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n°30
CLUB ENTREPRENdRE En immersion - Magasin colette
Dans chaque numéro, un(e) journaliste d'EcoRéseau Business fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)
C olette a aujourd’hui soufflé ses 19 bou- gies. Elle naquit lors d’une journée de printemps, en mars 1997. a l’origine du magasin éponyme se trouve un duo, Colette Rous- saux et sa fille Sarah an- delman, actuelle directrice artistique de la boutique. Leur envie ? Créer un écrin représentatif de la création dans son acception la plus large. Le tandem voyage aux quatre coins du monde et trouve autant d’inspiration en amérique qu’en asie, autant en angleterre que dans les pays nordiques, et les deux femmes deviennent de véritables chasseuses de tendances. Guillaume Sal- mon, responsable de la com- munication, entretient le mystère et ajoute : « Pour le sourcing, notre acheteuse fonctionne au coup de cœur. » installée au 213 de la rue Saint-Honoré, dans le premier arrondissement de Paris, la boutique est ra- pidement devenue l’un des magasins phares de la célèbre rue. Tout comme « colette » a rapidement désigné bien plus que le « seul » magasin, pour devenir une marque internationalement réputée.
Le luxe branché en toute sobriété.
jouxtent d’autres tables et aménagements mobiliers pa- rés d’accessoires de luxe et de musique... Le magasin tient à son étiquette « d’unique en son genre » et se réclame d’un position- nement réactif et spontané. Chaque semaine la vitrine change. Et chaque produit, surtout le prêt-à-porter, connaît différentes scénari- sations pour montrer plu- sieurs manières de porter ou de conjuguer les articles. L’endroit se veut également
effectivement plusieurs bou- teilles dessinées par Philippe Starck et atteignent plusieurs dizaines d’euros. Le sens du détail est omniprésent. L’ar- chitecture d’intérieur et le décor faisant écho aux courbes de l’eau, à sa trans- parence et à son coté épuré. Le bar a eau et sa partie res- tauration mobilisent une pe- tite quinzaine de personnes chaque jour sur un effectif total d’une centaine de sa- lariés. Chaque jour, cet es- pace de restauration reçoit de 150 à 200 couverts... Nous prenons l’ascenseur, arrivons au premier. Une partie de l’étage est spécia- lement dédiée à l’exposition de Blair chivers, un artiste canadien. Mais ne vous at- tendez pas à une expo figée. L’idée de « colette » est éga- lement de créer un mix entre la mode et l’art, et donne la possibilité avec un procédé de « life screen painting » de personnaliser un vêtement et de le décliner à la sauce de l’expo. Une manière de faire de la customisation ar- tistique dans le secteur du luxe.
Lieu de chasse... de tendances
afin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiers
Comment faire pour se renouveler et susciter la rareté ? Un magasin unique à la croisée du tech, du branché et du luxe semble avoir la réponse : colette.
CARREFouR d’idéEs dAns L’AiR du TEmPs
arrivée à 10h30. Le vigile donne le ton. Malgré son allure sévère, ce dernier porte des Stan Smith et a retroussé son pantalon pour se mettre en mode sept-huitième. Me voilà accueilli par Guillaume Salmon, responsable de la communication. Nous pé- nétrons alors dans ces 700 m2 répartis sur trois niveaux... L’ambiance est résolument moderne et mêle habilement le high tech, l’art, le street wear, etc. Rien ne choque. Même lorsque les paquets de bonbons Haribo côtoient des raquettes de sport ou des bougies qui elles-mêmes
11h sonne l’ouverture. dif- ficile de décrire les clients aficionados de la marque tant les styles vestimentaires et les âges diffèrent. « J’ai
bAR à EAu ET ExPos bRAnCHéEs
Colette n’est ni une boutique de prêt à porter, ni une bou- tique d’accessoires, ni un bar à eau, ni même une ga- lerie d’art. Mais un peu tout ça à la fois. « C’est un mode de vie et un lieu qui sur-
Si l’idée de déguster du La- durée, du Fauchon, du Jean
30 Mai 2016
notre sélection musicale, et afin d’humer l’air musical du temps, retrouvez régu- lièrement les compilations colette. Une sélection de DVD cultes, importés ou ou- bliés, est également propo- sée, articulée autour de thèmes ou de coups de cœur », souligne Guillaume Salmon.
vendeurs. C’est un endroit où l’on peut flâner et dé- couvrir des marques qui re- lèvent tantôt du confidentiel, tantôt du très chic, tantôt de l’inconnu...
sionnel de la communication au sujet des installations de son niveau -1. Quelques marches plus bas, un bar à eau qui existe depuis la créa- tion. Une soixantaine de ré- férences en tout. du français et de l’exotique : Norvège, islande, Serbie... Et de la petite restauration parisienne. des nappes et de la décora- tion temporaire qui ornent chaque table. Une exposition. C’est sobre, feutré.
Juste en deçà de l’exposition, se trouve la Beauty Box qui propose parfums, maquil- lages et soins qui proviennent de pays parfois situés aux confins du monde. « Ce sont des produits de niche dont nous avons parfois l’exclu- sivité », renchérit Guillaume Salmon. L’espace est ensuite occupé par le prêt-à-porter homme- femme. Comme bien souvent, la part belle est accordée à la femme. Rien de surprenant. Mais surtout nous rentrons encore une fois dans un univers d’avant-garde où les grandes griffes rencontrent les créa- teurs de niche. Unique et incomparable. a l’image du
C'est un endroit où l'on peut flâner et découvrir qui relèvent tantôt du confidentiel, tantôt du
des marques très chic,
.
tantôt de l’inconnu...
prescripteur. « Nous propo- l’habitude de dire que nos prend
sons une sélection de livres clients sont un peu comme Salmon qui m’invite à passer et de magazines rares et ex- les lecteurs de Tintin... Leur au sous-sol pour découvrir clusifs traitant de mode, portrait-robot est difficile à le bar à eau et l’endroit dédié d’art, de style, de photogra- établir », se réjouit Guil- à la petite restauration. « phie, de graphisme, de cul- laume Salmon. Cela parle Colette est de fait atypique, tures urbaines ou de design. anglais. d’autres langues il fallait donc créer un lieu Un mur d’écoute d’iPads étrangèresaussi.Lesclients en adéquation avec l’es- vous permet de découvrir ne sont pas pressés par les prit », continue le profes-
», explique Guillaume
imbert ou du Cyril Lignac avec une eau norvégienne vous tente... Les variétés d’eau se monnayent quelques euros mais certains produits consistent davantage en des œuvres à collectionner plutôt qu’en d’ordinaires conte- nants. Le water bar vend
magasin.
Geoffroy Framery

