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n°21
CluB EnTREPREnDRE Créer aujourd’hui - Crédit documentaire
Bouclier anti-défaut de paiement
le crédit documentaire, une parade efficace, à condition de connaître les rouages du système...
C ertains chiffres de la Commission eu- ropéenne n’incitent pas vraiment à la prise de risque commerciale. l’ins- titution estime en effet à
SE RASSURER FACE AU RISQUE-PAYS OU RISQUE-ACHETEUR l’intégralité du risque est ainsi assumée par la banque de l’acheteur. la solution
caractéristique importante. le crédit documentaire est notamment recommandé lorsque le risque-pays de l’acheteur est considéré comme élevé ou si le client
les solutions les plus ap- propriées, en fonction de chaque situation, pour ré- duire au maximum le risque. » Certains Etats comme l’Algérie imposent
Monde Express, ainsi que sa newsletter, peuvent être d’autres sources d’informa- tions précieuses dans ce do- maine.
également de mise pour ce qui est de la banque mandatée par l’acheteur. Tous les éta- blissements n’ont pas forcé- ment la solidité que l’on es- père. A titre d’exemple, on estime souvent qu’en Russie, moins de 10% des banques sont à mettre dans la catégorie des organisations sérieuses. une façon de contourner le risque d’être confronté à un acteur non recommandable est de demander à son ban- quier une banque de réfé- rence dans le pays en ques- tion, puis de demander à la société acheteuse un crédit documentaire émis par cet établissement. une deuxième banque peut même jouer les intermédiaires, si on souhaite renforcer le plus possible les garanties. Cette dernière peut servir à notifier le crédit do- cumentaire et à en assurer la validité. le désavantage est que le client ne verra peut- être pas du meilleur œil cette escalade de précautions prises à son encontre.
Une partie à trois de gros sous...
25% le taux de PME ex- portatrices mises en liqui- dation pour un motif de dé- faut de paiement de la part de clients. Heureusement, pour rassurer toutes les en- treprises qui ambitionnent de vendre au-delà des fron- tières hexagonales, le crédit documentaire existe. il s’agit d’une opération par laquelle une banque s’engage à régler le prix des produits à l’ex- portateur pour le compte de l’importateur dès lors que l’exportateur confie au ban- quier un ensemble de do- cuments faisant état des mar- chandises. Dans un deuxième temps, ces docu- ments sont transmis à l’ache- teur qui peut alors récupérer contre son paiement les pro- duits concernés. une ma- nière de sécuriser le règle- ment et de réduire drasti- quement le risque de conclure une affaire cala- miteuse.
42 Juin 2015
paraît très avantageuse, mais elle recèle sa part d’ombre : entre la facture commerciale, les certificats d’origine, les documents de transport, les détails du colisage (nombre d’unités, poids de chaque élément...), les pièces à fournir sont nombreuses, ce qui implique de la com- plexité et des coûts. une
est mal connu par l’expor- tateur. Cette solution est souvent utilisée dans le com- merce avec l’Europe de l’Est ou, plus encore, avec des pays asiatiques ou du Ma- ghreb. Dominique Brunin, délégué général de CCi France international, invite les entreprises à se tourner vers les CCi de proximité,
la souscription de paiements par crédit documentaire en raison du meilleur suivi des transactions que permet ce dispositif. le Maroc, un client de plus en plus im- portant pour les entreprises françaises, s’efforce de four- nir des informations toujours plus concrètes et personna- lisées sur les garanties dis-
LE COÛT CONTRE LES GARANTIES
la sécurité apportée par cette solution a évidemment un coût. il faut compter géné- ralement entre 2 et 3% du montant total de la transac- tion. Et bien entendu, le pour- centage augmente à mesure que le niveau de garanties fournies augmente. Bon nombre de consultants atti- rent l’attention sur deux points : la possibilité de né- gocier le taux qui s’applique, et surtout la rigueur sans faille nécessaire dans la ré- daction des documents ad- ministratifs, sans laquelle le contrat peut vite devenir ca- duc. il est par ailleurs indis- pensable que le vendeur ne perde pas la main. il ne faut surtout pas que les certificats soient émis par l’acheteur. Aucune dépendance directe ne doit exister vis-à-vis du client.
Quelques précautions sont
D’autres solutions, plus adap- tées aux petites entreprises et moins lourdes à mettre en œuvre, sont parfois ample- ment suffisantes, comme la remise documentaire. une banque, mandatée par l’ex- portateur, joue alors un rôle d’intermédiaire en apportant à l’acheteur les documents qui doivent lui permettre de recevoir la marchandise concernée en contrepartie du règlement. la sécurité fournie par ce dispositif est moindre, mais il a l’avantage d’être simple à exécuter et beau- coup moins coûteux que le crédit documentaire. il n’existe dans ce cas aucune vérification de conformité de la part de la banque, ni d’engagement de paiement à l’égard de l’exportateur. il ne s’agit donc pas d’un bou- clier contre le risque de défaut de paiement de la part du client à l’étranger. les ban- quiers estiment généralement que la remise documentaire est adaptée aux cas de figure où l’exportateur et le client
La sécurité apportée par cette solution
a évidemment un coût, 2 et 3 % du montant total de la transaction
simplification tente timide- en France ou à l’étranger, ponibles. « Cette mission ment de poindre au milieu pour obtenir des informa- fait partie de nos rôles fon- des pratiques actuelles, avec tions détaillées à ce sujet : damentaux. Notre cellule par exemple la numérisation « Nous travaillons avec de Information est essentielle des documents à transmettre nombreux experts compta- sur ce plan », confie Faiza et certaines offres incluant bles, des avocats, des fis- Hachkar, responsable du bu- des outils de gestion à dis- calistes qui veillent aux reau France de la Chambre tance des crédits documen- bonnes pratiques mises en française de commerce et taires via le Web, mais la œuvre et sont capables d’industrie au Maroc. le lourdeur est toujours une d’orienter les dirigeants vers site internet de France
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se connaissent bien.
Mathieu Neu


































































































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