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par les duos d’entre- preneurs. La preuve
est d’ailleurs apportée
par des moyens in- génieux développés
par ces chefs d’en- treprise pour éviter le
pire : « Au bout d’un
an, nous avons vécu
un désaccord straté-
gique. C’était l’im-
passe. Mais au final,
nous n’avons pas
voulu qu’un égo l’em-
porte sur l’autre ni
qu’une décision soit
jugée meilleure aux
dépens de l’autre »,
se souvient William
Génis en souriant. Le
sourire perdure d’au-
tant que les cofonda-
teurs ont eu recours à
un procédé d’arbitrage qui illustre l’agilité des deux créa- teurs : la création d’un fonds annuel pour chaque cofon- dateur afin de développer un projet en cas de désaccord profond. « Au final, cette so- lution pour trancher lors d’un désaccord est devenue une sorte de budget de R&D que nous avons aussi appliqué aux salariés et aux stagiaires. Chaque personne, si elle le souhaite, peut débloquer ce budget pour conduire un pro- jet innovant », se réjouit le fondateur de Néosquat. autre approche du duo sans écueil, celle d’Osmose Végétale qui a décidé tout simplement de créer deux entités juridiques distinctes derrière une seule et même marque. Une façon
duo séduit les inves- tisseurs. « Il faut sen- tir que le fondateur principal est d’accord pour déléguer un nombre de tâches à un bras droit puissant dans l’entreprise. Les investisseurs n’ai- ment pas le discours du type “je contrôle tout, je fais tout”. Agir en duo permet de mettre en relief une capacité à délé- guer et à bien s’en- tourer ; capacités es- sentielles lorsqu’on souhaite croître à bon train. Il faut éviter d’être pris pour un “control freak” »,
C'est en effet avec stupéfaction que ce dont la droite a rêvé, la Gauche s'y attelle. Myriam El Khomri, alias Jeanne d'arc, porte en éten- dard l'impossible réforme. Il faut espérer fer- mement qu'elle ne finira pas au bucher politico-médiatique. Tout cela est extrême- ment suspect et on ne se demande même plus ce qui va sortir de cette loi mais bien qui ma- nipule qui, et pourquoi ? Il y a tout à perdre : la Droite vexée risque de ne pas voter, une Gauche outrée ne votera pas non plus ; les Ministres s'esclaffent et même Martine aubry sort du bois pour un retour au xx siècle (les 32 heures ?).
Les habituels défauts français sont au rendez- vous : 120 pages pour un projet de loi fourre- tout, sans pédagogie préalable, des cris d'Orfraie des parlementaires et des syndicats qui n'ont pas lu les textes, la presse qui s'em- balle, les grandes manifestations qui pointent, les idéologues qui s'élèvent... tout ça pour ça. Car en fait, il s'agit de quelques mesures phares : simplifier le code du travail et non pas asservir nos salariés, limiter l'incertitude des prud'hommes (tout le monde est d'ac- cord), etc.
Le plafonnement des allocations chômage est dans le collimateur et les partenaires sociaux ne veulent même pas en discuter. Ce qui de- vrait nous donner un espoir de freiner le chô- mage, de pouvoir gérer nos entreprises avec lisibilité et stabilité, d'aborder l'avenir en sa- chant nous adapter devient encore un casus belli national
L'enfer français est pavé de bonnes inten- tions... et de réformes larvées.
A la Une - Les duos d’entrepreneurs, pièges et bonnes pratiques CLUB ENTrEPrENDrE
de sagesse. Entre autres, le pacte d’actionnaires qui pré- voit la sortie du capital fait partie de cette boîte à outils qui permet d’arbitrer les dif- férends si l’un
de procéder pour anticiper les désaccords. stéphane Lar- cin souligne : « Nous avons décidé de créer deux SASU. Ce choix de formule s’est
parfait alignement en matière de stratégie. Nous faisons toujours primer l’intérêt de la société. La force de Da- mien, c’est sa prise de recul
de succès, il n’empêche qu’elle se prête mieux au dé- veloppement de start-up. « En effet, à plus de quatre per- sonnes associées, le projet a
J’aime ma boîte
des associés ren-
tre en désaccord
stratégique pro-
fond. « Il existe certainement
“1000 façons”
pour des asso-
ciés d’entreprendre ensemble. Dans notre cas, nous avions fait une partie de nos études ensemble et avions la même vision de ce que nous voulions construire. Pour ce qui est de la fin de l’association, elle est préparée dans le pacte d’actionnaires, mais je n’ai jamais pris le temps de re- garder ce passage ! », ex- plique Yseulys Costes. Ef- fectivement, la fin d’une as- sociation n’est évidemment pas l’issue souhaitée
Présidente d'ETHIC
de Menthon
Créer un fonds d’urgence en cas de désaccord profond qu’un associé peut débloquer seul pour un projet d’avenir. Un moyen de résolution des conflits insolubles
Sophie
UNE FORMULE LOCOMOTIVE QUI PLAÎT AUX INVESTISSEURS
Prendre la roue de l’autre quand on se sent moins bien. Et inversement prendre le lead quand l’autre flanche. Cette gymnastique dépasse la simple
La Jeanne d'Arc des entreprises
tendance à subir des dommages collatéraux en ma- tière d’associa- tion. A quatre ou plus, il n’est pas rare que le chiffre fonde de moitié »,
par
réalisé suite à de nombreux retours d’expérience – témoi- gnages d’unions qui capo- tent en termes de désaccords sur le capital ou à moyen terme sur le rythme de travail et sur la façon de se rémuné- rer. Demain, si Bérangère souhaite gérer un projet mais que je suis concentré sur autre chose, cela ne posera aucun problème. Cette ma- nière de s’associer permet une flexibilité, un dévelop-
qui va nous permettre de trou- ver une prise de position consensuelle », explique son associé de One Park.
explique Julien Morel, direc- teur d’EssEC Ventures. Les conflits larvés en matière d’in- vestissement personnel, de performance et de charge de travail faisant vite surface après la phase d’excitation où les entrepreneurs en herbe se voient déjà en « haut de l’af- fiche », les poches emplies des bénéfices. Le chiffre « deux » rassure, mais pas seulement au niveau du projet en tant que tel. Diriger en
PrL
ésidente de sDME
es chefs d'entreprise ont à peine eu le temps de cesser les critiques sur la no- mination d'une Ministre sans expé-
rience au Ministère de l'emploi, que les voilà vent debout pour la défendre !
« Bientôt le monde sera à moi... Euh à nous ! Et oublie donc ce stupide pacte d’actionnaires ma chérie, cela ne sert à rien... »
complète Julien Morel.
pement d’activité sans péna- liser ou frustrer. » Les deux indépendants rythment ainsi leur relation par une réunion trimestrielle pour « faire le
logique de la complémentarité. « Nous avons tous des hauts et des bas, mais la formule à deux associés permet de lisser les creux de chacun. Nous
Les deux fondateurs de One Park, après une récente levée de 2,5 millions, abondent également dans ce sens : les investisseurs ont vivement ap- précié la répartition des rôles
Autre approche du duo sans écueil, créer deux entités juridiques distinctes
derrière une seule et même marque.
point », acter le développe- avons toujours travaillé l’un et le côté bicéphale de l’en- ment, la stratégie et dépasser en face de l’autre et nous treprise. L’autonomie sert donc les frustrations. Plus classique avons toujours donné à cha- le duo. Nous rattrapons ici mais non moins efficace, la cun la liberté d’intervenir sur encore une idée clé d’une re- résolution de problème entre tous les sujets. C’est exigeant, lation de couple épanouie. De associés peut aussi être ef- parfois fatiguant mais efficace là à envisager l’aventure entre fective en recentrant le pro- sur le moyen terme, je pense », mari et femme... rien n’est blème : « Les distorsions précise Yseulys Costes. si la moins sûr.
n’apparaissent que sur l’opé- formule en tandem n’est pas
rationnel. Ce qui exige un une vérité mathématique gage Geoffroy Framery
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