Page 28 - EcoRéseau n°26
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n°26
PANorAmA COP21 - Ces start-up qui rebattent les cartes
Autant de raisons d’espérer
Ce ne sont pas forcément les pures innovations de rupture qui changeront la donne, mais des améliorations et meilleures utilisations, notamment dans l’énergie, les produits de fabrication, l’alimentation ou le transport. « L’avenir est claire- ment du côté de la voiture qui consomme 1L aux 100km ou du bâtiment à énergie positive », rappelle benoît Lebot, direc- teur exécutif du Partenariat international pour l’efficacité énergétique (iPEEC). Les start-up s’y emploient de mieux en mieux, de quoi aborder avec plus de sérénité l’avenir et nos rejets de Co2...
Par Jacques Donnay et Yann Petiteaux
ALEDIA MET AU POINT LA LED DE DEMAIN
GLOWEE ÉCLAIRE LA VILLE AVEC DES BACTÉRIES
Chez Aledia, 45 salariés travaillent à la mise au point de la LED de demain : moins coûteuse et plus performante. Pour financer son activité de r&D, la start-up grenobloise a finalisé cet été un tour de table de 28,4 millions d’euros
Eclairer sans consommer la moindre électricité grâce à des organismes vivants. C’est la brillante idée de la start-up parisienne Glowee, qui a mis au point un système utilisant la bioluminescence générée naturellement par certaines bactéries issues des calamars. Financée notamment par le crowdfunding et des investisseurs privés, l’entreprise espère produire d’ici 2017 un dispositif adapté à l’éclairage urbain. Le concept de Glowee est en effet adapté à la
Economies d’énergies
avec ses soutiens historiques (Sofinnova partners, braemar energy ventures, Demeter partners et CEAi/Ati) et de nouveaux investisseurs (valeo, ikea greentech Ab et le fonds écotechnologies de bpifrance).
Fondée en 2012 et pionnière dans le développement de LED 3D nouvelle génération, Aledia vise la commercialisation de son innovation dans le courant de l’année 2017... et un jackpot de 100 millions d’euros de CA à moyen terme. L’enveloppe annuelle consacrée au développement de cette technologie de rupture se chiffre à 10 millions d’euros. L’enjeu est donc d’opérer le plus rapidement possible la mise sur le marché. « On sous-estime souvent les fonds nécessaires à la mise au point ce type de technologie », note Giorgio Anania, P-Dg et co-fondateur de la start-up.
mise en lumière de vitrines de boutiques et même de certaines rues, remplaçant ainsi en partie l’éclairage électrique classique. L’idée pourrait également servir pour de la signalé-
La LED 3D nouvelle génération pourrait trouver ses premiers débouchés auprès de grands comptes, à commencer par les nouveaux actionnaires de l’entreprise : ikea et valeo qui comptent parmi les plus grands vendeurs de LED au monde dans leurs domaines respectifs (ameublement, équipement automobile). Deux ou trois clients de ce type permettraient à l’entreprise grenobloise d’atteindre rapidement ses objectifs.
tique, dans l’événementiel, dans les transports, les espaces publics, l’affichage publicitaire... La lumière ainsi générée a pour propriété d’être douce et de ne produire qu’une faible pollution lumineuse. La start-up s’apprête à commercialiser son premier produit et travaille à l’allongement de la durée de vie de ses éclairages qui est actuellement de quelques jours. « L’objectif est de proposer des produits qui durent le plus longtemps possible afin d’avoir un réel impact environnemental », souligne Geoffroy de bérail, l’un des associés de Glowee. L’entreprise, qui emploie huit salariés à temps plein, vise un CA de 10 millions d’euros d’ici trois ans.
En termes de performance, la solution de «smart lighting» conçue par Aledia est très nettement supérieure aux LED actuelles. Elle permet notamment de diviser par quatre le coût de fabrication des LED. « En matière de performance, les LED conventionnelles sont en train de plafonner. Le niveau est tel qu’aujourd’hui, la marge d’amélioration possible d’ici trois ou quatre ans est faible, anticipe Giorgio Anania. La seule raison de vouloir entrer sur le marché actuellement est de disposer d’une technologie différente. »
DUALSUN MAXIMISE L’ÉNERGIE SOLAIRE
EEL ENERGY DANSE AVEC LES COURANTS
L’idée était simple, sa mise en œuvre plus difficile. Jérôme mouterde et Laetitia brottier, diplômés de l’Ecole Centrale Paris, ont réussi à passer du laboratoire à l’industrialisation. « Depuis 18 mois, nous commercialisons un panneau solaire hybride qui produit de l’électricité photovoltaïque et de l’eau chaude solaire », explique Jérôme mouterde, CEo de DualSun,
Née en 2011 des travaux de Jean-baptiste Drevet sur le transfert d’énergie par couplage fluide/structure, la société EEL Energy a mis au point une hydrolienne à membrane ondulante. Sous l’effet du courant, cette membrane, appelée eel pour anguille en anglais, ondule et produit de l’énergie.
implantée à marseille, Paris et Lausanne.
Après avoir investi trois millions
testé en juillet dernier dans les bassins de l’ifremer de boulogne-sur-mer, le prototype, protégé par cinq brevets, a tenu toutes ses promesses. « L’hydrolienne Eel est devenue la première machine à produire autant de watts dans ce bassin d’essai », souligne Franck Sylvain, directeur financier et actionnaire d’EEL Energy. Ce modèle petit format pourrait être lancé en production et commercialisé en Afrique, dans les villages sans électricité et traversés par une rivière.
mais la start-up voit bien plus grand et cherche à lever 10 m€ pour développer une machine de 15m*15m. « Nous devrions être opérationnels au dernier trimestre 2017 avec un test prévu en Ecosse », fait savoir Franck Sylvain. Si EEL Energy est associée à Hutchinson pour la fabrication de la membrane, l’assemblage sera réalisé dans les ateliers de boulogne-sur-mer. D’une équipe de cinq personnes, la société pourrait ra- pidement passer à une cinquantaine de collaborateurs.
Le modèle économique d’EEL Energy repose sur l’association avec des énergéticiens. « Nous ne souhaitons pas vendre nos machines, à l’exception des petits modèles pour des marchés spécifiques. Nous voulons co-exploiter des fermes sous-marines en installant des dizaines de machines », projette Franck Sylvain.
Pour recueillir des fonds, l’entreprise a signé un partenariat avec le fournisseur d’électricité lillois Planète oui : l’opérateur reverse à EEL Energy entre 20 et 50€ pour chaque nouveau contrat souscrit.
d’euros dans un programme de développement et travaillé en partenariat avec un laboratoire du CNrS, la start-up est parvenue à fusionner deux technologies dans un même produit. « La partie thermique du panneau est fabriqué à Chalon-sur- Saône et la partie photovoltaïque à Rouen, où l’ensemble du panneau est assemblé. Nous proposons donc un produit 100% français », détaille le dirigeant. En 2014, DualSun a vendu environ 1000 panneaux ; cette année, le double devrait être atteint. « Nos clients sont les installateurs qui s’adressent ensuite aux clients finaux, particuliers et entreprises », précise Jérôme mouterde.
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DéCEmbrE / JANviEr
L’entreprise, qui emploie dix personnes en r&D et marketing, veut aujourd’hui se développer à l’export pour franchir un cap. « Nous sondons plusieurs pays du pourtour méditerranéen », confie le président.

