Page 31 - EcoRéseau n°27
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encore booster les chiffres de l’année 2015. L’association Financement participatif France estimait déjà ces levées à hauteur de 133 millions pour le seul premier semestre 2015. Pourquoi un tel engouement ? de fait, la création d’une communauté pour financer un projet entrepreneurial, musical voire artistique véhicule des valeurs positives. et au-delà de cet esprit de partage, l’avantage décisif de ces plateformes se résume à faire décoller votre projet d’entreprise autrement... et non plus facilement. « Nous avons fait le tour des réseaux des business angels mais nous avons préféré en sortir rapidement [...], les process étaient beaucoup trop longs alors que nous avions besoin de fonds rapidement », explique Jean-Frédéric Navarre, cofondateur de la société Les Chaises Hautes après une levée réussie de 250000 euros en trois mois (Cf. EcoRéseau n°12). Malgré ce vif succès, l’avenir du crowdfunding n’est pas sans soulever des questions. Les banques s’empareront-elles de ces appels à dons ? Ob- servera-t-on un mouvement de concentration des plate- formes et/ou de fragmentation de ces acteurs selon des secteurs de niche ? Pour l’heure, cette nouvelle manière de trouver un financement se destine manifestement aux entreprises en devenir et non à celles qui vivent des dif- ficultés, dans des secteurs à haute valeur ajoutée tels que ceux du jeu vidéo et des nouvelles technologies. Comme toute chose récente, reste enfin le chantier pé- dagogique au sujet de ce type de financement. d’aucuns seraient tentés de résumer le crowdfunding au système de dons qui caractérise KissKissBankBank. Pourtant, il existe d’autres manières de participer à l’aventure. A ce titre, Lendopolis, petite sœur de KissKissBankBank, repose sur un système de prêts où les personnes deviennent investisseurs dans les entreprises de plus de deux ans
A la Une - Le verbe s’inspirer pour un nouveau départ en 2016 CLUB eNTrePreNdre Les petits matins des dirigeants
+ Concept : Selon l’adage, « le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt », rencontres matinales avec nos dirigeants, sur leurs habitudes, leurs routines de succès, et leur « credo » : C’est parti ! + Intentions : donner un regard plus intime sur nos dirigeants - valorisation & Proximité « Nos patrons sont sympas ! »
Première rencontre avec Jean Pierre Letartre, PDG de Ernst & Young France Luxembourg et Maghreb
Jean-Pierre LETARTRE, un homme « exportateur » de confiance et d’énergie. interview matinale à 8h précises en haut de la Tour eY dans le quartier de la défense avec vien- noiseries, café et jus d’orange. il fait encore nuit dehors.
IsaLou Beaudet Regen
Fondatrice de Kama Conseil & Associés
par
pour des rendements s’étalonnant entre 5 et .
Votre truc à vous pour vous ressourcer ? C’est la pluralité ! Dans aucun domaine je ne suis «mono», je suis toujours pluriel ! Ce sont des moments très hétérogènes, comme des moments de calme au bureau ou chez moi, mais ça peut être aussi un film, un petit déjeuner avec mes petits-enfants, un parcours de golf, etc. Dans ces moments-là, je souffle, je prends de la distance et reprends des forces.
12%, avec des sommes allant de 20 à 1000 euros. de même, les en- trepreneurs doivent s’enquérir du business plan de ces plateformes qui varient selon les acteurs. Fraîchement débarquée en France, Kickstarter, par exemple, prélève 5% des fonds collectés, pourcentage auquel s’ajoute une commission de 3% pour le service de paiements et 20 centimes en sus si la contribution est supérieure à 10 euros. Soit 800 euros pour une levée de 10000 euros,
Votre plaisir du matin ? C’est la radio ! Depuis tout petit, j’aime beaucoup l’écouter, elle me suit tout le temps et long- temps, dans la voiture ou dans le taxi... Et celui qui me fait sourire à coup sûr, c’est Canteloup ! Ça met de bonne hu- meur !
Vos «credo» de dirigeant ? Mon premier : en tant que di- rigeant, nous avons «la carotte et le bâton», mais on doit essayer de manager sans ! Ça veut dire être dans un mode d’engagement extrêmement fort. Et mon deuxième credo : être dirigeant c’est être importateur d’inquiétude et de stress, et exportateur de confiance ! On revient à l’énergie !
sans compter les prélèvements individuels...
Votre motivation à vous lever ? La passion et l’adrénaline ! Chaque matin je me lève avec une vraie envie de faire mon job !
Pour finir... J’aime beaucoup cette phrase : « La chance sourit à ceux qui sont prêts ! » A partir du moment où l’on n’a pas de certitude on est prêt à apprendre plein de choses. Le tout, c’est d’être ouvert !
Les taxis qui se font gi- fler par Uber. des mé- dias qui peinent à trou- ver leur business model entre le digital et le papier, des banques qui se font concur- rencer par les monnaies al- ternatives... Les cas ne man- quent pas lorsqu’il s’agit de souligner les obstacles que doivent franchir les entre- prises. Si bien qu’un terme revient inlassablement en so- lution à tous ces maux : pi- voter. Pour mieux se relancer, pour ne pas couler ou s’« en- crouter » dans une idée. Eco- Réseau Business, en toute subjectivité, revient sur des pivots synonymes de succès
ou de changements de cap réussis par quelques exemples concrets.
gouvernance « à la papa » pour encenser des modes plus collaboratifs de gestion ou de décision. Cédric Giorgi, fondateur de Cookening et désormais Head of start-up relations-ioT evangelist chez Sigfox, précise : « Le pivot passe aussi par cette faculté à tirer des leçons de ses échecs. La meilleure façon d’accepter ses erreurs revient peut être à les partager. C’est une mentalité recherchée dans les start-up et cet esprit est très lié à l’entrepreneuriat du Web et à la culture du dé- veloppeur. Les bugs appa- raissent toujours lors d’un développement, avant qu’on
ne parvienne à les résoudre ». rappelons d’ailleurs que Cé- dric Giorgi, avant son aventure chez Sigfox, avait échoué dans sa levée de fonds à l’époque où il ambitionnait que Cookening devienne le Airbnb de la table d’hôte. il semble d’ailleurs à-propos de souligner que les associés ont pu capitaliser sur leur première expérience d’entrepreneur, même synonyme d’échec, en se faisant recruter dans deux des start-up les plus en vue de France, BlaBlaCar et Sig- fox. Toutefois, ne tombons pas dans le piège de la cari- cature des Anciens contre les Modernes.
Pivoter
Agiles entrepreneurs
« LA » capacité pour ne jamais se laisser submerger par les coups du sort ?
Geoffroy Framery
Présentation : Je suis marié, j’ai quatre enfants et j’ai la grande chance de présider aux destinées de EY France Luxembourg et Maghreb.
Heure de réveil, petit déjeuner et petites routines ? En général vers 6h30, j’aime bien être assez tôt au bureau ! Quand je me lève, je ne fais rien d’exceptionnel, je me force tout de même à faire quelques mouvements d’assouplisse- ment, j’écoute la radio, et je prends un petit-déjeuner avec un thé, des fruits et un yaourt. Des choses saines assez lé- gères n’est-ce-pas ?
Après, le plus difficile ? C’est de savoir gérer son « capi- tal » énergie. Dans tous les métiers, mais peut-être, surtout dans les métiers à responsabilité, le plus difficile c’est de repérer les moments dans lesquels on peut recharger ses batteries.
PIVOTER, PREMIER MOUVEMENT AVANT LA RELANCE ?
Serial entrepreneur de la Si- licon valley et conférencier, éric ries conceptualisait cette nécessaire agilité en l’accolant au « lean start-up » pour ex- primer la propension des jeunes pousses à pivoter d’un business model à un autre, parfois en les cumulant tout en gardant à l’horizon un cap à tenir. Cette idée bouleverse les modèles d’organisation classiques et les modes de
Pivoter sans faire de sur place... pas facile !
Février 2016 31
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