Page 29 - EcoRéseau n°27
P. 29

n°27
www.ecoreseau.fr
QInventer
u’ont en commun le l’activité inventive, principale
A la Une - Le verbe s’inspirer pour un nouveau départ en 2016 CLUB eNTrePreNdre impossible n’est pas français
moteur à deux temps ou secondaire, se porte sur la
pour Meilleur ouvrier de France – vous dise quelque chose, titre né dans le cadre du Lépine à la demande d’un journaliste en 1924. « Tout le monde avait besoin de visibilité localement et nationalement. Le Lépine était à ses débuts un concours de proximité pour aider l’in- venteur à s’intégrer économi- quement et socialement dans le tissu économique régional », retrace son président. victime
de son succès, le trop plein d’aviateurs, de professionnels du mobilier, du jouet, de monde... le trop plein de tout, en fait, pousse ses organisateurs à segmenter l’événement en 1937 pour faire des « petits » qui deviendront les fameux salons desArts ménagers, Salon du Bourget, Mondial de l’Au- tomobile, etc. en 2016, les connections sont nombreuses entre ces différentes grands
messes : le Lépine s’exportant facilement hors de ses murs pour trôner au Mondial de l’automobile et réciproquement, les constructeurs gagnant tou- jours à présenter leur dernières innovations – voiture autonome ou hybride... – à l’image de Peugeot et de sa 3008 Hybride il y a quelques années. Au- jourd’hui, le père des salons français garde quelques grandes familles d’inventeurs : nature
et arts de vivre, santé et nou- velles technologies, transports et industries, « le monde in- vente » – section constituée de délégations étrangères –, et surtout depuis six ans, « l’uni- vers connecté concours Lé- pine ». L’année dernière, 600000 visiteurs soit près de 93% de la Foire de Paris, déambulaient dans ce temple de l’innovation. « A 128 euros du mètre carré pour la location
(1910), le lave-vais- création, l’innovation et les selle (1912), le cœur artificiel produits nouveaux », résume
(1937), l’Aspivenin (1983) ou encore le stylo d’injection à insuline pour diabétiques et notamment malvoyants (2014) ? Tous ces produits ont certes presque une utilité d’or- dre publique mais surtout, ces derniers ont tous été remarqués au Concours Lépine qui leur a permis ensuite d’être démo- cratisés. Si l’invention peut se réaliser par sérendipité, prag- matisme professionnel ou par réel souci d’améliorer notre société, elle souffre en France d’une image qui ne lui fait pas honneur, souvent qualifiée d’inutile, de farfelue ou d’ex- centrique. Le Lépine entend depuis plus de 110 ans casser cette image tenace dans les esprits, dans une conjoncture où le transfert de technologie demeure problématique. Le combat n’est pas encore gagné, bien que le Lépine mériterait le surnom de berceau tricolore de la r&d.
dorey, président du
Gérard
concours. entre autres missions, les différents concours (inter- national de Paris, européen de Strasbourg,...) promeuvent l’invention, défendent les droits et les intérêts des inventeurs, soutiennent ces derniers auprès des entreprises et des orga- nismes officiels, centralisent et diffusent les inventions. Ce faisant, de nombreux partena- riats tissés depuis des décennies prolongent le Lépine sur les voies de la création. Les en- treprises s’y bousculent et l’as- sociation s’est également dotée d’un incubateur dédié pour faire de ces inventeurs des fa- bricants et des vendeurs, ou comme on dit en 2016, des entrepreneurs.
Première vitrine de France des inventeurs, le Lépine n’en demeure pas moins un repaire de dénicheurs de pépites et d’entrepreneurs. et pourquoi pas vous ?
A PRENDRE TRÈS
AU SÉRIEUX
Nous aurions tort d’associer le Lépine à un repaire de Try- phon Tournesol, déphasés de la réalité, juste impatients de présenter leur mouchoir auto- nettoyant ou leur fourchette rotative pour entortiller les pâtes. Loin de nos représenta- tions, le concours Lépine ré- sonne mondialement comme un événement majeur de l’in- novation où encourager le transfert de technologies. Ainsi, Google a-t-il fait les yeux doux à Guillaume rolland, lauréat avec Sensor Wake (cf EcoRé- seau n°24), son réveil olfactif, désormais fabriqué et vendu. de même, le dernier médaillé d’or de la version strasbour- geoise du concours est désor- mais résident de la Silicon valley. Ailleurs, un inventeur chinois, Jian Zhang, lauréat dans les années 1980, premier entrepreneur privé de Chine, est devenu une des figures de l’économie libérale de son pays. Les success stories exis- tent et se multiplient. « Le concours s’adresse à un grou- pement privé de personnes physiques ou morales dont
LE PÈRE DE TOUS LES SALONS FRANÇAIS NOTOIRES
Le Lépine, du nom du préfet et maire de la ville de Paris de l’époque, naquit en 1901 et rencontra un franc succès : 6000 inventeurs se disputèrent les faveurs du public et du jury pendant trois mois. L’idée fut celle de doter le pays d’un outil économique hors du com- mun capable d’influer sur le futur et de contribuer à l’in- dustrialisation, tout en nour- rissant l’économie de nouveaux produits et marques reposant sur une démarche de protection de la propriété intellectuelle. « Le concours reste le berceau national le plus important dans le domaine de la recherche et du développement. D’autant qu’il est historiquement le pre- mier salon de l’invention dans le monde et le nid des plus grandes entreprises françaises. Renault, Citroën, Voisin, Arthur Martin... Autant de noms évo- cateurs qui ont fait leurs armes au Lépine », énumère Gérard dorey. Sans oublier de nom- breux anonymes, parfois in- génieurs, agriculteurs ou mi- litaires qui ont accouché du stylo bille ou de la TSF. Mais ce conte de fées de l’innovation ne s’arrête pas là. Si le diplôme de l’habileté professionnelle ne vous parle pas, il est fort à parier que celui de MOF –
Février 2016 29
Œ


































































































   27   28   29   30   31