Page 28 - EcoRéseau n°25
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n°25
CLUB ENTREPRENDRE Interview croisée - Deux cultures du numérique
Empreintes digitales
Dans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse à deux dirigeants/entrepreneurs qui ont un point commun ou une différence fondamentale, afin de connaître leur opinion sur la stratégie, l'innovation, la communication et de montrer
qu'il existe plusieurs manières de manager
Catherine Barba est devenue la voix que les managers des grandes entreprises écoutent en matière de e-commerce. Alexandre Malsch a lancé Melty, un média en ligne pour les 18-30 ans, qui cartonne. Interview de deux pointures dans le monde des 0 et des 1, qui ont chacun leur vision.
Quelles sont vos priori-
de l’audience du groupe se fait d’ailleurs à l’inter- national. Nos priorités ? Le développement vidéo. D’ici 2018, 50% de notre éditorial sera conçu sous forme de contenus vidéo.
Que reste-t-il, chez vous, de l’esprit start- up des débuts ?
CB : L’enthousiasme !
jamais imaginé devenir un média international em- ployant de nombreux sa- lariés. Cela amène d’autres questions. Au démarrage, je ne me projetais pas comme un entrepreneur. L’entreprise, c’était l’outil et ça l’est resté. Un outil qui doit être au service des idées. Parce que l’es- prit de la start-up, c’est
tés de développement ?
Catherine Barba : Je me suis installée depuis début septembre à New York, aux États-Unis, où je viens d’ouvrir la branche amé- ricaine de CB Group. Pour moi, c’était un choix lo- gique, un palier pour ob- server le e-commerce et voir comment les grandes enseignes se réinventent.
Être chez soi, avancer, d’abord de l’humain, une
Même avec 20 ans d’expérience, nous sommes toujours des apprenants
Car si la France a les meil- leurs ingénieurs du monde, ici perdure une toute autre façon d’envisager la vie d’entrepreneur. Un pays où la technologie et l’in- novation sont plus facile- ment transposables, où les gens sont plus naturelle- ment entrepreneurs. Je suis allée y chercher du souffle et mieux comprendre un marché plus mature. Alexandre Malsch : Après SnapTrip, la première “real time social serie” entière- ment conçue sur l’appli- cation Snapchat, Melty in- nove encore. Nous venons de lancer un nouveau for- mat, une selfie race, sorte de Pékin Express du selfie. L’entreprise a sept ans et ses chiffres la positionnent comme leader des 18-30 ans et media référent de la youth culture. Nous venons de franchir le seuil des 30 millions de visites men- suelles, soit un bond de 18% par rapport à septem- bre 2014... et nous aimons, nous aussi, l’international (sourire) puisque nous sommes présents dans 32 pays, en dix langues. 50%
28 NoVEMBRE 2015
du numérique
prendre les décisions, être libre, avec l’envie de bous- culer l’ordre établi... C’est ce qui continue à me faire plaisir. Je nourris le senti- ment essentiel d'être à ma place, en vivant et en pre- nant les décisions avec ce brin de folie, sans se poser trop de questions pour ne pas se mettre de bar- rières. Un peu comme quand on veut un enfant. Face à un marché qui va de toute façon plus vite que nous, il y a forcément de nouvelles zones à ex- plorer. Même avec 20 ans d’expérience, nous sommes toujours des ap- prenants du numérique. L’esprit d’entreprendre, lui, est le même. La diffé- rence se situe sans doute dans une vision plus in- ternationale. Aujourd’hui, je me sens prête, capable de davantage de mobilité. Capable, aussi, de me dire que certains projets ne sont pas notre histoire, et que ce n’est pas grave.
capacité à imaginer, une ambiance, une aptitude à aller vite. Alors nous fuyons le rythme pantou- flard, nous sommes sur la brèche, comme une néces- sité. Comment ? En faisant attention aux petits détails du quotidien, en nous in- terrogeant pour savoir si nous n’oublions pas cet esprit justement avec,
Catherine Barba
Diplômée de l’ESCP Europe en 1996, elle fonde OMD Interactive (groupe Omnicom) puis devient DG de iFrance auprès de Marc Simoncini de 1999 à 2003 avant de créer le portail de shopping Cashstore, qui sera revendu en 2010. Elle crée ensuite Malinéa, cabinet conseil en e-business en 2005, qu’elle revendra en 2011 aux fondateurs de ventreprivée.com. L’entrepre- neure fonde alors Digital Commerce Factory, revendu un an plus tard, puis CB Group, cabi- net de conseil en développement digital en 2012. Également à la tête de Lab e-commerce – un laboratoire de veille active pour tester les start-up et solutions e-commerce innovantes – depuis 2010, elle est notamment l’auteure de l’étude "Le Magasin n’est pas mort" (2013).
©DR
sume à travers les émis- sions TV que je fais sur M6, ou BFM TV New York, en me rendant dans les écoles pour partager mon expérience, et en in- vestissant directement en tant que business angel. AM : Vis-à-vis de mes équipes, oui. Mais là aussi,
AM : J’ai envie de vous répondre que rien n’a changé. Nous n’avions, avec l’autre co-fondateur,
comme réponse, des prises de décision rapides et ra- dicales. C’est comme cela que s’est fait le lancement de notre SnapTrip cette année. Destiné à devenir un programme phare, il s’est décidé en deux se- maines. Chez nous aussi, nous pouvons faire trois ou quatre réunions sur un
sujet, mais pas trop sou- vent (rires). Il est dans no- tre rôle de créer l’adhésion, celle de gens passionnés, prêts à mettre leurs com- pétences au service d’un projet.
Vous êtes des réfé- rences, très écoutées.
Avez-vous le sentiment de porter une responsa- bilité ? CB:Laseulequejeme reconnaisse est celle d’en- courager l’entrepreneuriat, en particulier féminin. Il n’y a aucune raison qu’il n’y ait pas plus de femmes chefs d’entreprise. Je l’as-

