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PAnoRAMA Régions & Territoires - Auvergne Rhône-Alpes
u Grenoble, ville-laboratoire
Si le bassin grenoblois évolue quelque peu dans l’ombre du géant lyonnais, il occupe une posture avant-gardiste où l’innovation donne lieu aussi bien à la conduite de projets atypiques qu’à l’essor de savoir-faire scientifiques et technologiques. La naissance il y a quelques mois de la plateforme « Ville de demain » témoigne de cette particularité. il s’agit d’une démarche visant à rapprocher les intelligences autour des chantiers du 21ème siècle. Toutes les formes d’innovation sont encouragées au travers de collaborations entre acteurs publics, économiques, académiques, ou membres de la société civile. Parmi les initiatives déjà lancées, on peut citer une étude sur la place de l’information en ville, en partenariat avec l’institut de Géographie Alpine, ou encore sur l’émergence de l’économie du partage, menée conjointement avec Grenoble Ecole de Management. « Les services climatiques en ville ou l’optimisation des usages des bâtiments publics figurent parmi les domaines d’amélioration », illustre Thibault
u De la création de valeur issue du rapprochement Auvergne-Rhône-Alpes
L’Auvergne a vocation à être une source d’inspiration pour le territoire rhônalpin, et inversement. De l’aveu de Philippe Valentin, « les allers-retours des responsables de filières et de Chambres de commerce entre Lyon et Clermont-Ferrand se multiplient car les savoir-faire des deux régions
Daudigeos, professeur au sein de l’éta- blissement.
La ville se distingue aussi par la richesse des activités R&D et l’émergence de nouveaux potentiels. Les responsables municipaux ont prévu la création de 400 start-up au cours de la décennie 2013-2023. Symbole du dynamisme local : en 2013, Grenoble s’est retrouvée en cinquième position au classement mondial des villes les plus innovantes établi par le magazine Forbes. « D’im-
peuvent donner lieu à des innovations
singulières ». Des synergies ont d’ores et
déjà vu le jour. « Cette année, des opérations
de rencontres et de croisements des connais-
sances entre l’écosystème des céréales,
l’agriculture auvergnate, et le nôtre, sont
organisées. Il s’agit de se retrouver dans
le cadre d’événements communs. L’agri-
culture utilise de plus en plus de techno-
logies numériques, pour garantir la tra-
çabilité, pour mettre sur pied des processus d’automatisation. Dans notre cas, la fusion des régions aide donc à créer de nouvelles opportunités », estime isabelle Guillaume, déléguée générale du pôle de compétitivité de Rhône-Alpes Minalogic, dédié aux solutions micro et nano-électroniques. Les projets en question impliquent le pôle de compétitivité Céréales Vallée du côté auvergnat.
portantes mutations ont eu lieu récemment dans la région. Elles consistent notamment à passer d’un contexte de recherche pure à la recherche appliquée menant à la création de start- up », indique Thibault Daudigeos.
L’accompagnement des sociétés innovantes à tous les stades de leur vie est une des particularités de l’écosystème. Pour les projets encore dans l’œuf, GRAViT (Grenoble alpes valorisation et innovation technologique) aide à la maturation des idées issues de la recherche. GRAin (Grenoble Alpes incubation) prend ensuite le relais pour le développement de stratégies de conquête de marché. En troisième lieu, c’est la structure PETALE (Pépinière technologie alpine d’entreprises) qui intervient afin de mettre sur les rails le volet de recherche de financement et de partenaires.
Le potentiel touristique en ressort lui aussi accru par ce rapprochement régional. Avec quelque 20 milliards d’euros issus de la consommation touristique, 138000 emplois directs et 180 millions de nuitées par an, Auvergne Rhône-Alpes représente la deuxième région touristique de la première destination mondiale. Des thématiques comme la pleine nature, le thermalisme, les stations de montagne, formeront dès 2017 le cadre d’intervention prioritaire de la région en matière d’investissements. L’année 2016 est également marquée par la fusion des deux Comités régionaux de tourisme (CRT).
uUne approche transversale de l’innovation
Au carrefour des secteurs phares qui tractent l’économie régionale, on mise sur de nouvelles filières vouées à connaître un fort développement. « La gestion du dernier kilomètre dans le domaine des transports de marchandises, par exemple, fait intervenir des acteurs variés, issus des métiers de la logistique, des technologies. Il s’agit de thèmes transverses, aujourd’hui au cœur des priorités », explique Philippe Valentin, vice-président de la CCi de Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne en charge de l’international, des filières et des réseaux. « Parmi les filières à cheval entre deux secteurs, on peut citer le numérique appliqué au bâtiment, ou
uNourrir les forces territoriales insoupçonnées Lyon et ses environs, terre de l’offshore pétrolier. Le constat peut paraître surprenant, c’est pourtant bien une réalité. « Nous avons remarqué au cours des dernières années que bon nombre de sociétés étaient directement ou indirectement impliquées dans ce secteur et qu’elles avaient des intérêts communs sans même le savoir. L’activité s’exerçait en ordre dispersé. C’est pour les rassembler et structurer la filière que nous avons mis sur pied un club d’animation. 170 sociétés locales sont aujourd’hui regroupées et se côtoient régulièrement », explique Laurent Baccouche.
encore à la gestion du patrimoine. La rencontre de deux métiers en crée ainsi un troisième. Le résultat de cette tendance est une attractivité accrue et de nouvelles implantations d’entreprises
Ce travail de mise en réseau se vérifie dans d’autres domaines d’activité qui gagnent en importance, comme dans l’agri-
culture innovante. La plaine de la Limagne
doit voir naître dans les prochains mois
Laurent Baccouche souligne que les acteurs « n’ont pas attendu le récent rapprochement régional pour faire se rencontrer les savoir-faire et les ambitions. Mais la question de l’équilibre reste à trouver pour cette nouvelle grande région ».
sur le territoire », se réjouit-il.
L’innovation s’inscrit par ailleurs dans un véritable chan- gement de paradigme : celle-ci n’est plus seulement technologique, mais intègre d’autres aspects relatifs à l’organisation, à la performance, au financement. Les projets collaboratifs sont désormais vus de manière plus
un laboratoire d’innovation territorial à
ciel ouvert visant à élaborer une offre
agro-écologique connectée. Les exploitants
agricoles et autres acteurs auront vocation
à mettre à profit les dernières avancées
scientifiques et technologiques permettant
de gagner en performance et en qualité.
L’institut national de recherche en sciences
et technologies pour l’environnement et
l’agriculture (irstea), l’institut national de
la recherche agronomique (inra), le pôle
de compétitivité Céréales Vallées et le groupe Limagrain sont les quatre porteurs de projet sur lesquels s’appuieront les acteurs de la filière.
large, avec une approche beaucoup plus globale qu’il y a quelques années encore. Le caractère transversal de la filière numérique revêt ainsi une importance capitale. Elle trouve des applications et usages dans une multitude de domaines d’activité, au sein même d’autres projets innovants. « Nous avons mis sur pied dans notre département un projet intitulé Soflex qui a été développé dans cette optique. Il consiste en une gamme de services professionnels disponibles sous forme de logiciels Métiers permettant de travailler avec des donneurs d’ordre. Les PME de la filière mécanique peuvent s’abonner à tout moment à ces solutions pour un temps qu’elles estiment nécessaires à leurs travaux. Concrètement, au lieu de payer 10000 euros pour l’achat d’une licence professionnelle, la société cliente s’acquitte d’un abonnement mensuel de 400 ou 500 euros », illustre Serge Zarembowitch, directeur du développement économique et international du Conseil départemental de la Loire. une pratique d’achat d’usage au cours d’une période donnée qui s’inscrit
« Dans tous les domaines d’avenir de la région, le rapprochement des organisations partageant des intérêts communs devient une constante. Même au sein de notre salon, les attentes des visiteurs et les approches évoluent, remarque Laurent Baccouche. Il y a dix ans, on se rendait sur le salon pour recueillir des informations pratiques relatives à l’organisation des projets, aux financements. Désormais, on cherche des informations beaucoup plus spécialisées, personnalisées. Le partage d’expériences avec d’autres entreprises ou organisations synonymes d’intérêt mutuel devient central. »
pleinement dans les valeurs prônées par l’économie de la fonctionnalité.
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Juin 2016

