Page 83 - EcoRéseau n°26
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Carrières & Talents - Les « soft skills » des jeunes diplômés rH & FormAtioN
l’UTC apparaît souvent dans leur choix d’orientation après un Institut d’études politiques (IEP) ou une prépa littéraire. » Au menu : sciences évidemment, mais aussi philosophie précisé- ment, épistémologie et his- toire des sciences, sociolo- gie, industries culturelles... et le tout à hauteur de 30% du volume horaire total, mais d’entrée de jeu. Les deux mondes – enseigne- ment supérieur et écono- mique – seraient donc en parfaite symbiose ? Pas tant que cela, selon Sylvia di Pasquale, rédactrice en chef du site Cadremploi. « Les directeurs des ressources humaines parlent plus vo- lontiers d’évolution com- portementale, quand les écoles raisonnent en termes de discipline. » Pour Xavier bossis, directeur général dé- légué de Proginov, éditeur de logiciels de gestion d’en- treprise, « l’écoute du client, la capacité à communiquer, à être un collaborateur de terrain priment sur le di- plôme et le contenu tech- nique ».
réflexion est partagée par les 13 écoles de l’Institut Mines-télécom. Ce qui est important d’apprendre en 2015 ? Travailler en inter- disciplinarité scientifique. On pourrait même parler de sixième patte ! »
TOUJOURS PLUS ?
Les écoles entrent en résis- tance, en quelque sorte. Elles ne sont pas prêtes à répondre à toutes les attentes des en- treprises. Et d’ailleurs la Commission du titre d’in- génieur (Cti) donne le «la»enlamatièreetfixe le cadre. « Les demandes partent dans tous les sens, et sont parfois contradic- toires, pointe Arnaud Poitou, directeur de Centrale Nantes. S’il est bon de travailler la polyvalence, des invariants sont incontournables pour construire le socle de l’in- génieur de demain. La for- mation doit aller au bout dans un certain nombre de disciplines. » Son confrère et Jean-Louis Allard de dé- noncer « des entreprises trop pressées, qui ne laissent pas aux diplômés apprendre leur métier sur le terrain d’ingénieur opérationnel ». résultat : l’idée de passer à un cursus non pas en cinq mais en six ans après le bac fait son chemin dans la com- munauté scientifique... En attendant les doubles di-
Jusqu’où aller ? La question taraude nombre de direc- teurs d’écoles ou des études. François Cansell en tête. « 40%, voire 50% de disci- plines non scientifiques ? Est-ce la bonne voie ?, s’in- terroge le patron de la CDEFi. La discussion est entamée. » Et parfois ani- mée. « On ne pourra pas aller en deça pour le cœur de compétences, s’agace marie-reine boudarel, di- rectrice des études des mines de Nancy. Nous sommes en tension. Cette
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plômes, au programm. chargé, associant écoles d’in- génieurs et business schools, ontlacote.ilyamêmede la surenchère en la matière, avec l’alliance formée par Centrale Nantes, Audencia et l’Ensa (Ecole nationale supérieure d’architecture) pour des profils en 3 D.
Murielle Wolski
DéCEmbrE / JANviEr
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