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RH & FORMATiON Carrières & Talents - MBA sectoriels
Vivier de passionnés
L Cescursusàlafrançaisepermettentauxrecrutésd’êtreimmédiatementopérationnels.D’oùleursuccès.
a mondialisation et l’esprit même d’une for- conversion », indique Rémy chaînes de restauration col- l’essor de l’économie mation traditionnellement Challe. A la clé, un emploi lective (Sodexo, Elior,...) ou de marché en Europe généraliste et ouverte ? « Au pour chacun des diplômés, commerciale (Groupe Flo,
de l’Est, au Moyen-Orient et départ, les MBA étaient souvent avant même la fin Groupe Bertrand...), des so-
surtout en Asie favorisent le développement de formations comme les MbA. Mais si elles se développent partout dans le monde, les françaises conservent une petite spécifi- cité : les MbA spécialisés ou sectoriels – à l’instar de l’Ae- rospace MbA de Toulouse business School, du MbA en Hospitality Management de l’Essec ou du MbA Finance de l’inseec... – sont assez cou- rants dans l’offre, à côté des MbA généralistes habituels. Ces formations concentrent leur enseignement sur un sec- teur particulier de l’économie, que ce soit le tourisme, la mode, le luxe, le monde hos- pitalier, le sport, la finance ou encore l’œnologie. Mais cette sectorisation des MbA n’est- elle pas en contradiction avec
censés former des managers évolutifs, observe Rémy Challe, directeur des Msc
et MbA à l’inseec de Paris. Aujourd’hui, la donne a changé. Les entreprises re- cherchent des cadres qui maitrisent la problématique du secteur. » Ces MbA ont donc une approche très spé- cialisée d’un secteur. C’est par exemple le cas de l’Ae- rospace MbA de Toulouse business School. « Son pro- gramme est ouvert aux pro- fils qui disposent d’une so- lide expérience profession- nelle préalable (selon les critères MBA a minima cinq ans ou trois ans en fonction du diplôme détenu, mais en réalité en moyenne 13 ans dans le Full Time (12 mois) et 15 ans dans le Part Time
du cursus. Parmi les plus reconnus également, le MbA international Luxury brand Management de l’Es- sec, qui, pour sa part, exige un minimum d’expérience professionnelle à l’entrée. « Nous avons créé ce di- plôme à la demande de groupes comme L’Oréal ou LVMH, qui manquaient de managers connaissant la problématique du luxe », indique Simon Nyeck, di- recteur académique du MbA. Notre objectif n’est pas de former des designers ou des responsables de mar-
ciétés de distribution électro- nique (Expedia, HRS,..), des sociétés de conseil (JLL, De- loitte,...). Le point commun étant des sociétés valorisant le service comme création de valeur. »
« Ma technique est rôdée. Le recruteur m’interroge sur cette feuille, et je peux embrayer sur mon MBA développement durable... »
(24 mois)). Or le principe même des enseignements re- pose non seulement sur les apports académiques et pro- fessionnels des intervenants mais sur les interactions et
keting dans le luxe, mais bien des managers qui sauront évo- luer dans ce secteur. Nous sommes avant tout un MBA, le luxe vient en second. » At- tention cependant, il est souvent difficile d’accéder à un poste prestigieux à court et à moyen terme lorsqu’on sort d’un MbA sectoriel. Très souvent, ces diplômes sont davantage axés vers le middle manage- ment que vers le top manage- ment. Un positionnement as- sumé par les directions des MbA sectoriels. « Les diplô- més du ESSEC IMHI MBA in Hospitality Management ne sont pas préparés uniquement à des postes de direction gé- nérale d’hôtels ou de restau- rants, mais aussi à de nom- breuses fonctions support telles que immobilier hôtelier, finance comptable, e-commerce, ventes & marketing, consulting... », explique Cyril Lanrezac, di- recteur adjoint du iMHi Centre d’Excellence in Hospitality, Food & Travel à l’Essec bu- siness School. S’ils ne débou- chent pas forcément sur des postes de direction générale, comme cela peut être le cas pour les meilleurs MbA gé- néralistes, les MbA sectoriels ouvrent toutefois la voie à une large palette de métiers. Un aspect que détaille Cyril Lan- rezac : « Nos diplômés s’orien- tent aussi bien vers des chaînes hôtelières internationales (Ac- cor, IHG...) que vers des groupes hôteliers indépendants (Paris Inn, Elegancia,...), des
DES PROFILS PASSIONNÉS
Le profil des auditeurs des MbA sectoriels est assez dif- férent de celui des MbA gé- néralistes. D’une façon gé- nérale, ils sont d’abord plus jeunes. « Notre MBA a la particularité d’offrir un pro- gramme en deux ans à des profils «junior» (moyenne d’âge à l’entrée : 23,5 ans) et un programme en un an à des profils plus «senior» (moyenne d’âge à l’entrée : 31 ans). Dans chacun de ces programmes il y a plus ou moins 75% d’étudiants pour- suivant leur carrière hôtelière et 25% de réorientation pro- fessionnelle». » La sectorisa- tion des MbA a donc pour conséquence de rendre les promotions plus cohérentes, mais moins diverses car les participants viennent en ma- jorité d’un même environne- ment professionnel. La diver- sité d’une promotion de MbA sectoriel viendra principale- ment de ces participants qui, souvent par passion, ont choisi de se spécialiser dans un sec- teur particulier. « Ces MBA regroupent beaucoup de gens passionnés, mais qui veulent gagner en pertinence et en compétence à travers une for- mation sectorielle », analyse Simon Nyeck. En clair, ils veulent être reconnus comme passionnés compétents. Ces passionnés n’hésitent pas à
enseignements croisés entre les participants du programme. C’est l’un des éléments clés du « retour sur investissement » dans un MBA : l’investisse- ment personnel des partici- pants et les échanges riches qui s’y déploient », explique Christophe benaroya, son di- recteur. De même, alors que dans un MbA généraliste, les intervenants extérieurs – sou- vent des professionnels – opè- rent dans des secteurs de l’éco- nomie assez divers, ils vien- dront tous du même secteur dans un MbA sectoriel.
LA SPÉCIALISATION POUR SE DISTINGUER Donner un coup d’accélérateur à sa carrière en affûtant ses compétences ou effectuer un virage professionnel à 180 de- grés, voilà ce que promettent les MbA spécialisés. bénéfi- ciant pour les meilleurs d’un rayonnement international, ces cursus proposent une formation généraliste en finance, stratégie ou marketing, à laquelle s’ajou- tent des cours spécifiques en fonction du secteur ciblé. Tout en tenant à l’attractive appel- lation MbA, certains de ces diplômes se positionnent plutôt comme des mastères spécia- lisés, et accueillent la majorité de leurs élèves en poursuite d’études. Ainsi, 90 % des élèves – dont 50 % d’étrangers – sont admis après un bac + 3 ou 4 au sein du MbA Finance de l’inseec. « Nous acceptons aussi des personnes en re-
rtunités de
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OCTObRE 2015
se priver d’oppo. carrière en choisissant d’étu- dier à fond un secteur et de s’y épanouir. Un choix qui pourrait d’avérer gagnant compte tenu du taux d’embauche de ces MbA, proches de 100% au bout d’un an, selon les responsables de ces diplômes.
Pierre-Jean Lepagnot

