Page 63 - EcoRéseau n°27
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n°27
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Le baromètre de l’innovation STrATéGie & iNNOvATiON NUMériQUe
La rupture du mois
Dates & Events : ça cogite dur...
4 11 février 2016 : Techinnov (Aéroport de Paris –
Orly)
Techinnov est un des plus grands événements français dédiés à l'in- novation. Pour sa dixième édition, Techinnov Events propose une for- mule business reconnue par les industriels, PME-PMI, créateurs, laboratoires, investisseurs... Au programme : quatre villages théma- tiques, des rencontres informelles, les villages des grands donneurs d'ordres, de la connectivité dans l’industrie, de la compétitivité, des compétences high-tech, mais aussi des présentations flash dédiées aux innovations de ruptures.Venez vous joindre aux 1600 participants et assistez aux 9500 rendez-vous programmés. Pour plus d'informa- tions : www.techinnov.events
4 30 mars 2016 : 16e édition de Start West (Quai
Ferdinand Favre, Nantes)
L'événement majeur de l’amorçage et du capital innovation conçu pour répondre aux besoins de financement des jeunes entreprises innovantes (quel que soit le domaine de leur activité : du numérique au cleantech, en passant par la santé). Depuis 2001, une centaine de projets sont parvenus à lever des fonds, jusqu'à 300 millions d'euros. Il est possible de déposer sa candidature dès aujourd'hui et jusqu'au 12 février. Le 30 mars des rencontres variées auront lieu entre les participants et les investisseurs. De nombreux projets se- ront présentés et le soir un prix sera remis aux gagnants. L'inscription et toutes informations complémentaires sont sur www.start-west.com
Qarnot Computing : des radiateurs intelligents et écolos venus du futur...
С’est une première en France, la start-up
Qarnot Computing a créé un radiateur-
ordinateur qui produit de la chaleur
gratuite et écologique provenant de
processeurs informatiques embarqués. «
Connecté à Internet, il chauffe grâce aux
calculs informatiques d’entreprises
comme des banques, des studios
d’animation 3D ou encore des laboratoires de recherche », explique Hélène Legay, directrice marketing de l’entreprise. Ainsi, la chaleur produite par les processeurs est dissipée gratuitement et efficacement dans des logements ou bureaux. L’idée de ces radiateurs intelligents est née il y a une dizaine d’années. Le président-fondateur de Qarnot, Paul Benoit, travaillait dans le département de recherche d’une grande banque qui faisait travailler jour et nuit des milliers d’ordinateurs, pour faire des calculs informatiques complexes. Par ailleurs, un de ses hobbies était de bricoler des ordinateurs pour les rendre silencieux. « Il a alors remarqué qu’en rendant ces machines silencieuses et en faisant de la chaleur un déchet utile, on pouvait créer un système de chauffage ! », raconte Hélène Legay. Le projet présente bien évidemment une dimension écologique. « La solution de calcul décentralisée proposée par Qarnot, sur des radiateurs hébergés dans des habitations, des bureaux ou des bâtiments publics, permet de réduire très fortement l’empreinte carbone des calculs informatiques dont la chaleur est le déchet, tout en chauffant
Les innovations en bref...
gratuitement et efficacement », ajoute Hélène Legay. depuis deux ans, une centaine de logements sociaux de la Mairie de Paris sont chauffés gratuitement grâce à 350 radiateurs Q.rads. « C’est également un des arguments qui a séduit le Conseil Départemental de Gironde, qui va équiper un bâtiment neuf de 340
Q.rads. », souligne Hélène Legay. Quant aux particuliers, le Q.rad leurs sera proposé dans un second temps à horizon de l’année 2017. « Nous nous adressons pour le moment aux bailleurs, collectivités locales, EHPAD... », dit Hélène Legay. Les Q.rads, présents dans toutes les pièces, intègrent une vingtaine de capteurs pour rendre les bâtiments intelligents. C’est une solution alternative qui permet de répondre aux besoins numériques et aux enjeux énergétiques de la société de demain. « Les data centers consomment déjà 3% de l’électricité mondiale, et cela double tous les cinq ans. La moitié de cette énergie est utilisée pour refroidir les serveurs. A Qarnot, nous souhaitons chauffer gratuitement et écologiquement grâce à cette chaleur perdue », conclut Hélène Legay. dans un futur proche, cette innovation pourrait donc changer notre quotidien, voire même le monde. en effet, selon le rapport de l’ONG r20 d’Arnold Schwarzenegger remis aux organisateurs de la COP21, Qarnot permettrait d’économiser 5 millions de tonnes de CO2 par an !
4 Le fauteuil roulant dirigé par la pensée Des ingénieurs de l'école française ESME Sudria ont développé un casque permettant de diriger un fauteuil roulant par la pensée. Ce sont les
ondes cérébrales converties en commandes électriques qui orientent le fauteuil. Ce dernier réagit également aux clignements des yeux. Neuromoov a pour but d'offrir une alternative aux casques déjà existants qui restent inadaptés et
très coûteux (à peu près 30000 euros). Le produit pourra être combiné avec n'importe quel fauteuil.
L’innovation autrement
4 Le tatouage intelligent
Chaotic Moon, start-up américaine, a inventé un tatouage qui sait tout de vous ! Éphémères, les Techtats intègrent des composants électroniques et des LED qui détectent les réactions du corps. Le cœur qui s'emballe, une hausse de température, une variation de la pression artérielle... et un message est tout de suite envoyé sur votre smartphone. L'équipe d'ingénieurs pense surtout à un usage militaire, mais l'innovation pourrait se répandre à la société civile, pour géolocaliser les enfants par exemple.
4 Des sacs 100% bio
Parce que l'on estime que 460 kilos de plastique sont déversés chaque seconde dans la mer, Rémy Lucas a voulu trouver une alternative pour nos emballages. Ce goémonier dirige une entreprise de production de plastique à partir des algues. Cultivées à Saint-Malo, elles sont transformées en billes de plastique pour le packaging alimentaire, l'industrie automobile, l’ameublement... Ce matériau se dégrade en 12 semaines.
Relevez le défi de l'innovation de rupture (de Philippe Silberzahn, éd. Pearson, 2015) :
L’innovation de rupture consiste en un changement de concept. C’est une innovation technologique radicalement nouvelle ou un modèle économique différent (comme les jets low-cost, par exemple). « Elle permet aux entreprises de mieux faire avec ce qu’elles avaient avant. Cette innovation nécessite donc un modèle différent, difficile à réinventer pour les entrepreneurs », explique Philippe Silberzahn, professeur à eMLYON Business School et chercheur
permettre, sous peine de mettre en péril leur activité principale. « De l’autre côté, par cette peur, elles passent parfois à côté d’occasions en or. C’est l’exemple de Kodak qui savait tout du numérique car en 1975, il a inventé le premier appareil numérique, mais jusqu’à 2005-2007, il a préféré aller doucement. En résultat, d’autres entreprises n’ont pas hésité à intégrer le marché et ont devancé Kodak », ajoute Philippe Silberzahn. Un choix cornélien et un conflit entre l’activité actuelle et future. « Pour éviter ces problèmes, il faut placer l’activité future dans une entité séparée. Isoler un peu le projet de rupture pour le laisser se développer et prendre l’envol », explique Philippe Silberzahn. Puis, il convient d’évaluer les performances sans oublier que ce n’est pas un projet mature. Un peu de délicatesse ! « Le staff doit aussi être adapté. Surtout, laisser le temps avant que les chiffres intéressants ne sortent », prévient Philippe Silberzahn. C’est le cas de
Nespresso qui a mûri son projet pendant 21 ans. « N’oubliez pas : le temps qualitatif (c’est à dire, celui que vous passez avec le client pour comprendre ses attentes) doit passer avant le temps quantitatif (le démarrage du projet au sens financier)», rappelle Philippe Silberzahn. voilà pourquoi les grandes entreprises hébergent souvent les start-up. « Ouvrir un laboratoire et devenir innovant est un peu naïf. Si la grande entreprise veut seulement financer une start-up et puis la vendre, ce n’est pas une bonne logique. » Au contraire, les deux parties peuvent se compléter. « Les grandes entreprises doivent financer et garder les start-up parmi elles car ces dernières peuvent les faire évoluer. » Jusqu’à présent les deux mondes ne se connaissaient pas. « Aujourd’hui tout change, les start-up comprennent l’intérêt des grandes entreprises et vice-versa », conclut Philippe Silberzahn.
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associé à l’école Polytechnique. difficile car les grandes entreprises ont toutes une histoire, contrairement aux start-up qui se lancent sur le marché de rupture sans passé et sans rien à perdre. Un risque que les entreprises ne peuvent pas se


































































































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