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n°27
rH & FOrMATiON Carrières & Talents - Les mutations douces de l’enseignement supérieur
pur produit international, dispensé uniquement en an- glais. rendez-vous au plus tard en 2018 pour sa mise en place. Le démarrage est prudent, mais le maillage territorial de ce Bac+3 de- vrait bon an mal an s’étoffer dans un proche avenir. Un autre est actuellement dans les tuyaux au sein de Bor- deaux iNP (institut poly- technique de Bordeaux), dont le vivier de recrutement sera composé des bacheliers pro- fessionnels. « Les besoins des entreprises sont claire- ment identifiés à ce niveau- là de compétences », ex- plique François Cansell, pré- sident de la Conférence des directeurs des écoles fran- çaises d’ingénieurs (Ce- deFi). « Mais aucune consigne nationale n’a été donnée en la matière. La création se décide au cas par cas, filière par filière », note encore François Cansell, également à la tête de l’éta- blissement bordelais. Une interrogation persiste toute- fois : le libellé. Bachelor ou pas bachelor ? L’instance nationale n’a pas tranché.
la taille critique a poussé
plusieurs écoles à s’acoqui-
ner, se marier pour le meil-
leur... et parfois pour le pire.
L’échec le plus retentissant ?
Née du rapprochement de
quatre écoles, France Busi-
ness school (FBS) a duré à
peine deux ans. Le clap de
fin a eu lieu en 2015, laissant
des écoles exsangues, des
diplômés privés de la re-
connaissance de l’etat....
Mais pas de quoi pour autant
démotiver les écoles d’in-
génieurs à adopter la même
stratégie. Ainsi, le 1er janvier
2016 est née Sigma Cler-
mont, nouvelle entité qui re-
groupe feu l’institut français
de mécanique avancée
(iFMA) et l’ecole normale
supérieure de chimie de Cler-
mont-Ferrrand (eNSCCF).
Cette fusion est la première
d’une liste qui va s’allonger
dans les prochains mois. en
rhône-Alpes, on parle d’une
convention d’association en-
tre Centrale Lyon et l’eNi
de Saint-etienne, la seconde
devenant une spécialité de
la première. en septembre
2017, les élèves de Centrale
Paris et de Supélec feront
campus commun sur le pla-
teau de Saclay. est-ce un Un enseignement de so skills qui change les étudiants du Supérieur... pari risqué pour ces établis-
DE NOUVELLES FUSIONS DANS
L’AIR ?
Le sujet est délicat. il peut même faire grincer quelques dents, et dresser quelques
sements de renom ? « L’ob-
jectif n’est pas de créer les même territoire. Ils s’impo- et si les écoles de commerce mêmes objets que les écoles sent à nous. Nos écoles ont en redemandaient ? L’idée de commerce, commente parfois des tailles limitées. circule en backstage, histoire
fois. « Le digital implique d’investir massivement, note William Hurst, directeur de la formation continue d’Au- dencia business school. Et pour s’afficher et figurer dans les classements du Fi- nancial Times, un certain chiffre d’affaires est à réa- liser. »
mais recouvre une notion assez simple. il en est ter- miné des filières cloisonnées, étanches, en silo. On entre dans l’ère du « mouton à cinq pattes », avec des com- pétences mêlées, commer- ciales, scientifiques, numé- riques et un soupçon – voire plus – de design. Quelques exemples de cette tendance : l’alliance Artem regroupe l’école nationale supérieure d’art et de design de Nancy,
Ne plus fonctionner en silos et ouvrir les profils à la croisée du design, du numérique et du scientifique accouchant potentiellement d'un triple diplôme. La tendance émerge
HYBRIDATION DES CURSUS
Le terme est un peu barbare,
cheveux, tout particulière- François Cansell, à la tête Avec moins de 50 professeurs d’acquérir une taille suffi- ment dans le monde des bu- de la CdeFi. Ces regrou- et 300 élèves, il est difficile sante sur le marché de la siness schools. La course à pements s’effectuent sur un d’acquérir de la visibilité. » formation continue, cette
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Février 2016


































































































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