Page 36 - EcoRéseau n°23
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n°23
CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Le web pour les entrepreneurs
demi-journée. Peut-être
le prix à payer pour une
stratégie en ligne vérita-
blement constructive.
« Souvent, le dirigeant
évolue à tâtons, prend
les décisions seul, sans
réelle analyse préalable.
Ce n’est pas la meilleure
solution pour vraiment
augmenter son chiffre
d’affaires », poursuit-il.
Les secteurs de l’habil- éclipser les autres pos-
avoir le réflexe d’exter- naliser des activités de gestion, de livraison. On le fait bien avec la comp- tabilité. Pourquoi pas le reste ? Certes, il existe des offres en ligne pour la création de plate- formes, pour l’accompa- gnement dans un projet d’e-commerce. Mais celles-ci ne doivent pas
comme une montagne in- surmontable ne sont pas rares. Nul besoin de pro- visionner des milliers d’euros et de prévoir une gestion du site chrono- phage en interne. « De nombreuses sociétés nous contactent. Elles crai- gnent souvent de devoir débourser 3000 euros, de devoir planifier un mois entier pour le déploie-
Sur 160 000 e-commerçants, on estime à 10 000 le nombre de sites dont l’activité en ligne est réellement efficace
lement, des accessoires, des bijoux, de la mode sont plus enclins à se lan- cer dans le développe- ment d’une offre en ligne. Mais bon nombre de fi- lières baignent dans une culture qui n’a pas véri- tablement intégré le po- tentiel d’Internet. L’âge moyen de création d’en- treprise en France est de 38 ans. Les générations qui n’ont pas grandi avec la Toile sont donc nom- breuses. « C’est là une partie de l’explication », assure le dirigeant. Mais les raisons relèvent aussi d’une approche culturelle de l’entrepreneuriat. « Il existe en France une grande réticence à délé- guer. Le dirigeant, dans les petites structures, s’occupe de tout et veut gérer autant que possible les développements en in- terne. Il faut davantage
sibilités. Dans le domaine juridique par exemple, ce n’est pas parce qu’on trouve des conseils en ligne que plus aucune so- ciété ne fait appel aux cabinets d’avocats », il- lustre Alain Bosetti. Le Salon des micro-entre- prises fait figure de ren- dez-vous précieux pour les petites entreprises en quête de réponses sur ce sujet. Les sociétés peu- vent d’ailleurs s’y rendre avec leur dossier sous le bras. Elles repartiront avec des éléments très concrets et personnalisés apportés par les consul- tants et prestataires, ainsi qu’avec une liste de bonnes adresses.
ment d’une plateforme en ligne. La réalité est très différente. Une PME peut bénéficier d’un site d’e-commerce pour un abonnement à partir de 15 à 20 euros par mois. Nous proposons des of- fres qui incluent égale- ment la gestion d’emails, les sauvegardes, le sup- port », confie Karen Pier- rat, en charge du web- marketing chez LWS (Ligne Web Services), une entreprise spécialiste des solutions web clé en main pour les TPE et PME. « C’est le client qui crée concrètement les pages de son site en s’ap- puyant sur les logiciels et outils numériques que nous mettons à sa dispo- sition. En deux ou trois jours seulement, le site peut être prêt à l’em- ploi. »
Passer le masque de l’entrepreneur branché qui a son site et son app’ n’est pas si compliqué...
DES PRESTATIONS EN TOUTE SIMPLICITÉ
Les entreprises qui voient un projet e-commerce
Ce type de prestataires
«toutenun»s’estgé- néralisé depuis quelques années. « Nos homo- logues américains ont été les pionniers. Il y a dix ans encore, la demande se résumait à un simple hébergement de site. Dés- ormais, les entreprises veulent nous voir propo- ser des solutions de créa-
tion de sites, prêts à l’uti- lisation en un temps re- cord », précise-t-elle. Parmi les clients, on trouve de nombreux ar- tisans, des coiffeurs qui cherchent à vendre leurs produits par d’autres biais, des réparateurs in- formatiques qui propo- sent des formations...
Mais d’autres restent ré- ticents, parfois en raison de simples méconnais- sances. « Les dirigeants sont bien souvent conscients des opportu- nités commerciales, mais ont aussi certaines peurs. On craint quelquefois de devoir faire appel à un webmaster, voire à un dé-
J’aime ma boîte M Génération entrepreneur
par Sophie de Menthon
étro, boulot, dodo, quelques moins étonnant lorsqu’on en connaît privée/vie professionnelle.
vacances et on est reparti les motivations profondes. A l’heure L’efficacité du travail que permet le pour faire le tour du calen- des slashers et des CDD, faire carrière numérique est plutôt au service de leur
Présidente d'ETHIC Présidente de SDME Membre du CESE
nombreux d’entre nous alors même que prolifèrent les outils qui permet- tent le travail à distance et l’optimisa- tion des tâches. Si la flexibilité est aujourd’hui le maître mot de beau- coup, on ne s’attache pas suffisam- ment à analyser ce qu’elle implique vraiment, en particulier pour les jeunes dans l’appréhension du monde du tra- vail.
voient leur vie autrement. Pas de pa- tron, l’indépendance, le sentiment qu’ils ont intérêt à créer leur emploi... Ils ont assez confiance en eux et dans leur culot, diplômés ou pas, à la fois boulimiques et hédonistes, leur objec- tif est simple : travailler mieux pour vivre mieux. L’indépendance et l’épa- nouissement personnel sont les princi- pales motivations des jeunes, créateurs ou “intrapreneurs” qui souhaitent en priorité conserver leur équilibre vie
des objectifs professionnels. L’« ube- risation » devient un mode de vie et un mode de conduite des jeunes : quand je veux, où je veux, moi d’abord. Être son propre patron pour être libre de gérer son temps, briser les codes et les routines pour être efficace. Un nouveau credo d’une nouvelle gé- nération, forcément entrepreneuse d’elle même : “J’aime ma boîte”... Et pour tous, ma boîte, c’est moi !
36 SEPTEMBRE 2015
drier. Le 9h-19h reste le quotidien de ne fait plus sens pour des jeunes qui façon de travailler et pas seulement
Près d’un jeune sur deux veut créer son entreprise. Ce constat semble

