Page 80 - EcoRéseau n°27
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n°27
rH & FOrMATiON Carrières & Talents - Les mutations douces de l’enseignement supérieur révolution impressionniste
Les ecoles et Universités changent par petites touches, pour s’adapter au nouveau monde et à des besoins émergents des entreprises. Passage en revue.
tissement d’un travail qui a duré deux ans, note Murielle Garcin, la vice-présidente en charge des formations. Pas moins d’un million d’eu- ros sont fléchés chaque an- née en direction de l’inno- vation pédagogique. » et preuve que l’enseignement a bien évolué : à tout moment du cours, le prof peut sou- mettre un QCM (question- naire à choix multiple) avec quatre réponses. Les résultats sont connus instantanément, histoire de voir si l’auditoire a bien compris. Le prof pour- suit ou fait marche arrière. On se croirait (presque) dans un jeu télévisé.
schools françaises en font aujourd’hui l’un des argu- ments de communication. elle ? La classe inversée, encore appelée « reverse mentoring ». « Les cours en amphi sont remplacés par des contenus proposés en ligne, des vidéos, des forums pour arriver préparés, ex- plique François Thérin, di- recteur de l’eMLv (ecole de management Paris-La dé- fense). Le temps de la salle de classe est utilisé pour vé- rifier l’acquisition des connaissances. A ce qui ne peut être fait ailleurs. » et Thomas Jeanjean, directeur général adjoint en charge de la formation continue, de conclure : « Un présentiel de faible valeur ajoutée n’est plus possible ». Aujourd’hui, on parle de « blended lear- ning », donnant un petit côté «hasbeen»àlafoliedes Moocs (Massive Open On- line Courses).
SO
schéma de l’enseignement
LA CLASSE
INVERSÉE
« L’attention dure entre 12 et 18 minutes, souligne Pa- trice Houdayer, directeur des programmes de Skema. Si on veut être dans une dyna- mique pendant 1h30 à 3 heures, mieux vaut séquencer en capsules de 15 minutes chacune. Avant l’étudiant était spectateur, il devient acteur. » Pas moins de dix salariés de Skema planchent sur cette thématique à lon- gueur d’année pour déve- lopper de nouveaux outils pédagogiques. Comment faire pour ne pas déplorer des décrochages ? La ques- tion obsède le corps profes- soral. « Briser le rythme toutes les 20 minutes devient incontournable, témoigne Annabel Bismuth, directrice académique du réseau GeS (grandes écoles spécialisées), avec une scénarisation des
UN NOUVEAU DIPLÔME DANS
LES ÉCOLES D’INGÉNIEURS
2016 marque un tournant dans le monde des écoles d’ingénieurs tricolores. Jusque-là, elles se focali- saient sur le Saint-Graal qu’est le diplôme d’ingé- nieur, à Bac+5 – tant appré- cié sur notre territoire, mais également à l’étranger – et sur le doctorat, à Bac+8, orienté vers la recherche. Mais, il manquait un étage pour coller au schéma de l’enseignement supérieur eu- ropéen défini il y a plus de 15 ans, avec un palier sup- plémentaire à Bac+3. C’est chose faite... mais à petits pas. La première à avoir in- vesti ce nouveau créneau est l’ecole nationale supérieure des arts et métiers (eNSAM) avec un Bac+3 destiné aux bacheliers technologiques STi2d (Sciences et techno- logie de l’industrie et du développement durable), ou- vert il y a un an. Mi-décem- bre, l’ecole Polytechnique a annoncé vouloir s’engouf- frer dans la brèche avec un
erious games, blended learning... les cours ne seront plus jamais comme avant !
n a connu le pro- cessus de Bologne, à l’origine du
mais aussi initiale, dans le public comme dans le privé. Un décryptage en sept points des tendances qui transfor- ment le « sup’ ».
nées commencent – dès les premières heures de la ren- trée–àsefrotteràunjeu sérieux, véritable reproduc- tion de la vie quotidienne en entreprise, avec son lot de stress, de frustrations à
sitaire, mais les noms des serious games utilisés tant en pharmacie que dans le domaine du droit à Lille 2. Le dessert ? Un moyen de se familiariser avec la pra- tique officinale, entre le gui-
supérieur européen, en trois étapes (licence, master, doc- torat). Une vraie rupture. On a connu les lois de l’univer- sité qui ont marqué leur temps... Citons devaquet, Bayrou, Pécresse... des textes qui ont fait couler beaucoup d’encres et par- fois... le Ministre en ques- tion. dans la boule de cristal, rien de tel n’apparaît pour cette nouvelle année. Mais, des petits pas... qui trans- forment pourtant le paysage. On n’apprend pas en 2016 comme il y a dix ans, voire même cinq ans. Cela vaut pour la formation continue,
LES « SERIOUS GAME»À L’UNIVERSITÉ AUSSI Thalès, Michelin, renault, Orange... Les grands noms du CAC 40 en raffolent pour attirer à eux des jeunes talents ou fidéliser leurs collabora- teurs. Aujourd’hui, les « se- rious game » constituent l’un des éléments clés de la marque employeur. Les écoles les intègrent aussi comme outil de formation. A l’ecole de management Paris-La défense (eMLv), les apprentis de 4e et 5e an-
Briser le rythme toutes les 20 minutes devient incontournable, avec scénarisation des cours, jeux de rôle, Powerpoints et tutorats
Février 2016
HeC Montréal l’a mise en place il y a quelques années maintenant. Les business
gérer. A l’inseec, c’est même l’entrée en matière des tout jeunes bacheliers inscrits en BBA (Bachelor of Business Administration). L’université n’est pas en reste. Profiterole ou caviar ? Ce n’est pas le menu d’une cantine univer-
chet et la parapharmacie, dans une ville virtuelle. Tou- jours en phase d’élaboration, Caviar propose des mises en situation dans un cabinet d’avocat lui aussi virtuel, avec l’idée de décloisonner les compétences. « L’abou-
cours, des travaux qui mutent en jeux de rôle, le recours à des Powerpoints... Et au tu- torat qui accroche bien da- vantage. »
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