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à établir les règles du jeu pour le jour où l’un des associés désirera partir, afin d’éluder des conflits qui peuvent couler la boîte et miner le
Créer aujourd’hui - Trouver l’associé idéal CluB EnTREPREnDRE
experts de la création ac- Dans bien des cas, cela cordent en outre leur vio- signifie que le capital so- lons sur autre un point : cial ne correspond pas à celui de ne pas confier la valeur du capital du du capital à des personnes point de vue économique,
moral des asso-
ciés restants. «
Il faut également
éviter d’avoir
trop d’associés.
Cela marche
parfois mais une
chose est sûre, c’est plus qui ne sont pas impor- même si il sert de réfé-
manifeste, la va- lorisation de l’en- treprise peut être réalisée par un expert. Car ne nous leurrons pas, lorsqu’on se marie avec son
On s'associe alors avec un membre de la famille, un ancien collègue ou un proche pour de mauvaises raisons
.
« L’importance du rôle doit être converti sous peine, à terme, de s’en- gager sur le terrain glis- sant des dissensions et des regrets si l’entreprise prend de la valeur », re- marque Benoît Galy. Et Michel Coster de pour- suivre : « L’erreur à ne pas commettre serait de sous-estimer la valeur du travail qui ne va pas être payée ». Car effective- ment, le juridique ne peut totalement prendre en compte l’apport humain.
difficile à manier »,
constate Benoît Galy.
l’associé concerné in-
dique la valeur du travail
non rémunéré qu’il entend
effectuer. En consé-
quence, il reçoit des parts
sociales proportionnelle-
ment à ce montant. l’as-
socié est alors tenu de
réaliser ce travail et les
parts liées aux apports en
industrie donnent droit à
des dividendes. Mieux mieux entreprendre, Edi- vaut-il donc préparer de tions Leduc, collection façon optimale le divorce. Zen Business
Cas d’école
En rajoutant une clause
de sortie avec valorisation par le tribunal de Com- merce si les choses tour- nent au vinaigre. D’autant qu’en cas de désaccord
difficile à gérer », met en garde Julien Morel. Plus dur effectivement d’être quatre que deux notamment en matière de complémentarité de com- pétences et de répartition des rôles. Souvent, les deux associés les plus compétents vont mettre un associé un peu moins fort sur le carreau. « Avant de faire le pacte d’asso- ciés, c’est bien d’avoir expérimenté ce qu’était la vie en commun pendant quelques mois. A l’image d’un couple, on peut avoir le coup de foudre mais une fois que l’on a em- ménagé ensemble, c’est souvent la désillusion », illustre Benoît Galy. les
tantes en termes de com- rence d’un point de vue pétences et d’engage- juridique. « Il existe cer- ments pour la vie de l’en- tains clous juridiques treprise. D’où une néces- pour valoriser le travail : saire qualité du modèle les apports en industrie. de partage du capital. Mais c’est une notion très
associé devant l’autel de l’entrepreneuriat, ce n’est que pour le meilleur, pas pour le pire et encore
moins pour la vie...
Geoffroy Framery
(1) Président du Centre des jeunes dirigeants de la Défense de 2010 à 2012, Benoît Galy a en- quêté avec plusieurs mem- bres de ce mouvement d’entrepreneurs sur les questions d’association qui ont accouché du li- vre Bien s’associer pour
Norman Kolton, du divorce à la nouvelle association
Norman Kolton a de la suite dans les idées. Après un parcours qui le fit voyager aux quatre coins du globe pour développer des concepts de restauration, ce jeune start-upper de moins de 30 ans a décidé de lancer sa propre chaîne de restauration : STREET Bangkok Local Food. Le concept ? Faire de la cuisine thaï ultra qualitative, mais dans le créneau de la res- tauration rapide. Si le premier établissement devrait ouvrir ses portes cet été non loin des rives du canal Saint-Martin à Paris, force est d’admettre que le parcours de ce jeune entrepreneur ne fut pas une partie de plaisir. En particulier en matière d’association. Témoignage : « J’ai réalisé à mes dépens qu’on ne s’associait pas pour des raisons amicales, mais pour des compétences qui apportent une vraie plus-value au projet. Je pense qu’il faut vraiment se poser la question quand on décide de se lancer avec des amis, faire preuve d’une totale transparence et expliciter les compétences dans le pacte d’actionnaires. A l’origine du projet, j’avais décidé de m’associer avec un ami rencontré lors de mes stages passés en Chine. Cet ami m’a aidé à me lancer dans l’entrepreneuriat à un moment où je me demandais si j’étais fait pour ça. Mais j’y ai vite pris goût. Cela dit, nous sommes aussi rapidement arrivés au constat que cela ne « mat- chait » pas. Nous ne partagions pas la même vision. Nous n’étions pas dotés de la même capacité de pro- jection dans l’avenir. Les statuts n’étaient pas encore
signés. J’ai vécu cette séparation comme un regain d’énergie. Mais cela m’a surtout permis de réaliser ce dont je ne voulais plus en termes d’association. Nous n’étions pas si complémentaires que cela. Je recherchais quelqu’un doté de fortes compétences culinaires, ca- pable de composer avec un staff de cuisine et d’être force de proposition dans les plats que je souhaitais proposer. Mon premier partenaire était opérationnel mais dans des champs extérieurs aux métiers de bouche. Il devait se former. Ma nouvelle associée pos- sède un profil qui « matche » parfaitement avec mes attentes (ancienne chef du Mandarin Oriental à Bangkok et à Londres). Je l’ai rencontrée par l’inter- médiaire de son mari qui était un ancien de l’ESSEC, école où mon projet est actuellement incubé et dont je suis diplômé (MBA in Hospitality Management). Avant d’acter cette nouvelle association, j’avais vu trois personnes. L’ensemble des profils correspondait mais cela a particulièrement fonctionné avec mon as- sociée au niveau du tempérament et de la vision du projet. Au final, je pense qu’une bonne rupture ne peut que faire du bien : c’est un moment où l’on voit si l’on a les reins solides et cela permet d’affiner le business model. Aujourd’hui, toutes les aides possibles nous ont été offertes. Nous avons réussi à lever 600000 euros via un fonds d’amorçage. Il nous tarde désormais d’inaugurer le premier restaurant dont nous serons les deux actionnaires opérationnels. »
Juin 2015 41


































































































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