Page 20 - EcoRéseau n°31
P. 20

www.ecoreseau.fr
n°31
PAnoRAMA Hexagone - Amortissement des infrastructures de l’Euro
Dans chaque numéro EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l'actualité française,
PPP
Comment ça marche
Faute de moyens financiers et afin de ne pas recourir à l’emprunt bancaire, les collectivités confient à un partenaire privé le finance- ment des travaux ainsi que la gestion de l’enceinte, générale- ment pour 20, 25 ou 30 ans. En contrepartie, les collectivités ver- sent un loyer substantiel à ces partenaires privés, et en deviennent définitivement propriétaire à l’issue du contrat. Pour des coûts forcé- ment importants pour les finances publiques, lesquels sont pointés du doigts par les associations, les partis d’opposition des villes concernées et certaines cours ré- gionales des comptes.
de se réinventer apparaît comme
Matmut Atlantique – Bordeaux L’impact girondin Adieu Chaban-Delmas, bonjour le Matmut Atlantique ! Le club de foot-
ball résident des Girondins de Bordeaux possède son nouvel écrin depuis un an tout juste. Les rugbymen de l’Union Bordeaux Bègles, en Top14, en profitent aussi.
42000 places pour un projet conclu avec le consortium Vinci-Fayat pour 165M€ (dont 20 M€ de l’État, pour 75 M€ de financement public au total) qui tourne déjà entre incentives (jusqu’à la location des vestiaires, des initiations bord pelouse, la connexion forte avec le monde du vin...), concerts, sport donc, en s’appuyant sur les 9000m2 d’espaces de réception. Les Girondins versent une redevance estimée entre 3 et 4 M€ par an, et Matmut, via le naming, s’est engagé pour 3,9 M€ pendant dix ans. Un embryon d’équilibre.
une nécessité.
Stadium Municipal – Toulouse Petit Poucet Le plus petit stade à accueillir l’Euro 2016 – qui avait déjà accueilli la Coupe du Monde 1998 – avec ses 33000 places a été préféré à celui de La Mosson (Montpellier), de la Beaujoire (Nantes) et de Roazhon Park (Rennes). Le Stadium rénové, inauguré en jan-
20
Juin 2016
vier dernier, s’est payé un lifting de 35 M€, essentiellement pour un meil- leur confort, une nouvelle pelouse, des équipements de sécurité et... des tribunes de presse agrandies (merci !)... qui ne seront pas conservées à l’is- sue de l’Euro (tant pis !). Toujours selon l’étude commandée par l’UEFA, l’impact des dépenses spectateurs devrait atteindre 52 M€. Un bon ratio in- vestissement/recettes donc en Haute-Garonne, pour ce qui reste l’équipe- ment le plus important de la 4e ville de France en terme de population après Paris, Marseille et Lyon.
Enceintes, jusqu’à quel stade ?
Tout beaux, tout neufs, mais la facture des stades de l’Euro 2016 de football est plutôt lourde,
afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)
alors même que le modèle d’exploitation reste à inventer.
Par Olivier Remy
Stade Félix Bollaert-Delelis – Lens Historiquement Sang et Or En 1984, le stade nordiste avait accueilli deux rencontres de l’Euro... Rénové durant de longs mois, les supporters Sang et Or du RC Lens l’ont redécouvert en décembre dernier : 3000 places de moins – la jauge est à 35000, mais un stade complètement modernisé. En tout, 70 M€ investis dont une enveloppe de l’État de 8 M€ et un plan de développement classique pour ce bastion du Nord : historiquement rem- pli à chaque rencontre, les investissements mesurés pour la remise aux normes et l’amélioration des
conditions d’accueil doivent être compensés essentiellement par la billetterie. Les retombées spectateurs de l’Euro, estimées à 50 M€ selon le CDES, sont attendues dès les prochaines semaines dans une région qui souffre écono- miquement.
Parc des Princes – Paris PSG effect En signant un bail emphytéotique de 30 ans avec le PSG qatari, la Mairie de Paris a donné les clés du stade au club de la capitale dans tous les sens du terme. Porté à 45000 places (avec 75M€ de travaux de rénovation
tout de même), le stade devrait surtout subir un nouveau très grand lifting et les investissements afférents après l’Euro. De quoi à nouveau énerver les rive- rains... mais pas forcément la ville qui attend 141 M€ de retombées et s’ap- prête à accueillir 2,5 millions de personnes.
Stade de France – Paris-Saint-Denis Nécessité de se réinventer Le plus grand stade de l’Hexagone, inauguré en 1998 pour la Coupe du Monde de football, accueillera notamment la rencon- tre d’ouverture et la finale (pour sept matches au total). Pas de travaux d’envergure mais une manne estimée à 200 M€ pour
les retombées spectateurs. Une bonne nouvelle pour un consortium à la bagarre avec certaines grandes fédérations dont il accueille les matches internationaux, dont le rugby qui projette un stade concurrent dans le Sud parisien. Tout juste à l’équilibre, le SDF voit monter la concurrence des autres grands stades de province. L’heure pour lui


































































































   18   19   20   21   22