Page 40 - EcoRéseau n°30
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n°30
CLUB ENTREPRENdRE Business guides - Pièges à éviter lors du développement de l'entreprise
Dans chaque numéro, EcoRéseau Business s'intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeant
Le classico de la fausse route
2 Avoir les reins solides
3 Le commercial, nerf de la guerre Q4 Bétonnez vos CGV
(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseils
Comment contourner les chausse-trappes traditionnelles lors du développement de votre projet ? Réponses des avocats et consultants.
Mots-clés Par Geoffroy Framery 1 Être frileux au moment d’aller voir les banques ?
d’après l’étude 2015 de l’aPCE. Un chiffre à la baisse au regard de celui de 2014, qui s’explique notamment par la désaffection pour le statut d’auto-entrepreneur, devenu moins attractif en raison des dernières législations à son égard. autre point noir, seules 5% des entreprises employaient des salariés dès le démarrage l’année dernière. En parallèle, le nombre de créations d’entreprises dites traditionnelles poursuit sa croissance (+13%). Ces entreprises ont d’ailleurs atteint leur plus haut niveau depuis 2009 (300800 créa- tions). L’enquête révèle plusieurs secteurs d’activité en croissance parmi lesquels, les transports (+46%), les activités financières, la santé, l’immobilier, les arts et spectacles et activités récréatives.
5 Gare à la location financière .
ui n’a jamais rêvé d’une licorne ? Non, on ne vous parle pas de l’ani- mal mythique mais de la dernière dénomination pour ces start-up qui connaissent une croissance fulgurante, raflant les levées de fonds, en-
de progresser et particulièrement pour les TPE. Et depuis un an, les défaillances de micro-employeurs recensées chaque trimestre, atteignent des niveaux record – notamment les premier et dernier trimestres de 2015 – selon les différentes études menées par l’expert en data altares.
fonçant les portes virtuelles – tambours battants – du Nasdaq et propulsant sur le devant de la scène micro-économique des entrepreneurs, encore sombres inconnus quelques années auparavant. Oui le conte de fées entrepreneurial est une belle pommade lorsqu’il s’agit de reposer vos yeux alourdis par les jour- nées harassantes et penser à des jours plus radieux vous concernant. Vous étiez au moins 525000 à penser ce rêve réalisable, dont 43% d’auto-entrepreneurs,
Comment expliquer ces ratés ?
Recenser tous les pièges qui jalonnent la vie des entrepreneurs revient souvent à élaborer un inventaire à la Prévert. ici, EcoRéseau Business entend vous pro- poser un focus sur différents aspects opérationnels qui mettent souvent en péril le bon démarrage, voire le développement du projet.
Fiction : Quand François Pignon décide de monter son entreprise
contre vents et marées
Malgré ce fléchissement, presque une éclaircie dans notre moro-
sité socio-économique, les défaillances d’entreprises continuent
Malgré son entichement pour les maquettes en allumettes, François Pignon décide de créer son entreprise en rapport avec son second violon d’ingres : la cuisine. il crée donc son petit restaurant parisien mêlant bar à vins, cuisine familiale et rapport qualité/prix évident. après 20 années lugubres passées à Bercy, notre quadragé- naire, voûté par l’inertie de l’administration française, décide de se jeter à l’eau. il est mignon M. Pignon. Mais surtout, il est frileux. Le bas de laine constitué pen- dantcesannéesdeloyauxservicesatteintplusieursdizainesdemilliersd’euros 1 . assez et largement suffisant selon notre ancien comptable pour restaurer les vieux locaux d’un bar miteux du xxe, mettre en ligne un site vitrine grâce à son neveu geek étudiant depuis quelques mois à l’école 42, déve-
tante.
Qu’à cela ne tienne, François ne se démoralise pas, même si le stress de l’entre- preneur n’améliore pas sa calvitie grimpante... Se passe une première année. Sa cuisine rencontre un franc succès mais les locaux sont trop petits. La jauge ne per- met pas de rentrer dans le prévisionnel espéré 2 . après quelques rendez-vous dans les BGE, CCi et consorts, l’idée lui vient d’élargir son marché en modifiant son business model 3 . « La fière allumette » devient « La fière allumette chez vous ». François optimise sa cuisine et recrute des cuisto-coursiers à vélo en mode Uber. Un concept est né. Les commandes se multiplient. François décide dès lors d’ouvrir
40 Mai 2016
lopper une application pour tablettes et smartphones
pour commander et se faire livrer, communiquer selon
un plan cross et omni-canal (oui François a longuement
parlé avec son beau-frère qui bosse chez Publicis), et
surtout embaucher de la main d’œuvre qualifiée et rom-
pue à l’exercice des restaurants parisiens. La valse des
problèmes commence pour notre malheureux Pignon
qui doit faire face aux premières invectives du RSi qui
exige d’avance quelques dizaines de milliers d’euros
suite à la création de Pignon SaS, personne morale qui
détient 100% de la brasserie « La fière allumette ». Fran-
çois désemparé rend visite à sa tante nonagénaire, mange son rôti trop cuit et arrive à la convaincre de lui avancer les deniers nécessaires pour éviter la venue des huis- siers. Soulagé, notre entrepreneur multiplie les rendez-vous auprès d’entreprises... partout en France, pour espérer fonder d’autres établissements. Les frais s’amon- cellent et deviennent faramineux, obligeant le créateur à se contenter d’un sandwich triangle acheté au supermarché du coin, plutôt que de prendre son andouillette frites adorée... François, dubitatif, se demande si emprunter de l’argent n’eût pas été une meilleure solution plutôt que de multiplier les allers-retours chez sa vieille
sa plateforme à d’autres restaurateurs. Mais, les mau- vaises notations sur Trip advisor sortent leur nez. Chaque étoile en moins lui vaut une baisse de 10% de son Ca. François regrette son manque d’anticipation et fulmine à la lecture des critiques évoquant les plats parfois livrés froids, parfois livrés de manière incomplète... Un aligot sans saucisse ! Que diable ! En litige avec certains de ses prestataires, François perd la partie au tribunal. La faute à des CGV 4 peut explicites sur les obligations des autres restaurateurs. C’est la goutte d’eau pour François qui dé- cide de revendre son restaurant et de commencer une troi- sième vie en camping-car pour redécouvrir la France...
le BFR, une notion souvent parsemée de pièges...
La cession se réalise sans aucun écueil. M. Pignon coule des jours heureux le long de la route des vins... Jusqu’à l’arrivée, un beau jour, d’un courrier des huissiers lui réclamant plusieurs milliers d’euros ! François, aussi surpris qu’embarrassé, exige un éclaircissement. Quelques semaines plus tard, il recevra un mail qui lui fera mention d’une reconduction tacite de ses différents contrats en location finan- cière de matériel pour son restaurant, malgré la cessation d’activité 5 . Un comble. Courage, François.
Cahier pratique n°1 - Conseils Développement
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