Page 94 - EcoRéseau n°27
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n°27
ArT de vivre & PATriMOiNe Baromètre Finance & Investissements
éthique & Finance
par
Les fonds spécialisés en investissement socialement res- ponsable (iSr) sont-ils suffisamment transparents ? Pas à en croire un rapport de l’Autorité des marchés finan- ciers (AMF), qui dresse un constat sévère sur la qualité de leur communication. Pour le gendarme de la Bourse, qui a recensé 409 fonds commercialisés sous cette appel- lation et a analysé en profondeur une centaine d’entre eux, trop de fonds ne jouent pas le jeu. L’AMF, qui dit s’inquiéter du risque de “greenwashing”, constate que
uLES BONS PLANS DU MOIS
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulier
PEA-PME : coup de pouce fiscal en vue ?
ISR : l’AMF tape du poing sur la table
Arthur Cohen
Président directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquées
u secteur financier
aC
Comment faire enfin décoller le PeA-PMe ? Le démar- rage poussif de ce placement représente un véritable casse-tête pour Bercy. Lors de son lancement, en mars 2014, 80000 ouvertures de comptes étaient attendues au cours de la première année, pour un encours de 750 mil- lions d’euros. Mais le compte n’y est pas : moins de 40000 PeA-PMe ont été ouverts, et les derniers chiffres de la Banque de France font état d’un encours de 410 mil- lions d’euros à peine. Pour relancer ce dispositif, une im- portante réforme pourrait être décidée. Celle-ci concernerait les entreprises éligibles, qui pourraient in- clure les entreprises dont la capitalisation boursière ne dépasse pas le milliard d’euros en Bourse et ne sont pas contrôlées à plus de 25% par une personne morale. Sur- tout, l’administration pourrait accorder une franchise d’impôts temporaire sur les gains de Sicav et fonds mo- nétaires à la condition de transférer les sommes en ques- tion vers les PeA-PMe.
Bonne année ! Les (bonnes)
résolutions pour 2016
omme chaque année, 2016 débute avec la prise de nombreuses résolutions, plus ou moins bonnes, plus ou moins heureuses. Les milieux financiers n’y
échappent pas : la plupart des banques françaises ont an- noncé la hausse de leurs tarifs, et de nombreuses voix se sont indignées.
Certes, on peut reprocher aux établissements bancaires de consolider trop lourdement leur marge, de veiller de trop près à leur produit net bancaire, au détriment des clients. Ce d’autant que, contrairement à ce que l’on a pu lire dans la presse, ce n’est pas seulement les frais de tenue de compte qui se généralisent ou augmentent de façon significative ; ceux des cartes de paiement, qu’elles soient à débit immé- diat ou différé, connaissent également une forte augmenta- tion (de 3 % par exemple pour la Banque postale). Au total, le surcoût par rapport à l’an passé, qui sera supporté par la clientèle, est en moyenne d’une dizaine ou d’une douzaine d’euros par an selon les banques.
18% des fonds qu’elle a étudiés mentionnent l’existence d’une politique d’investissement responsable sans que la documentation légale ne donne quelque information que ce soit sur la nature des critères extra-financiers retenus. et dans 40% des cas, si la documentation délivre bien une information sur les critères retenus, celle-ci est « très peu détaillée », selon les auteurs du rapport. Peut mieux faire !
Faut-il nécessairement interpréter cette décision comme étant inique ? La question n’admet pas de réponse tranchée. d’abord parce que les banques n’avaient pas revu leurs ta- rifs depuis plusieurs années (depuis 2009 pour certaines) et ce, en dépit de la loi bancaire de 2013 qui limitait, de façon bien légitime, les commissions d’intervention, et de la loi eckert, qui plafonne les frais de tenue des comptes inactifs. Mais surtout, parce qu’il n’y a rien à redire, d’un point de vue éthique, à ce que chaque service assuré soit dûment ré- tribué. On ne peut légitimement réprouver la décision de certaines banques de facturer les services qui ne sont pas accessibles dans un modèle en ligne ou d’en impacter le coût sur l’ensemble des prestations : les particuliers seront alors libres d’opter pour la solution qui leur convient le mieux en tenant compte des charges afférentes. Ainsi, selon le baromètre 2015 du cabinet Simon-Kucher & Partners, 23 % des clients envisagent d’ouvrir un compte dans une banque en ligne, dont la plupart offre la gratuité de nom- breux services. rappelons que cette gratuité, essentielle- ment permise par les économies de personnel et de loyer liées au modèle digital, ne signifie nullement que les frais correspondants dans les établissements qui maintiennent un réseau d’agences sont disproportionnés. en fait, les aug- mentations tarifaires annoncées accompagnent les évolu- tions des habitudes de consommation des services et produits bancaires, qui forcent les établissements de dépôt à adapter leur modèle économique. Leurs valeurs relatives ne permettent donc pas de qualifier le comportement éthique des acteurs concernés ; elles révèlent en revanche un biais stratégique des banques françaises, sur lequel nous pourrions réfléchir : en moyenne, les banques hexagonales facturent les frais quotidiens plus chers que leurs concur- rentes européennes, mais proposent des crédits à bien meil- leur marché.
LA SPÉCULATION DU MOIS
80 75
70 65 60 55 50 45 40 35
2015 Mars
Avril Mai Juin
Juillet Août Sept Oct
Nov Dec 2016
DBV Technologies : fort potentiel de hausse
DBV Technologies peut-il révolutionner la prise en charge de l’allergie à l’arachide ? C’est en tout cas l’avis de Barclays Capital, qui a initié la couverture de la biopharmaceutique avec une recommandation Surpondérer et un objectif de cours de 58 dollars. L’analyste s’attend à des ventes mondiales supérieures à 2 milliards de dollars pour le Viaskin Peanut, le médicament phare du laboratoire. Il souligne notamment une faible concurrence sur ce segment.
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Février 2016

