Page 82 - EcoRéseau n°26
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rH & FormAtioN Carrières & Talents - Les « soft skills » des jeunes diplômés Shivas de l’ingénierie ?
«R
Pour répondre aux exigences des entreprises, un mot d’ordre : être « aware », aller au-delà de son cœur de métier. mais jusqu’à quel point ?
echerche ac- tive de mou- tons à cinq
architectes, formés à tout faire, capables de commu- niquer... » Le portrait robot du futur collaborateur scien- tifique est de plus en plus large. Et cela vaut dans tous les secteurs, même éloignés des «high-tech» ! « 94% des entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics sont des PME, voire des très petites entreprises, analyse marie bagieu, de l’école supérieure d’ingé- nieurs des travaux de la construction de Caen (ESitC). Les besoins d’in- génieurs managers sont pré- gnants, pour créer ou re- prendre des activités, ou bien encore capables de né- gocier avec un banquier. »
logies comptaient pour 95% du volume horaire total de la formation, les sciences humaines et sociales n’étant présentes qu’à la marge, analyse François Cansell, président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFi). Mais le métier a évolué, le référentiel de for- mation aussi. » Le Cesi, école tout à la fois généra- liste, mais dotée de cursus axés en informatique, génie civil, etc., annonce 41% de disciplines non scientifiques – ou de «soft kills» pour les amateurs d’anglicismes. Ecole prestigieuse s’il en est, Polytechnique compte un département humanités et sciences sociales riche de plus d’une vingtaine d’en- seignants... En vogue, la responsabilité sociale et en- vironnementale de l’entre-
pattes (H/F) pour placement bergerie en CDI, Business Intelligence, pouvait-on lire sur Linkedin fin octobre dernier. Avec pour exemple : 4 pattes IT et une patte fi- nance. » L’auteur de cette annonce s’appelle Jéremie Freund, chasseur de tête en it (information technology) chez Computer Futures, si- tué à la Défense. « L’ex- pression est récurrente dans les cabinets de recrutement en informatique, explique- t-il. Ce secteur avance vite. De nouveaux métiers appa- raissent : on parle de plus en plus de DevOps, par exemple, depuis une grosse année. Les entreprises scru- tent des profils qui peuvent suivre le marché, être à la fois managers de projets et
LES ÉCOLES
AU DIAPASON
« Jusque dans les années 90, les sciences et techno-
« Maintenant les élèves ingénieurs communiquent et me posent des questions métaphysiques. Ce n’est pas normal ! »
prise est de tous les pro- grammes. techniques et dé- mocratie, droit, initiation à la socio-anthropologie ou bien encore, comme à l’Ecole des ponts, économie sociale et solidaire à l’institut
et technologie. Hybride, ce parcours est une alternative au tronc commun historique de l’école d’ingénieurs pour une nouvelle génération de diplômés. Particularité : les scientifiques n’y sont pas
emboîté le pas : l’adhésion des jeunes est palpable. De 80 à la première rentrée, les candidatures sont en hausse constante depuis. Elles ont bondi à 400 en 2013, pour atteindre 1200 en septembre
40, voire 50 % de disciplines non scientifiques ? Est-ce la bonne voie ?
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DéCEmbrE / JANviEr
catholique des arts et métiers (iCAm)... L’imagination des écoles est débridée du côté des «soft skills». L’uni- versité technologique de Compiègne (UtC) a fait bouger les lignes, en 2011, avec la création de sa filière HUtECH, pour humanités
les bienvenus. Alice Aulanier a été la première littéraire à franchir le seuil de l’école. « Nous sommes un peu des objets de curiosité, explique cette accro à la philosophie. Les étudiants au profil plus classique nous appellent les artistes. » beaucoup lui ont
2016... pour 25 places ou- vertes. « L’idée a été testée auprès de lycéens de notre région, notamment, explique Nicolas Salzmann, respon- sable de la filière. Et nos étudiants sont nombreux à ne pas vouloir renoncer aux humanités. D’ailleurs,

