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n°30
CLUB ENTREPRENdRE Electron libre - Olivier Gourio, Dg. du Groupe Hôtels & Patrimoine
Dans cette rubrique EcoRéseau Business met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entreprise
Rendez-vous avec l’Histoire
Q u’ont en commun l’abbaye de Sorèze au bord du Tarn, celle de Saint Maximin près d’aix-en-Provence, ou en- core le Château Fort mé- diéval de Sedan, si ce n’est être de merveilleux sites photogéniques chargés d’histoire ? Tous, classés aux Monuments historiques, comptent désormais en leurs murs un hôtel trois ou quatre étoiles du groupe Hôtels & Patrimoine. Son dirigeant, Olivier Gourio, est un homme pressé au sourire charmeur qui s’est spécialisé dans la réhabilitation de ces édifices classés et leur trans- formation en hôtels de charme, tout en préservant l’histoire du lieu, alors que l’Etat ou la collectivité garde la propriété des murs. Le partenariat public-privé (PPP) semble être la bonne formule pour marcher de concert, en atteste encore la prochaine ouverture de l’abbaye de Saint-Savin, surnommée la « Sixtine de l’époque Romane » près de Poitiers, où l’Etat est le bailleur. Les deux parties accomplissent ensemble une commercialisation de la des- tination pour du tourisme individuel, de groupe, des séminaires et de l’évène- mentiel. « Les coûts d’ex- ploitation sont élevés, mais le lieu est magique. Nous ne vendons pas un hôtel ou un restaurant, mais un site, et les clients viennent avant tout vivre une expérience », s’enthousiasme ce dG qui se sait attentivement observé par les grands groupes : « Ils savent que nous avons des années d’avance de par- tenariats public-privé avec les collectivités dans des
réhabilitant du patrimoine classé. Bien lui en a pris...
RévéLATEuR
d’un CHAnGEmEnT soCiéTAL
« Depuis quatre ans les clients recherchent des séjours plus anticonformistes. Nous ra- contons une histoire, et le charme agit lorsque le dé- jeuner se prolonge dans les travées du cloître de Saint- Maximin, que les Domini- cains occupaient encore en 1959 », affirme-t-il, se dé- fendant pour autant de faire du luxe. « Nous pouvons lo- ger les gens à partir de 75 euros dans des sites qui ont 1000 ans d’histoire et plu- sieurs vies (guerre de Cent ans, Révolution française... ). A Sedan le château a été une forteresse, une prison... et les murs font 27 mètres d’épaisseur », illustre le di- rigeant d’un groupe en pleine levée de fonds, auprès d’in- dustriels comme d’institu- tionnels, qui se trouve en plus sollicité par les conseils municipaux. ambitieux ? « Pourquoi pas l’international un jour ? Les sites ne man- quent pas en Europe. Mais pour l’heure nous devons faire nos preuves avec ce schéma atypique. Trop petits, nous ne secouons pas le co- cotier de l’hôtellerie, mais nous entrons dans le milliard d’euros dont avait parlé Lau- rent Fabius : les hôtels sont ancrés dans leurs territoires, employant des familles du coin, utilisant des produits locaux en restauration. » au début le modèle ne convain- quait pas. « Les collectivités vivaient sur un grand train et ne prêtaient pas attention à notre offre. Aujourd’hui on nous regarde : Fondation du patrimoine, ministres, dépu- tés, industriels... », se réjouit celui à qui la CdC a demandé de trouver plus de dossiers... Et les médias relaient, comme à l’époque ils relayaient cette fameuse traversée du Sa-
Julien Tarby
évolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnelle
Cet entrepreneur qui a traversé le Sahara en char à voile a le premier revisité l’hôtellerie de charme,
University en marketing stratégique et financier, Oli- vier Gourio s’occupe la nuit
Les difficultés du voyage comme les sables mouvants et les moustiques la nuit
présence dans la presse écrite. Les politiques aussi prennent conscience du pa-
dores situés près de Saint- Jacques-de-Compostelle et a déclaré que « cette idée très belle doit être reproduite en France ». de plus l’Hexa- gone compte 36000 monu- ments et châteaux de toutes tailles, dont une bonne partie appartient à l’Etat et aux collectivités, « qui fonction- nent par dotation, ne cher- chent surtout pas à gagner d’argent, les milieux de la culture craignant par-dessus tout de devenir mercan- tiles », précise ce pionnier, qui cherche toujours à faire entendre à l’élu qu’« il n’est pas dans son métier de faire de l’exploitation hôtelière. Son rôle consiste à s’assurer que le bien public n’est pas galvaudé au profit d’intérêts privés. Il conserve donc les murs, dans un cadre juri- dique mature qu’est le PPP, travaillé en amont avec lui ». La mauvaise réputation du PPP ? L’expert de l’hôtel- lerie, associé à un ancien banquier, la balaie d’un re- vers de main. « Nous créons ex-nihilo un hôtel ou res- taurant, donc de la valeur et des emplois non déloca- lisables sur le long terme. La collectivité fait les tra- vaux, restaure, mais nous y sommes pour longtemps avec un bail emphytéotique. Supérieur à 30 ans, il équi- vaut à une quasi propriété des murs selon le banquier. Ce n’est pas une délégation
de la comptabilité d’un hôtel de 600 chambres pour fi- nancer ses études. il a par la suite intégré la task force du service développement d’accor UK. « J’étais le seul Français. A partir du Novotel Londres nous avons essaimé », se souvient cet homme aux multiples ex- périences. En 1990, il ac- complit son service militaire dans la Marine pendant la guerre du Golfe, sur le bâ- timent amiral La Marne. « Avec d’autres officiers nous organisions des convois humanitaires depuis Djibouti, vers l’Ethiopie, la Somalie, les camps de ré- fugiés de l’Erythrée. A 20 ans j’ai pris goût à ces sor- ties des sentiers battus. » il fonde par la suite CBCV, société d’évènementiel, et traverse en 1994 le Sahara dans le sens Nord-Sud en Speed Sail, à la seule force du vent sur les traces d’ar- naud de Rosnay dont il com- mémore la disparition. Cet aventurier avait disparu en 1984 en planche à voile dans le détroit de Béring.
ont endurci le jeune fonceur, mais aussi le manque de sponsors durant la crise. « J’ai appris qu’il fallait exister par tous les canaux et savoir parfois tirer la couverture à soi. » Un film a été tourné et une grosse campagne de communica- tion a accompagné l’évè- nement. dirigeant succes- sivement plusieurs établis- sements en France et en Europe, Olivier Gourio exerce ensuite une activité de conseil en stratégie et fusacq hôtelière, avant de
trimoine à sauvegarder et de la solution que nous pro- posons », rappelle celui qui adore découvrir un site et se transposer dans le futur avec l’élu.
En toute simplicité...
lieux atypiques ».
La collectivité conserve les murs, dans un cadre juridique de PPP, et nous assurons l’exploitation hôtelière dans un site magique et classé
fonder Hôtels & Patrimoine ces lieux publics, car les de service public. Nous en 2010 où il ne néglige murs continuent d’apparte- créons une destination, avec pas non plus le plan media. nir à l’Etat. Au Portugal généralement un parcours « Nous sommes parvenus à aussi les “Pansadas” ont muséographique et des ac- décrocher trois minutes en été rachetés par un groupe tivités culturelles », explique prime sur TF1 à propos de privé », évoque-t-il, s’en ré- le dirigeant de cette société la société et de ses réalisa- férant même au général de de 121 salariés, qui réalise tions à Sedan et Saint-Maxi- Gaulle qui a écrit ses mé- six millions d’euros de Ca. min, sans compter notre moires dans un des Para-
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un FondATEuR ATyPiquE
Passé par l’école de Cam- bridge délocalisée dans Lon- dres, puis Hammersmith
32 Mai 2016
hara...
un ConCEPT
qui A mûRi
Les pérégrinations interna- tionales forgent les meil- leures idées, et l’entrepre- neur a découvert en Espagne les « Paradores », créés sous Franco. « Le patrimoine a été préservé et des popula- tions sont accueillies sur
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