- cer un site en un après- midi. Les modules Google
Six mois après la création, nous n'avions plus d'argent et toujours pas de site. Un an après, nous ne vendons pas de médicaments et les investisseurs se méfient. Aujourd'hui tout va bien...
jourd’hui, 35 personnes travaillent au sein de 1001Pharmacies.
Comment rester créa- tif ? Se réinventer dans le e-commerce ? H.B. : Hormis les temps en famille où je décon- necte, je suis en veille per- manente. Dès le matin, sous la douche, dans le
seul à cheminer sur plu- sieurs pistes de réflexion pendant deux mois, et qu’une fois ma réflexion à son terme j’acte la déci- sion, personne ne com- prendra mon cheminement. La décision peut alors sem- bler tomber du ciel et risque de créer des tensions ou un manque de compré- hension.
Un conseil à donner aux porteurs de projet qui se lancent dans le e-commerce ?
H.B. : Dans le e-com- merce, il y a avant tout le mot commerce. il y a 10- 15 ans, les acteurs de la vente privée se multi- pliaient pour vendre de tout et de rien sur internet. Aujourd’hui, ils ne sont plus que trois en France. Ces trois acteurs ont sur- vécu et se sont développés parce qu’ils étaient les tau- liers des solderies, du dés- tockage et de la mode tan- dis que les simples mar- keteurs se sont écroulés.
Shopping permettent même de tester rapidement son idée. il faut confronter son idée au marché. D’autant qu’il n’y pas plus de bar- rière à l’entrée du e-com- merce. Les coûts de lan- cement sont faibles. Reste ensuite à tester et adapter. 1001Pharmacies recense aujourd’hui 35000 réfé- rences mais nous ne savons jamais à l’avance les bonnes surprises comme les mauvaises. Par exem- ple, un produit bien mar- keté et connu peut ne pas connaître de décollage en
© DR
site marchand met la clé sous la porte. Six mois après la création, nous n’avions plus d’argent et toujours pas de site. Mais le prêt d’honneur de Créa- lia et le choix d’un nouveau prestataire solide nous re-
neau risqué mais un pari qui a fonctionné.
Quelle est votre vision du management et de l’entrepreneur ? H.B. : Mon danger et ma force résident dans mon
fois très sérieux dans les moments business mais aussi ludique et fun le reste du temps.
taxi... Dans l’événementiel, je regarde ce qui marche et ce qui ne marche pas et je sublime. J’ai créé ré- cemment de nouveaux for- mats événementiels, « Les dîners BigBoss ViP » où une douzaine de convives viennent chez moi avec un
matiè.
vanche, les produits de niche qu’on ose difficile- ment acheter dans une pharmacie cartonnent : pro- duit contre les hémorroïdes, test de contraception, arti- cle contre la mauvaise ha- leine... une bonne sur- prise.
Cédric O'neill, cofondateur de 1001Pharmacies et de eNova Santé
Après un Bac scientifique, Cédric O'neill choisit le cursus pharmacie même si Internet reste sa grande
passion. Il décide de cumuler les formations : cursus industrie en pharmacie auquel s'ajoute un master en entrepreneuriat qui l'amène à rencontrer sa future associée, Sabine Safi, lors d'un start-up week-end. De leur rencontre naquit 1001Pharmacies, détenue par leur autre création eNova Santé. Après moult pivots, retournements de situations et adaptations, l'entrepreneur voit la vie en rose et connaît
un essor agressif en Chine.
re de ventes. En re-
Côté management, l’enjeu réel, c’est l’empowerment et la valorisation rapide des salariés. Le but est de
Propos recueillis par Geoffroy Framery
Juin 2016 31

